Le président des Ultras Riches

Chronique du mépris de classe dans la politique d’Emmanuel Macron

Au-delà du mépris social évident dont témoignent les petites phrases du président sur « ceux qui ne sont rien », les auteurs documentent la réalité d’un projet politique profondément inégalitaire. Loin d’avoir été un candidat hors système, Emmanuel Macron est un enfant du sérail, adoubé par les puissants, financé par de généreux donateurs, conseillé par des économistes libéraux. Depuis son arrivée au palais, ce président mal élu a multiplié les cadeaux aux plus riches : suppression de l’ISF, flat tax sur les revenus du capital, suppression de l’exit tax, pérennisation du crédit d’impôt pour les entreprises… Autant de mesures en faveur des privilégiés qui coûtent un « pognon de dingue » alors même que les classes populaires paient la facture sur fond de privatisation plus ou moins rampante des services publics et de faux-semblant en matière de politique écologique.

Mettant en série les faits, arpentant les lieux du pouvoir, brossant le portrait de l’entourage, ce livre fait la chronique édifiante d’une guerre de classe menée depuis le cœur de ce qui s’apparente de plus en plus à une monarchie présidentielle.
Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot sont sociologues et anciens directeurs de recherche au CNRS.
Voir également le livre  La violence des riches
 Edition Zones

Nicolas Sarkozy

« Le président des riches, c’est ce qu’on entend beaucoup. C’est ce que vous pensez ?

— Non, ce n’est pas vrai. Il est le président des très riches. »

François Hollande

Pour paraphraser François Hollande – une fois n’est pas coutume –, nous affirmons qu’Emmanuel Macron n’est pas le président des riches. Il est le président des ultra-riches. Cela, nous avons essayé de le montrer par des moyens sociologiques, en croisant le contenu de sa politique sociale et économique avec sa trajectoire sociobiographique et le maillage oligarchique de son pouvoir.

Le président de la République a agi dès le début de son quinquennat au pas de charge, avec un pilonnage de lois prises sous forme d’ordonnances. L’empilement des mesures engagées à un rythme effréné a réussi à tétaniser les résistances. Mais cela n’eut qu’un temps. Désormais, une autre période s’est ouverte. Ce pouvoir a montré qu’il pouvait reculer – voire vaciller.

Richard Ferrand, président du groupe En marche ! à l’Assemblée nationale, eut un jour une formule involontairement prophétique : « Emmanuel Macron, déclarait-il en octobre 2017, n’est pas le président des riches, c’est le président du risques » Ce qu’il voulait dire par là, en bonne novlangue néolibérale, c’est qu’il était le président des actionnaires – ces rentiers irresponsables que l’on nous dépeint depuis les années 1980 comme des investisseurs intrépides. Mais l’expression prend à présent un autre sens. Du fait du rejet massif que sa politique oligarchique, trop voyante, trop arrogante, a réussi à concentrer sur sa personne, Macron représente désormais un risque politique pour la classe sociale dont il a voulu trop agressivement – trop « intelligemment », diront certains – défendre les intérêts.

Le mouvement des « gilets jaunes » constitue une première alerte sérieuse pour l’oligarchie au pouvoir. Gageons que d’autres séismes politiques viendront, pour le meilleur ou pour le pire. Nul ne sait encore comment tournera cette tragi-comédie, mais il est probable que nous n’en sommes encore qu’aux premiers actes. De notre combativité collective dépendra le dénouement.

Christophe Castaner déclarait, le 7 décembre 2018, qu’« environ 10 000 “gilets jaunes” dans toute la France, ce n’est pas le peuple, ce n’est pas la France, c’est une petite minorité ». Le prenant au mot, nous lui répondons ceci : quelques milliers d’ultra-riches en « costard sombre » ce n’est pas le peuple, ce n’est pas la France, c’est une petite minorité. On ne peut pas les laisser, ces factieux à Rolex, ces casseurs en col blanc, continuer à piller nos vies.

 

 

L'Empire du libre-échange

empirelibrechangeLe libre-échange est promu par pratiquement tous les gouvernements.
 
Il serait la panacée aux problèmes de l’économie car, selon le discours dominant, avec des échanges encore plus libres, moins de règlements, un État amaigri, etc., tout un chacun y gagnerait.
 
Or, l’expérience de près de vingt ans d’accords de libre-échange n’est pas reluisante : crise généralisée, taux de croissance anémiques, inégalités sociales accrues, dégradation de l’environnement, etc.
 
Une explication pédagogique du pourquoi et du comment des traités de libre-échange qui se multiplient.

