Le Ptitgrain n° 441 12 décembre 2017


Le Ptitgrain n° 441
12 décembre 2017
Courriel : bordeaux@attac.org
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Local situé : 8 rue de la Course - Bordeaux - 33000
(Tram C, arrêt : Place Doumer) Tel : 05 56 44 08 05


RENDEZ-VOUS



- samedi 16 décembre 2017 à 15h
Lieu : Bordeaux

Place de La Victoire
Rassemblement - Solidarité avec la résistance du peuple palestinien

Rassemblement en solidarité avec la résistance du peuple palestinien appelé par Palestine 33 et l’Union Juive Française pour la Paix UJFP

TRUMP ET NETANYAHOU FAUTEURS DE GUERRE
LA RUE BRANDIT L’ETENDARD DE LA PAIX

Le président TRUMP vient de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et de décider d’y transférer son ambassade. De fait il entérine l’annexion de Jérusalem et son « unification » par l’état d’Israël. seuls Netanyahou et son gouvernement l’approuvent chaleureusement.

Il y a 70 ans, dans le cadre de sa politique du fait accompli, Israël s’est emparé de la partie Ouest de la ville, et il y a 50 ans, il occupait Jérusalem-Est pour l’annexer et ensuite « l’unifier » pour la décréter sa « capitale éternelle, une et indivisible »., au mépris des résolutions de l’ONU et en violation du droit international qui jugent cette annexion illégale.

Les accords internationaux définissent Jérusalem-Est comme la partie palestinienne de Jérusalem destinée à devenir la capitale du futur État de Palestine. Mais l’État d’Israël n’a jamais respecté, grâce à la complicité des USA et de l’Europe, aucune résolution de l’ONU et plus particulièrement celles concernant Jérusalem.

Trump, avec cette décision unilatérale, veut imposer aux Palestiniens un « plan de paix » réservant quelques enclaves isolées les unes des autres et écrasant leurs droits, en particulier le droit au retour des réfugiés.

Il faut arrêter Trump et Netanyahou.

Pour cela, il ne faudra pas compter sur l’action spontanée du président français ou de l’Union Européenne, qui en dehors de déclarations lénifiantes demeurent alignés "amis" des pouvoirs israéliens successifs et tolérants devant leur politique d’annexion. Israël qui bafoue quotidiennement le droit international et les droits humains, qui emprisonne, sans charges et sans preuves, des centaines de Palestiniens, dont le franco-palestinien Salah Hamouri.

Le gouvernement français lui même, en sbire guerrier, criminalise la campagne BDS et garde enfermé le prisonnier et militant de la cause palestinienne Georges Abdallah, alors qu’il est libérable depuis 1999.

Il est temps de voir les forces de paix dans le monde faire concrètement pression sur Israël en soutenant la lutte des Palestiniens pour leurs droits et leur dignité.

Suspension immédiate de l’accord d’association de l’Union Européenne avec Israël, arrêt de toute coopération notamment militaire"
"Libération immédiate de Salah Hamouri et de tous les prisonniers politiques palestiniens

Il faut mettre fin au régime d’occupation, au colonialisme de peuplement à l’expulsion et à l’apartheid israélien grâce à la résistance populaire et au mouvement international de Boycott - Désinvestissement -Sanctions.

Nous appelons au rassemblement
SAMEDI 16 DÉCEMBRE à 15h
Place de la Victoire à Bordeaux.
Solidarité avec la résistance du peuple palestinien


LE MOT DE LA SEMAINE

Notre époque célèbre ses grands hommes

Nous vivons une époque tourmentée, marquée par une montée des périls de toute nature.

Certaines régions du globe méritent une attention particulière car, particulièrement instables, ce sont des sources potentielles de désordres et de malheurs pour la planète toute entière.

