Attac%65
juin 2019 :

Rien pour ce mois

mai 2019 | juillet 2019

Accueil > Commissions > Com Eau > Commission Eau : Article « La Dépêche

Commission Eau : Article « La Dépêche »

Article publié le mardi20 janvier 2009 , par Admin2

Article paru dans La Dépêche du 20/01/09, par Arnaud Paul.

Ousse. Pour les opposants au barrage il y a assez d’eau

Le déficit d’eau en période d’étiage de l’Adour pourrait relancer le projet de barrage.

« Il n’y a pas de pénurie d’eau. En 2006 et 2007, les campagnes de soutien de l’Adour se sont achevées avec des réserves de 27 % et 40 % de la capacité totale. On n’a pas épuisé les ressources, les réserves sont importantes. Pourquoi engager cette course folle à la ressource en eau ? » Le ton est donné. Louis Carmouze, président de l’Association intercommunale pour la défense de l’Ousse (Aidot) a réaffirmé, hier, la forte opposition locale à un projet de barrage d’une capacité de 5 millions de m3 dans la vallée de l’Ousse. L’évocation au conseil général par Jean-Claude Duzer, président de l’Institution Adour « d’une actualisation technique et financière du dossier sur le barrage de l’Ousse » n’en finit pas de faire des vagues. Il invoque notamment le déficit chronique de 13 M/m3 sur l’axe Adour.

Les opposants à ce projet, qui noierait une centaine d’hectares de terres agricoles sur les communes d’Aureilhan, d’Orleix et de Boulin, viennent de tous les horizons sociaux et politiques : agriculteurs, militants du PCF et du NPA, militants d’Attac… Ils pensaient l’avoir définitivement coulé après l’avoir repoussé à deux reprises en 1999 et 2006.

« Nous allons recommencer notre travail de mobilisation et projetons d’organiser une réunion publique d’information », souligne Louis Carmouze qui s’appuie sur un argumentaire rodé : en 2006 et 2007, toutes les possibilités de soutien du débit de l’Adour n’ont pas été épuisées, la nappe phréatique de l’Adour n’est pas connue précisément, affirme-t-il.

De même, s’interroge-t-il sur l’extension constante des surfaces irriguées, le manque de précision dans les prélèvements d’eau. Louis Carmouze concentre ses critiques sur le projet initialement prévu : il pointe une digue de 775 m de long pour retenir quatre fois moins d’eau qu’à Gardères et dénonce la surface de 90 hectares pour 5 M/m3 (par rapport aux 110 ha pour 10,8 M/m3 à l’Arrêt-Darré). Enfin, dénonce Louis Carmouze, ce barrage détruirait près de 115 ha de terres agricoles de bonne qualité.

« On nous a demandé, il y a 30 ans, de déménager dans la vallée de l’Ousse, on ne gênait personne. Aujourd’hui, on devrait abandonner. L’agriculture périurbaine a déjà beaucoup de contraintes. Ce barrage, ce serait une véritable menace. Autant qu’on arrête », lâchent Alain Gibaud, Gérard Pointecouteau, Dominique Lagarde et André Mauhourat, agriculteurs à Orleix et Aureilhan.

Au-delà, pour Marcel Cassagne et Michel Sanciaud (Attac 65), ce projet pose « le problème fondamental de la démocratie par rapport à l’eau, bien commun de l’humanité. »


« L’agriculture de banlieue à l’agonie »

« L’agriculture de banlieue ? Mais elle est à l’agonie. » Alain Gibaud, exploitant à Orleix, ne décolère pas. Comme ses collègues d’Aureilhan, il doit composer avec le développement urbain de leurs communes. Les lotissements grignotent inexorablement la surface agricole disponible. Alors, que dire d’un barrage qui va inonder une centaine d’hectares de terres cultivables dans cette « oasis agricole » ?

« Il y a quinze ans, on a laissé les techniciens faire leurs études. Ailleurs, ils ont été accueillis avec les fusils. Résultat : l’Ousse a été le seul projet étudié et c’est le seul truc qu’ils ont dans les cartons… C’est celui-là qu’ils ressortent. Dans la vallée de l’Ousse, on a besoin d’être protégé, on ne doit pas nous faire tomber dessus toutes les misères de la terre. »

De son côté, Gérard Pointecouteau met en avant une agriculture qui mise sur la transformation et la vente directe, « bien en lien avec ce que cherchent les consommateurs. Si on retire les terres, cette crédibilité auprès du public disparaît. »

Sans compter l’impact sur l’emploi généré par les 17 exploitations concernées.

André Mauhourat, d’Aureilhan, pointe « le maïs qui n’est pas une culture miracle. Avec la maïsiculture, les agriculteurs ne pensent qu’à s’étendre. Cela fait disparaître les haies, les arbres pour ne pas gêner l’arrosage. On dégrade l’environnement et les mentalités des agriculteurs. »

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0