Librairie du Quebec
 
L’auteur
Essayiste, enseignant, conférencier,Claude Vaillancourt est le présidentd’ATTAC-Québec.

« La façon la plus simple de désobéir à la finance, c’est de refuser de payer les dettes »

La dette ? Une construction sociale, fondatrice d’un pouvoir arbitraire, estime David Graeber, anthropologue et économiste états-unien, considéré par le New York Times comme l’un des intellectuels les plus influents actuellement. Les pays pauvres et les personnes endettées sont aujourd’hui enchainés aux systèmes de crédit. Piégés dans des relations basées sur la violence, les inégalités et justifiées par la morale, décrit l’auteur, dans un ouvrage qui retrace 5000 ans d’histoire de la dette. « Rembourser ses dettes » est devenu un dogme, impossible à contester. Et si, malgré tout, on décidait d’effacer l’ardoise ? Avec le mouvement Occupy Wall Street, David Graeber lance des actions de désobéissance civile pour démontrer l’absurdité du système capitaliste actuel.

Entretien avec David Graeber en pièce jointe.

Le mirage du gaz de schiste

Le livre "Le mirage du gaz de schiste" est publié aux éditions Max Milo . Ce livre nous propose une étude inédite sur les conséquences qu'aurait l'ouverture législative aux gaz de schiste aux gaz de schiste en France.  Thomas Porcher et docteur en économie et professeur en marché des matières premières à l'ESG-MS et chargé de cours en économie internationale à l'université Paris Descartes.

Depuis que la France a refusé l’exploitation du gaz de schiste, les lobbies pro gaz de schiste ont orienté le débat sur les gains économiques qu’engendrerait l’exploitation. A force de marteler des arguments comme les créations d’emplois, la baisse de la facture de gaz ou l’indépendance énergétique, beaucoup de politiques et de citoyens se sont laissés séduire par le soi-disant potentiel économique du gaz de schiste. C’est d’ailleurs ce que révèle le dernier sondage où les français ont été plus sensibles au potentiel économique du gaz de schiste. Or, beaucoup d’arguments des lobbies pro-exploitation sont en réalité des contre-vérités. L’objectif de mon livre est de fournir une information plus juste au citoyen en lui montrant comment les arguments des lobbies sont attaquables.

La violence des riches

Qui sont les riches aujourd’hui ? Quel impact ont-ils sur la société française ? Pour la sociologue Monique Pinçon-Charlot, les riches font subir au reste de la société une violence inouïe. Une violence banalisée grâce à un renversement du langage : les riches seraient des victimes, menacées par l’avidité du peuple. Elle dénonce un processus de déshumanisation, une logique de prédation, une caste qui casse le reste de la société. Et invite à organiser une « vigilance oligarchique » : montrer aux puissants que leur pouvoir n’est pas éternel.

http://www.bastamag.net/article3432.html#nb2

Retraites : l'heure de vérité

Depuis 1993, les « réformes » du système de retraites se suivent… et se ressemblent, le gouvernement voulant maintenant remettre en cause le droit à la retraite à 60 ans. Face à l’augmentation du nombre de retraités, il s’agit fondamentalement de baisser le montant des pensions. La paupérisation des retraités est programmée. Le système par répartition basée sur la solidarité entre les générations est ainsi petit à petit vidé de son contenu. Si l’objectif de le remplacer par un système par capitalisation a pris du plomb dans l’aile avec la succession de crises financières, il n’est cependant pas abandonné. Des « réformes systémiques » du système par répartition sont, de plus, envisagées qui en transformeraient la logique avec l’instauration d’un régime à points ou à « comptes ». D’autres solutions existent pourtant, comme ce livre le montre, à condition de lever plusieurs tabous. Elles supposent un nouveau partage de la richesse produite en s’attaquant aux revenus financiers, ce qui est possible par l’augmentation des cotisations. Elles supposent aussi un partage de l’emploi en cessant de focaliser sur l’augmentation de l’emploi des seniors, pour viser à réduire le chômage, notamment celui des jeunes, et à améliorer le taux d’emploi des femmes en même temps que leurs conditions d’emploi. Selon un sondage Ifop du 13 février, «six Français sur dix se prononcent contre le recul de l’âge de départ à la retraite au-delà de 60 ans. Et plus d’un sur deux est opposé à l’allongement de la durée de cotisation» (Le Monde).

