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La vraie souche de la grippe aviaire : mondialisation et productivisme, par Vincent Bergerault (avr. 2006)

Extrait de la Lettre d’Attac 45 n°36, avril-mai 2006

D’après le dossier « Qui est le dindon de la farce ? », publié par le GRAIN


(http://www.grain.org/briefings/?id=195#_34)

Les médias ont canalisé l’opinion publique sur le problème de la grippe aviaire en diabolisant la volaille de basse-cour, la volaille élevée en plein air et les oiseaux sauvages - et même une partie de la population mondiale (les asiatiques), créant ainsi un voyeurisme « d’occidental bien pensant ».
La grippe aviaire est donc la faute à ces « producteurs barbares » et, en somme, on retrouve dans le regard des médias cet exotisme des contrés lointaines, avec leurs maladies inconnues « par chez nous », leurs « pratiques agricoles archaïques » et leurs marchés « rustiques ».
Mais la réalité est tout autre.
La grippe aviaire n’est pas un problème de pratiques dû à un manque d’hygiène de la part des petits producteurs. La grippe aviaire n’est pas un virus « nouveau », créé par l’agriculture en tant que tel. Cette grippe existe chez les oiseaux sauvages, au sein même des élevages de basse-cour et sur les marchés de volaille vivante. C’est l’industrialisation qui est la cause de la mutation de ce virus en une forme virulente et fortement pathogène.

Un facteur déterminant : l’industrialisation de l’élevage

L’élevage à la ferme n’est pas un passe-temps futile pour les populations rurales. C’est le nœud de la sécurité alimentaire et des revenus agricoles pour des centaines de millions de pauvres ruraux en Asie et ailleurs, fournissant un tiers des protéines consommées pour une famille rurale moyenne. Presque toutes les familles rurales en Asie gardent au moins quelques poulets pour la viande, les oeufs et même l’engrais, et c’est souvent les seuls animaux d’élevage que les fermiers pauvres peuvent se permettre. Malheureusement, la croissance économique fulgurante des pays asiatiques a entraîné avec elle des pratiques de production industrielle pour faire face à la demande de volaille.

Dans les pays d’Asie du sud-est où la plupart des cas de grippe aviaire sont concentrés - la Thaïlande, l’Indonésie, et le Viet Nam - la production a été multipliée par 8 en seulement 30 ans, passant d’environ 300 000 tonnes de viande de poulet en 1971 à 2 440 000 tonnes en 2001. La production de poulet de la Chine a triplé pendant les années 90 pour passer à plus de 9 millions de tonnes par an. Pratiquement toute cette nouvelle production de volaille a été produite dans des fermes industrielles concentrées à l’extérieur des villes principales et intégrées dans les systèmes de production transnationaux.

Le plus grave est que cette modification profonde du tissu économique de la production alimentaire a modifié les positions et les discours sur l’agriculture « rurale » des organismes et institutions internationales. Avant la crise asiatique de la grippe aviaire, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) vantait les avantages de la volaille de basse-cour pour les populations rurales pauvres et la biodiversité, et avait lancé des programmes pour l’encourager. Aujourd’hui, avec la souche H5N1 aux portes de l’Europe de l’Ouest, il est plus commun d’entendre la FAO parler des risques de l’élevage de la volaille en basse-cour. Désormais, la FAO soutient l’industrialisation de la production avicole et ne la présente plus comme une cause de problèmes sanitaires, économiques ou sociaux.

En Asie, elle a même commencé à parler ouvertement d’une industrie de la volaille du futur, restructurée, qui aura :

L’attention détournée vers l’élevage paysan

Pourquoi ces solutions et pas d’autres ? Pour la simple raison que pour l’instant, l’argument officiel est que le seul contact des volailles de basse-cour avec les oiseaux sauvages est la cause première de l’épidémie. Les contacts continus de la volaille avec la faune sauvage créeraient un bouillon de culture, où la maladie circulerait constamment. Mais également où elle serait incontrôlable, car bien évidemment, la composition rurale et artisanale (pour combien de temps ?) de la production aviaire asiatique empêche les contrôles principaux des autorités : l’isolation des élevages, la vaccination et enfin l’abattage en cas de présence du virus pathogène.

