Attac32

Retraites : la lutte continue !

vendredi 20 janvier 2012 par attac32

Ci-dessous le projet alternatif de retraites élaboré par le Collectif Citoyen Gersois "Faire entendre les exigences citoyennes sur les retraites. N’hésitez pas à nous faire part de votre avis. Nous répondrons à vos questions, critiques ou commentaires sur ce même site.

COLLECTIF CITOYEN GERSOIS

FAIRE ENTENDRE LES EXIGENCES CITOYENNES SUR LES RETRAITES
(Composé de AC, AICRA, APF, ATTAC, les Alternatifs, CGT, Confédération paysanne, Europe Ecologie-Les Verts, Institut d’Histoire Sociale CGT, JRG, MODEF, MRC, NPA, PCF, PG, PRG, SUD Solidaires, UDIRS et de citoyens décidés à combattre le projet injuste et inefficace du gouvernement. Le collectif soutient l’Appel ATTAC/Fondation Copernic du 7 avril 2010.)

Retraites : la lutte continue !

En 2010 des millions de français se sont opposés au projet gouvernemental de retraites. Ils l’ont manifesté à de nombreuses reprises dans les rues des grandes villes de France. Notre collectif a informé les citoyens, sur les marchés, dans des réunions publiques, a participé aux manifestations syndicales et organisé les siennes propres. 70% des français consultés par sondage refusaient cette réforme. Malgré tout cela le Parlement a adopté la réforme violant l’article 6 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : « La loi est l’expression de la volonté générale ». Nous le disons tout net : un tel Parlement est illégitime. Il aurait du être dissout. Mais la Constitution de la 5e République ne contient pas de disposition qui permettrait au peuple d’avoir ce droit en dernier ressort.
Après le vote du Parlement notre collectif a décidé de poursuivre son activité. Il a estimé qu’il serait inconcevable que des millions de citoyens aient manifesté en vain leur refus de cette réforme et leur volonté d’un système de retraites socialement juste. Les propositions faites pendant la lutte par les organisations qui composent notre collectif sont très proches les unes des autres, souvent même identiques. C’est à partir de ces propositions que nous avons élaboré le projet que nous vous soumettons aujourd’hui. Il reste fidèle à ce que nous avons toujours défendu. Au sein du collectif, sur beaucoup de points essentiels nous sommes tous d’accord. Sur quelques points des positions différentes se sont exprimées. Ce projet ne constitue pas un projet commun des organisations du collectif. En particulier chaque parti politique ne manquera pas de présenter le sien propre. Il s’agit d’une base minimale que tous ceux qui ont combattu la réforme de 2010 sont en droit d’exiger de leurs futurs représentants. Nous continuerons de la porter dans les mobilisations sociales.

Les retraités : un rôle social essentiel

Avant de parler des retraites il est bon de parler des retraités et de rétablir la vérité à propos de certaines idées reçues. Certains politiques ne voient dans les retraités que des bouches inutiles à nourrir et veulent les faire travailler plus longtemps. Ils propagent dans les jeunes générations l’idée qu’il est inutile de cotiser pour les retraités puisqu’eux-mêmes n’auront pas de retraites. Certains économistes les yeux rivés sur le PIB, ne voient en eux que des consommateurs.
La réalité est tout autre. C’est à bon droit que les retraités d’aujourd’hui perçoivent une retraite : ils ont cotisé hier pour faire la retraite de la génération précédente. Cette solidarité intergénérationnelle n’a aucune raison de cesser. Il n’y a aucune raison que les salariés d’aujourd’hui ne puissent pas compter collectivement demain sur la solidarité de leurs enfants. Il n’y a aucune raison que la France d’aujourd’hui et de demain ne puisse pas continuer ce qui a été possible en 1945 dans un pays ruiné au sortir d’une guerre dévastatrice.
Quant à la fable des retraités « inactifs » il suffit de regarder du côté de l’économie non marchande, celle qui ne rentre pas dans le PIB, pour voir à quel point les retraités jouent un rôle essentiel dans la société.
Ils rendent gratuitement de nombreux services non seulement à leur famille, leurs amis, leurs voisins, mais aussi à la collectivité :
• Les associations caritatives, (Restaurants du cœur, Secours populaire, Secours catholique etc…) qui pallient les carences de l’Etat en matière de solidarité ne fonctionneraient qu’avec d’immenses difficultés sans l’apport des retraités.
• Les associations culturelles, qui s’efforcent de mettre la culture à la portée de tous éprouveraient d’énormes difficultés si elles ne pouvaient pas compter sur le dévouement des retraités.
• Il en va de même de la plupart des associations à but non lucratif sportives et autres y compris de certaines coopératives, animés par des bénévoles, dont l’activité sert à financer certains types d’entreprises et créer des emplois utiles.