Modèle allemand une imposture

Le modèle AllemandLe modèle allemand, voilà le salut. Une chronique quasi continue nous invite à nous plier à ses normes. Des « coûts salariaux » en diminution qui favorisent la compétitivité, des finances publiques à l'équilibre, le consensus des partenaires sociaux sur les orientations des directions d'entreprises. Nous n'aurions d'autre choix que de nous conformer à cette ligne ou de continuer à nous enfoncer toujours plus dans la crise. Et Angela Merkel ne ferait qu'assumer la « responsabilité de son leadership » en imposant le traité budgétaire et des règles de gouvernance rigoureuses aux pays les plus en difficulté. Une « aide » forcément assortie de conditions drastiques. Et si ce modèle-là était une imposture ? L'Allemagne a atteint un tournant. Elle est rattrapée en ce moment même par la crise. Une stagnation est programmée au mieux pour 2013 (+ 0,5 % de croissance selon les prévisions les plus optimistes). Les réformes anti-sociales lancées au début de la décennie 2000 par le chancelier Gerhard Schröder, poursuivie par Angela Merkel, engendrent une précarité massive qui étouffent la demande intérieure. Et l'austérité budgétaire imposée aux partenaires européens contracte les débouchés des firmes à l'export. Des phénomènes inconnus, il n'y a pas si longtemps dans l'ex-Allemagne de l'ouest, identifiée au capitalisme rhénan, prennent une extension considérable. Comme les travailleurs pauvres ou la misère des seniors après le démantèlement partiel du système de retraite par répartition. La crise démographique s'étend. Les coûts de l'énergie explosent. Tous les signaux passent au rouge. Le livre montre combien les démontages sociaux et les restructurations engagées depuis 20 ans torpillent les acquis d'une Allemagne dont les performances industrielles étaient pourtant associées à l'État providence le plus « protecteur », aux revenus salariaux les plus élevés d'Europe occidentale. Le modèle, si désiré des messagers de l'orthodoxie économique, est un poison pour l'Europe et pour... l'Allemagne.

Une Histoire populaire des Etats-Unis de 1492 a nos jours

Histoire des USAUne histoire qui dénonce les « omissions » de l'histoire officielle de l'Amérique.

Cette histoire des Etats-Unis présente le point de vue de ceux dont les manuels d'histoire parlent habituellement peu. L'auteur confronte avec minutie la version officielle et héroïque (de Christophe Colomb à George Walker Bush) aux témoignages des acteurs les plus modestes. Les Indiens, les esclaves en fuite, les soldats déserteurs, les jeunes ouvrières du textile, les syndicalistes, les GI du Vietnam, les activistes des années 1980-1990, tous, jusqu'aux victimes contemporaines de la politique intérieure et étrangère américaine, viennent ainsi battre en brèche la conception unanimiste de l'histoire officielle.

La synthèse que constitue cette histoire populaire s’appuie sur les recherches hétérodoxes accomplis depuis les années 1970 sur l’esclavage, sur la période révolutionnaire, sur la formation du capitalisme d’État, sur l’expansion territoriale – que l’on connaît sous le nom poétique de "conquête de l’Ouest" mais qu’il convient de voir comme la première étape de l’impérialisme américain. Une synthèse qui exprime clairement le point de vue – habituellement occulté – de l’opprimé, que l’histoire officielle traite en figurant : l’Indien, le Noir, le Chicano, le Portoricain, le simple soldat, le prisonnier politique, le gréviste, le sans-travail et la femme. »

L'argent sans foi ni loi

argent sans foii ni loiAprès leur édifiante dissection du fonctionnement de l'oligarchie française, les auteurs du Président des riches (La Découverte, 2010) abordent dans ce dialogue la question de fond : l'argent est-il devenu la valeur ultime, voire la seule finalité existentielle ?

Sociologues, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot analysent l'avènement de l'argent virtuel, dérégulé, coupé du corps social, et la mise en scène de la richesse.

Il y a plus d'un siècle, une guerre symbolique visant à atteindre l'universel s'est instaurée entre les religions et la monnaie. Aujourd'hui, ils constatent que l'argent a gagné cette guerre, qu'il a désormais atteint l'universel.