Lors d’un discours de Xavier Bertrand, ministre français de la santé et des solidarités, les seuls passages traitant du problème des élevages sont identiques au discours de la FAO : il faut « …prévenir l’apparition et le développement de foyers de virus aviaire sur le territoire national en les détectant au plus tôt et en les éradiquant »(1), ou bien créer « une vingtaine de postes de chercheurs et techniciens (HongKong, Phnom Penh, Shanghai) afin de renforcer la surveillance épidémiologique et favoriser la recherche et le développement d’outils diagnostics, de médicaments anti viraux et de candidats vaccins »(1). Beaucoup d’action à posteriori, mais aucune prise de conscience, aucun signe de responsabilisation des institutions. Comme le souligne Olivier Dehorter, ornithologue au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), aucune réflexion sur les véritables causes des propagations n’a eu lieu : "les gouvernements ont généralement demandé des expertises sur l’impact des migrateurs et jamais sur les routes commerciales, ou sur la porosité de certaines frontières aux trafics. Reporter la responsabilité sur la faune sauvage permettait d’une certaine manière de se dédouaner, puisque les gouvernements n’ont pas de marge de manoeuvre sur les mouvements migratoires..." (2). Aucune enquête auprès des acteurs de l’industrie agro-alimentaire n’a encore démarré, aucun regard ne s’est porté sur leurs pratiques.

En Thaïlande, un cas de figure révélateur

D’après Guy Jarry, ancien directeur adjoint du Centre de recherche sur la biologie des populations d’oiseaux (CRBPO) (2) : "à un moment donné, l’attention s’est focalisée sur les oiseaux sauvages et a totalement occulté les possibles causes humaines de la diffusion de l’épizootie, que ce soit le commerce légal ou les trafics de volailles". Eh bien, un exemple concret existe. En septembre 2004, les autorités cambodgiennes ont rapporté un cas de grippe aviaire dans l’une des quelques exploitations commerciales du pays. Cette fois, les autorités ont identifié la source de la contamination : des poussins fournis à la ferme par Charoen Pokphand (CP), la compagnie thaïe qui est le plus grand producteur de volaille et d’aliments pour volaille de l’Asie. Les manifestations de la grippe aviaire au Cambodge ont été généralement confinées au secteur commercial du pays. Et toutes les exploitations commerciales du Cambodge sont liées d’une manière ou d’une autre au CP, que ce soit par des contrats ou par l’achat des intrants comme les poussins d’un jour et l’alimentation que le CP importe de Thaïlande (3).

Le CP a nié les accusations cambodgiennes, mais au Laos, les cas de grippe aviaire se sont limités aux élevages de volaille important l’alimentation et les poussins de Thaïlande. Cela semble être aussi le cas en Birmanie, où il a été rapporté un cas de contamination d’une ferme industrielle approvisionnée en poussins par Charoen Pokphand (4).

Le CP est en fait presque partout présent là où la grippe aviaire s’est déclarée. En Thaïlande, base de l’empire de Charoen Pokphand, et pays où il a introduit pour la première fois ses systèmes de production verticalement intégrés, il est lié par contrats de production à environ 10 000 éleveurs, contrôlant la chaîne entière de production, de l’alimentation aux ventes de volaille au détail. C’est aussi le plus grand fournisseur de poussins de chair en Chine, avec un établissement d’incubation dans la province de Lanzhou infestée par la grippe aviaire qui produit neuf millions de poussins par an (5). En Indonésie, le CP domine l’industrie d’alimentation pour la volaille et est le fournisseur du numéro un en poussins pour les élevages de poulets de chair et de poules pondeuses. Le CP contrôle également la moitié du secteur avicole industriel au Viet Nam, où, en février 2004, l’armée a été mobilisée pour abattre 117 000 oiseaux infectés par la grippe aviaire dans l’une des fermes de Charoen Pokphan, en province d’Ha Tay (6). Le CP est même important en Turquie, un des centres de grippe aviaire déclarée, où il contrôle autour de 12 % de la production de la volaille du pays via ses filiales (7).