La démocratie communale leur doit aussi une fière chandelle : des milliers de nos 36 000 communes seraient décapitées, en particuliers en milieu rural, si les retraités démissionnaient de leur poste de maires ou d’adjoints.

Les retraités sont créateurs de ce qui manque le plus à notre société : le lien social. Leurs actions bénévoles et gratuites ne sont pas prises en compte dans une société où tout s’achète et tout se vend.

Enfin les retraités sont présentés parfois comme des privilégiés(1). Leurs revenus seraient supérieurs (légèrement) à celui des actifs . Par quel miracle les retraites, au mieux 75% du revenu d’activité, auraient-elles pris de l’avance sur les salaires ? En réalité ce sont les salaires qui ont pris du retard : le chômage et la précarité ont permis une déqualification et une pression massives sur les salaires sans précédent durant ces trente dernières années.
Les retraités préfigurent ce que pourrait être la société de demain : un monde de liberté, débarrassé des rapports marchands, un monde fraternel fait de convivialité et de solidarité. C’est cela qui est insupportable à ceux qui sont incapable de concevoir une société où, selon la formule bien connue, l’homme ne serait plus un loup pour l’homme.

Nos propositions

Age de départ.
L’âge donnant droit à la retraite, sur décision du salarié, doit revenir à 60 ans pour tous, sans faux semblant. A cette fin la condition d’annuités est remplacée par la condition d’une carrière complète (études supérieures, activité professionnelle, inactivité forcée (chômage, maladie), formation, congés parentaux et autres congés). Néanmoins cet âge peut être avancé au moment où le salarié a réalisé 37,5 annuités de travail.
Il est ramené à 55 ans pour les travaux pénibles. La notion de pénibilité et les travaux concernés doivent être définis dans des négociations de branches professionnelles. En cas d’impossibilité d’accord l’Etat tranchera les différends.
L’âge butoir, donnant doit à l’employeur de mettre son salarié à la retraite d’office est fixé à 65 ans.
Montant.
Son montant est égal à 75% du salaire de référence et ne peut, en aucun cas être inférieure au SMIC.
Les salariés du public et du privé devraient être traités sur un pied d’égalité tout en allant vers une amélioration des retraites. Le salaire de référence doit comprendre tous les éléments de la rémunération. Nous mettons en débat la proposition d’un salaire de référence calculé sur la moyenne des dix meilleures années pour tous, primes comprises.
La retraite est indexée sur les salaires et non sur les prix ou sur la croissance du PIB.

Gestion du système.
La gestion du système de retraites doit être confiée aux seuls travailleurs.

Financement.Toutes les exonérations de cotisations sociales (indument appelées « charges ») accordées aux entreprises sont supprimées. (25 à 30 milliards d’économie)
Pour la majorité du collectif le financement doit être assuré exclusivement par les cotisations sociales, salariales et « patronales ». Pour les salariés elles doivent porter sur l’ensemble des rémunérations (salaire, intéressement, participation, « stock-options » etc.. (8 à 13 milliards de ressources supplémentaires). Pour les entreprises elles doivent porter sur la Valeur Ajoutée de façon à favoriser l’emploi : les entreprises à forte productivité cotiseront davantage, les entreprises de main d’œuvre cotiseront moins.
Une composante du collectif estime qu’il faut aussi envisager un financement partiel par l’impôt, sans que cela donne à l’Etat un droit de regard sur la gestion du système.

