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Les droits humains face aux nouvelles formes de guerre, par Christian Weber (avr. 2002)

Compte-rendu des "Guerres du 21e siècle " d’Ignacio Ramonet

Extrait de la Lettre d’attac 45 n°13, avril 2002


LES DROITS HUMAINS DE FACE AUX NOUVELLES FORMES DE GUERRE

Ce titre est celui qui a été choisi majoritairement par les 80 associations participant au Forum des droits de l’Homme d’Orléans pour la saison 2002. Les associations vont travailler pour proposer des discussions ou conférences sur des thèmes tels que « droit international et terrorisme », « développement du contrôle citoyen », « laïcité et rencontre des cultures », « les différentes formes de guerre »... Attac 45, qui a fortement contribué à l’élaboration du thème, a proposé d’inviter au Forum Ignacio RAMONET, directeur du Diplo et auteur d’un ouvrage en plein dans le sujet, intitulé « Guerres du 21e siècle »1 . Il parait utile d’en donner ici la quintessence.

Le point de départ est le nouveau visage du monde après les attentats du 11 septembre 2001. « Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité le monde est dominé par une unique hyper puissance, les États-Unis ». La marchandisation généralisée se traduit par une formidable aggravation des inégalités. « Sur les 6 milliards d’habitants de la planète, à peine 500 millions vivent dans l’aisance, tandis que 5,5 milliards de meurent dans le besoin ». « Parallèlement des dangers nouveaux apparaissent : hyper terrorisme, fanatisme religieux ou ethnique, prolifération nucléaire, crime organisé, réseaux mafieux, spéculation financière, faillite d’entreprises géantes (Enron), grande corruption, extension de nouvelles pandémies (sida, virus Ebola, maladie de Creutzfeldt-Jacob, etc.), pollutions de forte intensité, effet de serre, désertification »...

Il n’est pas étonnant que ce chaos généralisé se traduise par une explosion de violences sociales, de délinquance et d’insécurité. Tout cela représente la négation de l’état moderne et de la citoyenneté. « Dans ce contexte économique et sur ce terreau social, fait de peurs et de désarroi, les partis issus du courant fasciste connaissent un important essor ».

Tel est le nouveau visage du monde décrit par Ignacio RAMONET. « Le besoin se fait sentir de rêveurs qui pensent et de penseurs qui rêvent, pour retrouver non pas un projet de société tout ficelé, mais une manière de voir et d’analyser la société permettant de casser à terme, au moyen de nouvelles architectures de concepts, l’idéologie libérale ». C’est le rôle que joue actuellement les mouvements citoyens.

Ignacio Ramonet analyse à cette lumière l’actuelle guerre mondiale contre le terrorisme. « Ce terme est employé depuis deux siècles pour désigner indistinctement tous ceux qui recourent, à tort ou à raison, à la violence pour tenter de changer l’ordre politique ». On pense à la résistance française, à Nelson Mandela, etc.. « L’actuelle guerre mondiale contre le terrorisme laisse croire qu’il n’est de terrorisme qu’islamiste. C’est évidemment faux ». Au nom de la « juste guerre » contre le terrorisme les droits humains semblent soudain oubliés : mesures liberticides, justification du recours à la torture. Il s’agit là d’un changement géopolitique majeur. « Une autre leçon de l’après 11 septembre, c’est que la mondialisation s’affirme comme la principale caractéristique du monde contemporain.
Mais la crise actuelle a révélé sa vulnérabilité. C’est pourquoi les États-Unis soutiennent qu’il est urgent de mettre en place ce que l’on pourrait appeler l’appareil de sécurité de la mondialisation. L’idée chemine que nous sommes entrés dans une nouvelle période de l’histoire contemporaine où il redevient possible d’apporter des solutions militaires à des problèmes politiques »... Cette affirmation trouve toute son acuité dans l’actuelle guerre du Proche orient, « la nouvelle guerre de cent ans » selon Ignacio Ramonet, face à laquelle les États-Unis ne disposent d’aucune stratégie globale.

Ignacio Ramonet consacre un chapitre à la guerre sociale planétaire, sous la rubrique « mondialisation / antimondialisation ». L’Argentine représente évidemment un cas d’école. Il démontre comment la mondialisation
du capital financier est en train de mettre les peuples en état d’insécurité généralisée. « La mondialisation financière a d’ailleurs créé son propre état supranational : la constellation FMI, Banque mondiale, OCDE et OMC ». « Les citoyens assistent, impuissants, à une sorte de coup d’état planétaire d’un nouveau type ». L’aggravation des inégalités se reflète particulièrement dans une nouvelle exploitation des enfants (250 millions d’enfants au travail). Deux au moins parmi les chefs d’État du G7 sont davantage les « représentants des milieux d’affaires de leur pays que de leurs concitoyens
 ». Face à cette situation de nouvelles exigences morales apparaissent qui se traduisent par la mise en cause des dirigeants politiques des pays démocratiquement développés.

La conclusion du livre « pour changer le monde », formule un certain nombre de propositions. « Après avoir obtenu les droits politiques, puis les droits sociaux, les citoyens réclament, devant ces nouvelles menaces, une nouvelle génération de droits, cette fois collectifs : droit à une nature préservée, droit à un environnement non contaminé, droit à la ville, droit à la paix, droit à l’information, droit à l’enfance, droit au développement des peuples... Ignacio Ramonet énonce les principes suivant lesquels une nouvelle économie doit être refondée, plaçant l’être humain au coeur des préoccupations.

Christian Weber

Attac 45

1 Galilée, mars 2002, 185 p., 24,5 €



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