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Article publié le samedi17 octobre 2015 , par Admin

À qui profitent les partenariats public-privé (PPP) ?

L’intérêt public livré aux intérêts privés ? Les PPP l’ont fait.

Opaques, bien verrouillés, soumis aux pures logiques financières, les partenariats public-privé (PPP) confient le financement, la réalisation et le fonctionnement d’équipements publics (stades, hôpitaux, écoles…) à des multinationales.
Créée il y a plus de vingt ans en Grande-Bretagne, la formule y a prospéré avec pertes et fracas. Depuis 2004, ultralibéraux et technocrates l’ont importé en France, au grand bénéfice d’une oligarchie restreinte dominée par Vinci, Bouygues et Eiffage.
Malgré les fiascos avérés, les PPP profitent de la crise et des désengagements de l’État et des collectivités territoriales, au préjudice des contribuables, qui règlent une note considérablement plus salée. Analyse d’un désastre.
L’auteur : Nicolas de La Casinière est journaliste. Il anime La Lettre à Lulu. Il a notamment écrit Les Prédateurs du béton. Enquête sur la multinationale Vinci (Libertalia, 2013).

Éditions Libertalia - Collection À BOULETS ROUGES
8 euros — 120 pages
Parution : 3 septembre 2015
ISBN : 9782918059677

Onze chapitres :

  • Autopsie d’une formule magique. La Grande Bretagne pionnière dès 1992. La France s’y met en 2004. Une formule reprise partout dans le monde malgré les dégâts patents, rapides, pratiques, architecturaux, financiers et des effets néfastes sur la qualité des services publics, sacrifiés.
  • Un désastre made in England. Les débuts outre Manche de la formule PFI, Private finance initiative, depuis 1992 dans les textes sous Thatcher. Premiers contrats signés sous Major, explosion des opérations à l’ère Blair, Cameron aménage. Travaillistes et conservateurs ont été successivement opposés et grands utilisateurs des PFI.
  • Hôpitaux britanniques, des lits en portefeuille. Le réseau de santé publique britannique sacrifié sur l’hôtel de la rentabilité forcée dans des bâtiments souvent en état critique dès la livraison. Et ce au détriment de la qualité des soins, de l’accueil des patients et du traitement du personnel soignant. Estimation : jusqu’à 20 000 décès auraient pu être évités en conservant l’autorité publique sur le système de santé.
  • L’important, c’est l’import. Pour instaurer la formule an France, en 2004, Alain Madelin est à la manœuvre avec des hauts fonctionnaires ultralibéraux et le lobby des PPP. Ils obtiennent un régime dérogatoire à la commande publique.
  • Une mission bien appuyée. La MAPPP (mission d’appui aux PPP) est à la fois propagandiste et consultant de l’État, arbitre et conseiller du législateur, juge et partie, aux côtés d’instances qui étoffent le lobby, Club des PPP et Institut de la gestion déléguée notamment.
  • Des histoires qu’on se raconte. La fabrication d’une historiographie des PPP avec des antécédents qui ancrent une légende qui s’avère un peu trafiquée. De la légende de « vingt siècles d’antécédents », de l’empire romain à celle de l’édification du Canal de Craponne au XVIème siècle.
  • Banco sur les fiascos à gogo ! Petit panorama des échecs retentissants de ces marchés de dupes français : hôpital Francilien, stades du Mans et de Marseille, « Pentagone à la Française », maison d’arrêt de Nantes, etc.
  • Opacité à comparaître : Le « secret des affaires » bien orchestré, la confidentialité verrouillée invoquant la protection vis à vis de la concurrence construisent une opacité au bénéfice de la société de projet, e la dissymétrie des contrats contredisant l’esprit d’un « partenariat ». Opacité couverte par la MAPPP, ou la Commission d’accès aux documents administratifs.
  • On a marché sur l’annulé. Les PPP affrontant la justice ont encore peu d’antécédents. Avec des jugements surprenant concèdent l’irrégularité des contrats mais les tolérant au titre du fait accompli et du besoin de service public, même sur des bases viciées.
  • Picsou parades : quelles ripostes des collectivités abusées, ou des contribuables floués ? Remettre en cause la complexité, l’urgence du projet ? La dissimulation des tenants et aboutissants aux autorités publiques est-elle un motif d’annulation, le défaut d’information » comme parade juridique ?
  • Des avenirs communs : Dépasser la simple défense de l’État par la notion de « biens communs », du programme du CNR à la notion plus large de « communs »
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