Faisabilité économique du projet.
Avant la dernière réforme le COR (2) estimait, dans son scénario le plus pessimiste que, sans cette réforme il faudrait consacrer en 2050 trois points de plus du PIB (3) au financement des retraites (4). De 1982 à 2007 le partage des richesses créées a évolué au profit des actionnaires et au détriment des salariés : 8,6 points de PIB de moins pour les salaires, 4,4 points de plus pour les dividendes (5). Il était donc tout à fait possible de financer les retraites sans porter atteinte aux capacités d’investissement des entreprises, en prenant sur la part de ceux qui gagnent de l’argent en dormant, les actionnaires. Depuis 2007 ces inégalités n’ont cessé de se creuser : la France est le pays d’Europe qui compte le plus de millionnaires en dollars : 2,6 millions, 400 000 de plus qu’en 2010 (6) , alors que le nombre de pauvres augmente régulièrement (7) .
La crise de la dette n’a pas changé radicalement cette situation. C’est volontairement, en votant depuis des décennies des budgets en déséquilibre pour faire des cadeaux fiscaux aux riches (8) que l’Etat s’est endetté. C’est volontairement que les Etats de l’Union Européenne se sont obligés d’emprunter aux banques par les traités de Maastricht et Lisbonne (9). Ils ont ainsi donné aux banques une rente de situation à leur détriment : la France emprunte auprès d’elles à 3 ou 4%, celles-ci empruntent à 1% auprès de la Banque Centrale Européenne. L’argent facilement gagné a alimenté la spéculation à l’origine de la crise financière de 2007/2008 qui a failli mettre à bas toute l’économie occidentale. L’Etat, qui ne voulait pas un centime de plus pour financer les retraites a soudainement trouvé des centaines de milliards pour sauver les banques ! Cette dette publique est, pour l’essentiel, illégitime, il faut décider un moratoire et un audit pour déterminer la part, vraisemblablement minime, qu’il convient de rembourser.

Consultation.Dans une démocratie véritable c’est toujours aux citoyens que doit revenir le dernier mot. Notre projet ne sera citoyens que si les citoyens s’en emparent, en débattent et décident de ce qui leur convient. C’est à cet exercice démocratique que nous vous invitons au cours des réunions-débats que nous organiserons
Vous pourrez également nous faire part de votre avis sur les sites suivants :
• Agora 32 : http://agora32.fr/
● ATTAC : http://local.attac.org/attac32
• NPA : www.npa32.org/
● Parti de Gauche : www.pg32.fr
● Europe Ecologie Les Verts : : http://www.eelv32.org/
● Les Alternatifs : http://alternatifs32.free.fr/

Ou les écrire aux adresses suivantes :

• Collectif Citoyen Gersois : ccgretraites@yahoo.fr
• SUD Solidaires solidaires32@orange.fr

Notes

(1) C’est notamment le fait de « Terra Nova », officine proche du Parti Socialiste qui, lors de la bataille des retraites, sous prétexte que les revenus des retraités étaient légèrement supérieurs à ceux des actifs proposait que les retraités contribuent à financer les retraites !

(2) COR : Le Conseil d’Orientation des Retraites a été créé en 2000 pour étudier la question des retraites. Il est composé de 39 membres, experts, représentants de l’Etat. parlementaires, syndicalistes, MEDEF, représentants des travailleurs indépendants, des familles et des personnes âgées. Il remet au gouvernement un rapport annuel sur l’état du système de retraites

(3) C’est-à-dire 3% de plus des richesses créées.

(4) La fourchette était de 71 à 114 milliards d’euros en 2050.

(5) Michel Husson : »La véritable histoire de la part salariale » Juillet 2008.

(6) Etude du Crédit Suisse, 17 octobre 2011.

(7) Suivant l’Observatoire des inégalités, depuis 2002 le nombre de pauvres (moins de 795 €/mois) a augmenté de 20%.

(8) Les « niches fiscales » profitant essentiellement aux riches coutent 75 milliards d’euros à l’Etat.

(9) Sous sa forme de « Constitution Européenne » ce traité avait été rejeté par 55% des français consultés par référendum en 2005.


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