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Gestion de la précarité
Orléans : Avec Montillot, la liberté est en sécurité - par Mourad GUICHARD (décembre 2005)

Publié dans Libération, mardi 06 décembre 2005


Avec Montillot, la liberté est en sécurité
L’adjoint au maire UMP d’Orléans enfile mesures répressives et discours moraux fumeux.

De ses idées sécuritaires, Florent Montillot n’est pas peu fier. Cet adjoint au maire (UMP) d’Orléans, chargé de la sécurité, a vécu les récents événements en banlieue comme l’aboutissement de ce qu’il considère comme une politique familiale décadente. S’il tient de longue date un discours musclé, Florent Montillot est l’illustration de cette droite de base dans l’air du temps, répressive et fière de l’être, à la parole dure et décomplexée, bref totalement sarkozysée, à défaut d’être vraiment lepenisée. Florent Montillot ne se lasse pas, par exemple, de fustiger la permissivité des parents : « Ils ont démissionné et livré leurs enfants à la rue », dénonçait-il récemment, face à un parterre d’édiles de l’Institut des hautes études de la défense nationale. Un colloque qui s’est tenu en pleine crise des banlieues. Une aubaine pour cet élu qui n’hésite pas à empiler les casquettes puisqu’il est aussi cadre du cabinet Ernst & Young, spécialiste en conseil auprès des élus locaux. Raison pour laquelle il aime aussi faire la pub de ses « solutions ».

Caméras.

Ainsi vient-il de mettre en place les « parents relais », des sortes de brigades d’adultes vacataires, rémunérés par la ville et censés délivrer la bonne parole aux jeunes trublions. « Lorsque les jeunes reconnaissent un parent du quartier, le ton change », se félicite Florent Montillot. Cette mesure s’ajoute au doublement des « effectifs de terrain », mêlant police municipale et médiateurs de rue, à la reconduction d’un arrêté couvre-feu pour les moins de seize ans et à la multiplication des caméras de surveillance dans toute la ville. Tout un dispositif qui pourrait croître en toute sérénité si élus d’opposition et associations de défense des libertés ne veillaient au grain. Deux points de détail dont l’adjoint au maire ne souhaite pas s’encombrer : « La Ligue des droits de l’homme, j’y adhérerais volontiers si elle n’était devenue la Ligue de défense des coupables. Quant à l’opposition, ce n’est pas elle qui m’a élu ! »

Chiens et délinquants.

Même ton lorsqu’il s’agit de l’opposition venue d’en haut : « Je n’ai que faire des élus de salons qui vivent dans les beaux quartiers et qui viennent me donner des leçons sur la banlieue ! » Il n’a peur de rien : « Les projets que je mène à bien ne sont pas pour les familles qui lisent madame Badinter dans le texte ou pour les intellos socioculturels. » Ses positions sécuritaires, Montillot aime à rappeler qu’il les défendait déjà lorsqu’il était conseiller municipal d’opposition à Nanterre (Hauts-de-Seine). L’expérience a duré vingt-deux ans et laissé quelques traces. A l’époque, il s’était fait connaître par une proposition sur les chiens dits dangereux et une autre sur les délinquants récidivistes. Des propositions qui figuraient en bonne place dans son journal de campagne.

HLM et pavillons.

« Je me souviens d’un représentant de la droite la plus radicale, se rappelle Jacqueline Fraysse, ex- maire (PCF) de Nanterre. Il avait une vision sécuritaire et autoritaire des rapports sociaux. Un homme prêt à user du raccourci, voire de la calomnie pour arriver à ses fins. » L’élu orléanais prétend pourtant avoir été congratulé par Gaston Plissonnier, secrétaire administratif, cheville ouvrière du Parti communiste durant de nombreuses années, qu’il aurait rencontré au cours d’un porte-à-porte dans l’une des tours HLM de cette commune ouvrière, proche de Paris. « Cela m’étonnerait fort, Gaston a toujours habité dans son petit pavillon », rétorque Jacqueline Fraysse, qui ajoute : « Je me demande si Montillot ne finit pas par croire à ses propres mensonges. »

Pour ce qui est du durcissement des esprits à droite, l’élu UMP peut revendiquer le titre de pionnier.



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