Note de lecture mai 2011 - La France est-elle finie - Jean-Pierre Chevènement

mardi 10 mai 2011
par  Jean-Paul Allétru
popularité : 22%

La France est-elle finie ?

Jean-Pierre Chevènement

Ed. Fayard

Notes de lecture de XYZ

Ce livre peut être lu comme composé de deux parties :

- la première, comme un livre d’histoire sur ces 40 dernières années, par un acteur qui les a vécues aux premiers rangs. A ce titre c’est une contribution tout à fait essentielle, voire indispensable, à la compréhension du monde contemporain.

- la seconde, comme un point de vue, et des propositions d’actions, avec lesquelles on n’est pas obligé d’être d’accord, avec lesquelles on peut même être en désaccord total, mais dont la discussion éclaire la première partie, et ne peut que consolider notre propre opinion sur les actions à entreprendre, ici et maintenant.

La France dont JPC se demande si elle est « finie » (morte) est celle de 1789 : la République. Elle a trouvé sa limite à Trafalgar (prééminence du monde anglo-saxon sur les mers, vecteur de la globalisation), elle a failli disparaître en juin 1940 (et le meilleur livre pour comprendre cet épisode est sans doute « L’étrange défaite » de Marc Bloch), pour finir par se rendre sans combattre et se dissoudre dans une Europe ultralibérale, contraire à ses aspirations. C’est sur ce dernier point que porte l’essentiel du livre. La France sortirait de l’Histoire, non parce qu’elle ne représente plus que 1% de l’humanité, mais par absence de volonté de vivre. Le traité de Maastricht serait une réplique de la capitulation de juin 1940, comme une résurgence du pétainisme.

Le postulat qui soutient toute son argumentation, et qui ne fera pas l’unanimité, est que l’État Nation, tel qu’inventé par la Révolution Française, est le niveau d’agrégation des groupes humains le plus pertinent pour agir sur l’histoire, voire le seul possible. Le peuple votant ses lois, et élisant ses représentants, serait la seule légitimité. Toutes les autres constructions ne peuvent qu’en procéder par délégation. Ainsi l’Europe, qui ne serait pas une Europe des nations européennes, ne serait qu’une construction contre nature, résultat de l’usurpation du pouvoir par des technocrates irresponsables. Ainsi toutes sortes d’instances supranationales : FMI, OMC… qui mènent l’humanité en troupeaux compacts comme à l’abattoir. Non seulement la France doit se ressaisir, mais elle doit le faire pour porter au monde, par son exemple, le message universaliste de la primauté de l’Etat-Nation, libre et responsable.

On voit qu’il faudrait pas mal nager à contre-courant. Mais peut être qu’une période de crise profonde, telle la notre, est propice à de tels changements de cap. En tout cas, un des obstacles les plus sérieux à surmonter est sans doute cette fameuse « haine de soi » française, qui n’est pas totalement élucidée dans ce livre.
L’universalisme de Montaigne disant : « Je suis homme en général et français par accident » ne devrait pas se pervertir en rejet de la Nation qui permet cette largeur de vue, sauf à viser derrière la Nation particulière le nationalisme en général, cause admise des maux du XXème siècle, voire (pour une certaine génération et une certaine classe) lui transférer la honte de s’être couché devant Hitler pour lui laisser les mains libres face aux rouges.

Chapitre I - 1971-1983 : La gauche perd la bataille qu’elle n’a pas livrée.

Ce chapitre explique un des points les plus obscurs de l’histoire française contemporaine : pourquoi l’arrivée de la gauche au pouvoir en mai 1981 (l’élection de François Mitterrand) n’a pas été le couronnement des....

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