ATTAC 91

Deux vaches néolibérales tricotent dans un arbre

dimanche 29 mars 2015 par Comité Centre Essonne

L’été dernier, j’ai entendu l’éditorialiste Alain Duhamel à l’occasion de la publication d’un de ses livres. Il a dit (à peu près) : "Dans le contexte actuel de mondialisation, il est anachronique, vain et contre-productif que certains se réclament encore du CNR (Conseil National de la Résistance) et de son programme de 1944". Il me semble qu’il a raison.
Que faire alors pour argumenter contre ces raisonnements, libéraux certes, mais justes ?
Il faut procéder en 2 temps :

  1. abonder dans le sens du libéral en forçant le trait pour arriver très vite aux conséquences catastrophiques : la mondialisation, le libre-échange, la concurrence de tous contre tous, l’accroissement des inégalités, l’affaiblissement de l’État, la partition du territoire en citadelles et bantoustans, la fin des Services Publics, de la protection sociale, l’exacerbation des inégalités, la fin de la République, la catastrophe écologique, l’extermination sociale des plus pauvres (ça commence par le déremboursement mais ça peut aller beaucoup plus loin...), etc.
  2. une fois qu’on a bien pourri l’ambiance de la mondialisation heureuse, il faut remettre en cause ce qui doit l’être, c’est à dire non pas le raisonnement qui est juste ("dans le cadre de la mondialisation, le CNR est obsolète") mais ses prémisses, c’est à dire le cadre de la mondialisation : si on démondialise c’est à dire si on met des obstacles au commerce et à la circulation des capitaux, un peu de protectionnisme donc, si on casse l’Union Européenne telle qu’elle est, si on recouvre la souveraineté populaire, un peu de souverainisme donc... le CNR est toujours d’actualité...

Plus généralement, la rhétorique néo-libérale ressemble toujours à ça : le cadre présenté comme une évidence qu’on ne discute pas, le raisonnement et la conclusion. Il ne faut jamais attaquer le raisonnement et la conclusion parce qu’on perd toujours, fût-on économiste, mais il faut toujours remettre en cause le cadre.
(pour prouver qu’on peut construire un raisonnement juste sur des prémisses fausses, écoutez donc cette histoire : Deux vaches tricotent dans un arbre. Elles voient passer un éléphant qui volette, puis un autre dans l’autre sens, puis un troisième... L’une dit alors à l’autre : "il doit y avoir un nid...")


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