LE DROIT DE SAVOIR

S’agissant des affaires publiques, la publicité doit être la règle et le secret l’exception. Rendre public ce qui est d’intérêt public est toujours légitime. Tout document qui concerne le sort des peuples, des nations et des sociétés mérite d’être connu de tous afin que chacun puisse juger sur pièces, choisir pour agir, influer sur la politique des gouvernements. Si, en démocratie, le peuple est souverain, alors la politique menée en son nom ne saurait être l’apanage d’experts et de spécialistes, d’élites et de professionnels, seuls destinataires des informations légitimes, et agissant comme des propriétaires privés d’un bien public. Preuve en est la diabolisation par les puissants de la « transparence » notamment revendiquée par Mediapart, comme si le journal réclamait un droit inquisitorial à percer les secrets alors que, au contraire, ses curiosités n’ont jamais porté que sur des sujets d’intérêt public (Karachi, Bettencourt, Kadhafi…). Ce livre entend démontrer l’utilité de ce droit de savoir comme accélérateur de la prise en main de leur destinée par les peuples, alors que la crise en cours ne cesse de les en déposséder. Tandis que l’opacité et le secret protègent la corruption et l’injustice et que des murailles, y compris inconscientes, se dressent devant le légitime droit de savoir dès que les journalistes l’illustrent par des curiosités dérangeantes, l’information se révèle toujours un appel à la liberté. Fondé sur l’expérience de Mediapart, Le Droit de savoir recense les obstacles qui se sont dressés en travers de son chemin pour empêcher l’information et les enquêtes ; le livre revient sur les filatures, les écoutes, les campagnes de diffamation, les plaintes de l’ancien gouvernement. Il analyse aussi les conséquences de ses révélations et les débats publics qu’elles ont provoqués. Surtout, à l’heure de la révolution numérique, cet ouvrage constitue un plaidoyer pour une nouvelle loi fondamentale sur la liberté de l’information. Un droit qu’il faut étendre, consolider et renforcer.

La richesse, la valeur et l'inestimable

Ce livre propose une critique sociale et écologique de l’économie capitaliste contemporaine en effectuant un retour sur l’économie politique, d’Aristote à Smith et Ricardo, et sur sa critique radicale accomplie par Marx : le travail est le seul créateur de valeur économique, et cette valeur acquiert une reconnaissance sociale à travers l’échange monétaire, que celui-ci soit marchand ou non marchand. Il s’ensuit que le travail effectué dans les services collectifs non marchands est éminemment productif, définissant un premier champ de la richesse autre que marchande. Mais ce dernier n’est pas le seul : s’ajoutent aussi celui des richesses naturelles et celui qui concerne toutes les formes non monétaires de la socialité.

Cette fois, en finir avec la démocratie.

cettefoisUne dizaine d’experts triés sur le volet par des commanditaires anonymes, mais ne faisant pas mystère de leur influence sur les affaires du monde, sont réunis dans une luxueuse villa sur les hauteurs du lac de Lugano, en Suisse. Ils ont pour mission de rédiger un rapport qui doit lui-même rester secret. Pour la plupart, on leur avait déjà demandé, il y a une dizaine d’années, d’écrire ce que la postérité a retenu sous le nom de Rapport Lugano.

Cette fois, la question à laquelle leur travail doit répondre est celle-ci : « Vivons-nous un enchaînement inévitable de crise, déclin et chute finale du monde occidental tel que nous l’avons connu, ou la gestation d’une “renaissance” du système capitaliste, qui en sortira renforcé ? Que pouvons-nous faire pour encourager cette renaissance ? »

La discrétion imposée aux experts leur autorise une franchise totale, car leurs propositions, si elles venaient à être connues, ne seraient pas du goût de tout le monde. Selon eux, il est en effet grand temps d’en finir, entre autres perspectives, avec la démocratie.

Les experts croient savoir comment procéder pour assurer le triomphe du capitalisme occidental : ce Rapport Lugano II est leur réponse. Elle est vertigineuse.


L'esprit de Philadelphie : La justice sociale face au marché total

Les propagandes visant à faire passer le cours pris par la globalisation économique pour un fait de nature, s'imposant sans discussion possible à l'humanité entière, semblent avoir recouvert jusqu'au souvenir des leçons sociales qui avaient été tirées de l'expérience des deux guerres mondiales. La foi dans l'infaillibilité des marchés a remplacé la volonté de faire régner un peu de justice dans la production et la répartition des richesses à l'échelle du monde, condamnant à la paupérisation, la migration, l'exclusion ou la violence la foule immense des perdants du nouvel ordre économique mondial. La faillite actuelle de ce système incite à remettre à jour l'oeuvre normative de la fin de la guerre, que la dogmatique ultralibérale s'est employée à faire disparaître. Ce livre invite à renouer avec l'esprit de la Déclaration de Philadelphie de 1944, pour dissiper le mirage du Marché total et tracer les voies nouvelles de la Justice sociale.
 
Alain Supiot est actuellement directeur de l'Institut d'études avancées de Nantes. Professeur de droit, il est membre de l'Institut universitaire de France.
 

 

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