Le Proche-Orient, foyer de nombreux intégrismes, habitée par des populations aux visées nationalistes antagonistes, déchiré depuis 1948 par le conflit israélo-palestinien est une zone particulièrement sensible. C’est un challenge diplomatique permanent pour les dirigeants de pays influents dans cette partie du monde, membres du Conseil de sécurité, comme les USA ou la France ; des chefs d’états responsables devraient trouver là matière à déployer leurs talents de persuasion et tenter de donner une réalité à la fameuse formule du cardinal de Richelieu : « la politique est l’art de rendre possible ce qui est nécessaire ».

Mais que peut bien rendre possible Donald Trump lorsqu’il reconnaît Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël ?

Et que peut bien rendre possible Emmanuel Macron lorsqu’il passe des contrats d’armement avec les pays du Golfe comme lors de sa visite récente au Qatar ?

Deux chefs d État récemment élus, deux politiques qui se situent aux antipodes de ce qu’il conviendrait de faire. . .

Comment est-il possible que nos démocraties élisent à leurs têtes des représentants aussi brutaux et dangereux que Donald Trump, aussi cyniques et mystificateurs qu’Emmanuel Macron ?

Il leur faut pour cela des relais permettant de rendre crédibles les dogmes de l’idéologie libérale, il leur faut véhiculer l’espoir sans arrêt renouvelé et repoussé des jours meilleurs, il leur faut exalter l’individu, il leur faut mettre en exergue la réussite possible au travers de quelques icônes, il leur faut divertir pour faire oublier la tristesse du quotidien, il leur faut étourdir, infantiliser, il leur faut endormir les consciences plutôt que de les réveiller.

Il leur faut des joueurs de berceuses aux allures de rock’n roll et des penseurs bourgeois qui vous font passer un boniment de marketing pour une réflexion philosophique.

Il leur faut des « Johnny « et des « Jean d’O ».

Pour Emmanuel Macron, pour Nicolas Sarkozy, et pour toute cette oligarchie qui établit les règles de notre société libérale gouvernée par l’argent, Jean d’Ormesson et Johnny Halliday faisaient partie du « patrimoine national » ; ils étaient précieux, ils avaient l’élégance de ne pas déranger les puissants, de se ranger du bon côté.

Jean d’Ormesson se définissait lui-même, dans un entretien accordé au Figaro-magazine, comme "un homme de droite, un gaulliste avéré, mais un gaulliste européen, qui a beaucoup d’idées de gauche : des idées d’égalité et de progrès, ce progrès qui est abandonné par la gauche à cause des écologistes". Ce genre de clairvoyance ne peut être qu’appréciée par le pouvoir dominant !

Et Johnny Halliday, grand sympathisant et souteneur de l’UMP, chanteur populaire, cultivait un anticonformisme de bon aloi : il ne voulait pas être "un mouton qui se fait tondre".

En 1885, sous la troisième République, une foule immense avait accompagné Victor Hugo jusqu’à sa dernière demeure, le Panthéon

En 2017, sous la Vème, une foule immense a accompagné le cercueil de Johnny, chanteur populaire, jusqu’à l’église de la Madeleine. Le Président de la République, a rendu hommage à « une part de la France » et à « une force qui va », citant Victor Hugo. Devant l’église de la Madeleine, dans le cercueil blanc, gisaient la dépouille de Johnny mais avec lui toutes les idées, toutes les valeurs républicaines, tous les combats qui avaient rendu Victor Hugo si populaire et qui le placent à jamais du côté du peuple et du progrès.

Johnny Halliday, lui, distrayait les classes populaires le temps d’un concert et d’un enterrement. Demain, il rejoindra les siens à Saint Barth.

Mais c’était une personnalité remarquable.

Avec beaucoup d’opportunité, notre époque rend hommage à ses grands hommes, célèbre ses individus magnifiques, ses antidotes à la révolte. Pour des hommes comme Trump ou Macron, ce sont des appuis indispensables à leurs victoires.

Jean-Luc Gasnier