Cela ne veut pas dire que Charoen Pokphand soit l’unique responsable de la crise actuelle de la grippe aviaire. Bien que la compagnie soit au premier rang des suspects, le problème va plus loin : il est systémique. Le commerce international de la volaille est avant tout un commerce qui échappe à tout contrôle. Dans la seule Ukraine, presque 12 millions de poulets vivants ont été importés en 2004. Les nombres réels sont presque certainement plus élevés, étant donné le marché noir bien connu de volaille circulant dans la région. La Société Hastavuk en Turquie gère le deuxième plus important établissement d’incubation d’Europe, avec une capacité de production de plus de 100 millions d’oeufs à couver par an, dont une partie substantielle est exportée vers Europe de l’Est et le Moyen-Orient. Les oeufs à couver sont bien connus pour propager la grippe aviaire. Cependant, en dépit des risques certains, il n’y a pratiquement pas de réglementation ni de surveillance du commerce de la volaille et des oeufs dans la région.

Dans tous ce micmac, aucun mea culpa du secteur, aucune enquête de la FAO ni même de communiqués officiels. Il est plus facile de tirer sur des chats que de s’attaquer au complexe agro-alimentaire. Car rien si la maladie n’est pas nouvelle, les pratiques de l’industrie de la volaille non plus. Cultivant la langue de bois, elle a proclamé la « biosécurité » de ses exploitations. Son refrain est qu’il est facile d’isoler ses systèmes intégrés de la grippe aviaire. Mais à maintes reprises, la grippe aviaire a pu s’infiltrer et a causé des contaminations massives dans des élevages industriels : en Australie (1976, 1985, 1992, 1994, 1997), aux Etats-Unis (1983, 2002, 2004), en Grande-Bretagne (1991), au Mexique (1993-1995), à Hong Kong (1997), en Italie (1999), au Chili (2002), aux Pays-Bas (2003) et au Canada (2004), pour ne citer que quelques exemples en dehors de ceux de la crise récente de la grippe aviaire.

En 2004, un certain nombre de cas de contamination se sont produits dans plusieurs élevages ultra-modernes de poulet au Japon. L’une de ces fermes, parmi les plus grandes du pays, n’a pas prévenu les autorités quand ses poulets ont commencé à mourir en grand nombre. Au lieu de cela, il a envoyé un contingent de 15 000 oiseaux à l’abattoir plus tôt que prévu. Le gouvernement n’a découvert ce cas de contamination que grâce à une source anonyme (8). La même chose s’est produite en Ukraine, où l’un des élevages industriels touché par la grippe aviaire en Crimée a attendu une semaine pour prévenir les autorités, ne prenant aucune mesure de sécurité pendant ce temps (9). Et plus récemment en Inde, les autorités locales ont indiqué que le virus H5N1 s’était déclaré pour la première fois et s’était répandu à partir d’un élevage industriel possédé par la plus grande compagnie de volaille du pays. Le gouvernement du district fit adresser à la va-vite un avertissement aux établissements d’incubation de Venkateshwara pour, selon la Loi de police de Bombay, « source de nuisance publique et de menace pour la santé » mais la compagnie continue de clamer que ses locaux sont sains et de nier son implication dans la propagation de la maladie (10).

Productivisme industriel = infection incontrôlable

Tout comme la « Révolution verte », la soi-disant « Révolution de l’élevage » qui a déferlé sur l’Asie ces dix dernières années a entraîné une rapide érosion génétique. Les systèmes de production locaux ont été remplacés par des systèmes intégrés qui reposent sur une seule source de stock génétique parental et les petites exploitations ont été encouragées à abandonner leurs races locales pour des races à haut rendement qui ne sont souvent pas adaptées aux conditions locales. Il en résulte que nombre de petits éleveurs dépendent désormais d’un nombre très limité d’espèces modernes qui ont été développées pour des exploitations industrielles. S’en est suivi le même processus que la maladie de Newscatle (peste aviaire), déjà devenue endémique dans la plupart des zones d’aviculture et la vaccination contre la maladie est devenue désormais une activité de routine pour les aviculteurs du monde. Tout comme la grippe aviaire, Newcastle existe sous des formes pathogènes bénignes et virulentes. Dans sa forme endémique, la maladie de Newcastle n’est pas vraiment un souci ; elle ne tue généralement que quelques poussins dans un groupe infecté et n’entraîne qu’occasionnellement la mort à grande échelle, lorsque les oiseaux sont prédisposés à la maladie.

Le virus devient un problème majeur lorsqu’il entre dans les élevages industriels. Selon les chercheurs Alders et Spradbrow, « dans les grandes unités commerciales avicoles, le virus s’introduit dans les élevages par une faille dans la biosécurité [par la nourriture, les personnes, les œufs, les véhicules], par l’introduction d’oiseaux infectés dans les fermes multi-âges, ou par voie aérienne provenant d’une propriété voisine. Une fois que quelques oiseaux sont infectés, la propagation aux autres volatiles se fera principalement par voie aérienne. De grands élevages produiront de grandes quantités de virus aériens, qui peuvent se répandre vers les autres élevages avec les mouvements de l’air. » (11)

C’est dans ce contexte que la maladie peut muter dans une forme hautement pathogène et décimer des élevages entiers. En 1998, la maladie s’est déclenchée en Australie, tuant 10 000 poulets et a mené à l’abattage de 100 000 autres. Ce cas de contamination a pris les autorités au dépourvu, tant les stricts contrôles sanitaires avaient apparemment tenu le pays à l’abri des souches hautement pathogènes depuis 60 ans.

« Nous avions pensé qu’elle avait été introduite de l’étranger », a déclaré Jeff Fairbrother, le Directeur exécutif de la Fédération australienne de la viande de volaille. Cependant, les recherches ultérieures menées par des virologistes ont montré que la souche endémique s’était introduite dans l’élevage industriel et avait muté sous une forme virulente.(12)

Les autorités australiennes n’ont pas répondu en s’attaquant aux volailles ou aux oiseaux sauvages potentiellement porteurs de la maladie, et elles ne se sont pas contentées des déclarations des industriels portant sur la « biosécurité » de leurs exploitations. Elles ont rendu la vaccination obligatoire pour les fermes possédant 500 volailles et plus. Qu’en est-il des volailles de basse-cour ? Selon les brochures d’information du gouvernement sur les foyers d’épidémie : « Non. Une forme très bénigne de virus de la peste aviaire est présente dans tous les Etats. Ce qui signifie que la souche ne peut muter en une forme virulente ; elle ne constitue donc aucune menace pour les oiseaux. Les foyers de maladie existant sur le continent entre 1998 et 2002 ont été provoqués par la mutation d’une souche endémique bénigne (connue sous le nom de virus V4) en une souche virulente du virus. Toutes les preuves disponibles montrent que, pour qu’une telle mutation se fasse, il faut un grand nombre d’oiseaux dans une petite zone pour « générer » le processus de mutation du virus. En termes simples, un petit nombre d’oiseaux ne peut pas générer assez de virus pour déclencher le processus de mutation »(13). CQFD…

Choisir entre l’élevage paysan et la manipulation génétique

La grippe aviaire est néanmoins un danger. Car maintenant, notre système productiviste ne peut plus (ou ne veut pas ?) gérer la crise et les coûts que cela engendre et engendrera dans le futur. Et qui ne seront pas que financiers, mais aussi humains. Bien que le discours alarmiste des médias, prompts à sauter sur la moindre catastrophe pour remplir leurs colonnes, n’est pas le reflet de la réalité fondamentale de la crise de la production agricole mondiale, cette crise nous aura appris deux choses.

D’abord sur les médias : "de manière générale, j’estime que la presse n’est jamais véritablement coupable des informations qu’elle fabrique et qu’elle diffuse, dès lors que l’on considère que cette presse n’est, pour l’essentiel, qu’une forme de caisse de résonance de la puissance et des inconséquences des responsables politiques et professionnels, souligne le professeur Alain Goudeau, chef du département de bactériologie-virologie du CHU de Tours (Indre-et-Loire). De ce point de vue, la progression de l’épizootie de grippe aviaire et les menaces qui y sont liées n’ont pas échappé à la règle" (2).

D’autre part qu’il est donc désormais urgent de restructurer et de repenser la production aviaire mondiale, mais aussi de reprendre en main la recherche publique, accaparé par des groupes transnationaux qui ont accaparé les moyens (physiques, économiques et intellectuels) de production de solutions médicales pour l’homme. Même si la cause de la propagation est due au productivisme (et bien entendu à son complice la mondialisation néolibérale), le risque sanitaire existe bel est bien. Le virus a muté et s’est transmis à l’homme.

En ce qui concerne la grippe aviaire, comme beaucoup d’autres soucis d’ordre écologique, l’aviculture diversifiée de petite taille est la solution, pas le problème. De plus, permettre une agriculture de taille humaine n’engendrera que des bénéfices, tant en termes sociaux qu’économiques : pluri-cultures (donc indépendance alimentaire et économique), tissu social plus solidaire, revenus plus justes, etc. Il devra être également mis en place des fonds financiers pour l’aide aux petits agriculteurs, lors d’abattage, de vaccination mais surtout lors de l’installation de protections de leur parc aviaire vis-à-vis de l’environnement de la production industrielle (alimentation, sources génétiques, poussins de un jour,…)

Du reste, il faut faire attention aux orientations prises par les chercheurs, les industries et les institutions internationales. Des chercheurs du Royaume-Uni travaillent sur des poulets transgéniques résistants à la grippe aviaire. « Une fois obtenue l’autorisation réglementaire, nous pensons que cela ne prendra que quatre à cinq ans pour multiplier assez de poulets et remplacer toute la population du monde, » a déclaré Laurence Tiley, professeur de virologie moléculaire à l’université de Cambridge.

Les politiques agricoles, soutenues par la FAO, sont alimentées financièrement par des organismes ayant la réputation de créer plus de complications (dans le meilleur des cas) que de proposer des solutions pragmatiques et intelligentes. En mai 2006, à Berlin, se sont tenues des rencontres pour « stimuler la croissance grâce à l’investissement agricole ». Lors de ces réunions était présente la Banque mondiale, bien connue pour son implication dans la Dette que « les pays en début de transition » (PDT) subissent. Il est légitime de se demander ce que la FAO peut avoir à faire avec ce genre d’institut financier… Selon M. Kaj Mortensen, qui est à la tête du programme de l’Union européenne pour préparer le secteur agricole et les zones rurales des pays candidats à l’Union européenne, la collaboration avec des partenaires comme la Banque mondiale et la BERD est un avantage : « Le projet de la Banque mondiale en Croatie aide le secteur agricole du pays à se préparer à relever les défis et à cueillir les bénéfices de l’accession », souligne M. Mortensen. « Non seulement cela renforcera la capacité de la Croatie pour absorber l’aide financière de l’Union européenne et facilitera la mise en place de la politique commune agricole et de développement rural de l’Union européenne, mais cela contribuera aussi à renforcer les institutions gouvernementales dans ce domaine, ce qui est primordial pour améliorer l’accès aux marchés européens des produits alimentaires croates » (14). Renforcer la dépendance de l’agriculture des pays de l’Est aux marchés européen et mondial créera la même situation qu’en Asie et engendrera plus de dépendance de la part des populations rurales, et plus d’industrialisation de l’agriculture, au détriment de la qualité des aliments, ainsi, évidemment, que de la santé publique mondiale.

Vincent Bergerault,
Attac45.

1 - Audition de Xavier Bertrand par la mission d’information sur la grippe aviaire à l’Assemblée nationale

2 - Grippe aviaire : pourquoi on a tout mis sur le dos des canards sauvages – Le Monde - Article paru dans l’édition du 14.05.06

3- J Rushton, R Viscarra, E Guerne Bleich and A McLeod, "Impact of avian influenza outbreaks in the poultry sectors of five South East Asian countries (Cambodia, Indonesia, Lao PDR, Thailand, Viet Nam) : Outbreak costs, responses and potential long-term control," FAO, TCP/RAS/3010 :

4 - DVB, "No avian flu in Burma but we are still looking for it, says vet", Democratic Voice of Burma, 1 April 2005 :

5 - Du site web du Groupe Chia Tai :

6 - J Rushton, R Viscarra, E Guerne Bleich et A McLeod, op cit (note 34) ; Isabelle Delforge, op cit (note 3).

7 - "News shorts", Meat Processing, Mount Morris, 2 décembre 2003 :

8 - "Lapses in halting avian flu," Editorial, The Japan Times, Tokyo, 3 mars 2004

9 - 5 Kanal, "Crimea : Prosecutors lay charge in bird flu mishandling," 5TV, Kiev, 12 janvier 2005 :

10 - "Hatcheries put on notice," The Stateman, Kolkata, 21 février 2006

11 -Grain
Fao

12 - "Newcastle Disease Virus, Mutation — Australia", proMED, 7 décembre 1998.

13 - backyarders.pdf

14 – « Stimuler la croissance grâce à l’investissement agricole, un enjeu pour les pays en début de transition »



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