Note de lecture n°10 - Hubert Krivine - La terre, des mythes au savoir

lundi 31 octobre 2011
par  Jean-Paul Allétru
popularité : 20%

Hubert Krivine
Ed. Cassini
296 pages, 26 €
(notes de lecture de J-P Allétru)

La Terre a 4,5milliards d’années. La Terre tourne sur elle-même, et tourne autour du Soleil. Nous le croyons, ou nous le savons ? Nous le savons, nous dit Hubert Krivine.
En ce XXI e siècle, qui voit une croissance inattendue de l’emprise du religieux et de l’irrationnel, Hubert Krivine a choisi les exemples de l’âge de la Terre, et de son mouvement, pour montrer avec quels tâtonnements, et en surmontant quelles résistances, la connaissance scientifique s’est construite, au fil des siècles. En quoi la science se distingue-t-elle d’une croyance ?

Ces notes de lecture reprennent de façon très résumée le fil conducteur. Les lecteurs intéressés par ces quelques notes liront, comme moi, l’ouvrage d’Hubert Krivine avec le plus grand intérêt.
Le livre comporte la présentation des calculs, mais ceux-ci sont reportés dans des annexes, et on peut, même si on ne les lit pas, suivre les différentes étapes de la construction scientifique.

L’âge de la Terre.

Aristote (- 384, -322) pensait que la Terre avait toujours existé.

Pendant des siècles, ce fut le récit de la Bible (ou du Coran) qui s’imposa : la Terre s’est séparée du ciel, l’Homme est apparu, il y eut un Déluge déclenché par les dieux pour punir l’humanité, un homme en réchappa, ayant pu construire une arche pour sa famille et les animaux (ces mythes étaient déjà présents dans les tablettes babyloniennes du XIII e siècle avant J-C).

C’est ainsi, en s’appuyant sur la chronologie détaillée des premières générations donnée par la Bible, considérée comme un livre d’histoire, que Kepler (1596), puis Newton un siècle plus tard, situent la naissance du monde à près de 4000 ans avant J-C.

Il y eut cependant quelques interrogations : ni les Chinois (qui tenaient pourtant une chronologie détaillée de leurs dynasties) ni les Egyptiens (déchiffrés par Champollion) ne faisaient mention du Déluge…

A partir du XVIII e siècle, plusieurs savants ont des doutes, et leurs raisonnements les amènent à un âge de la Terre bien supérieur aux quelque 6000 ans auxquels conduisait une lecture trop littérale de la Bible : les temps de stratification et d’érosion, nécessairement très longs, le temps nécessaire pour r.............
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Courrier des lecteurs :

C. B. : Merci pour cette note très intéressante.

JCM : Le déluge a probablement réellement eu lieu : l’ouverture du Bosphore a provoqué une irruption brutale des eaux de la Méditerranée dans la mer Noire alors basse. Cette montée brutale des eaux a frappé les observateurs d’alors, qui en ont perpétué le souvenir dans ce qui allait devenir un mythe local (inconnu donc des Chinois, des Aborigènes australiens ...).
Il aurait été utile de conclure en montrant que la science en marche pose toujours davantage de questions : ainsi on se demande si la matière observée ne représenterait pas seulement 4% de la masse de l’Univers, s’il n’existe pas une infinité d’univers parallèle au nôtre, pourquoi les constantes de la nature (comme la vitesse de la lumière) sont ajustées avec une telle précision que si elles avaient été tant soit peu différentes (une précision de 40 décimales) nous ne serions pas là pour en parler, bref qu’on est plongé dans un abîme de perplexité bien plus fatiguant que de se reposer sur le premier dogme proposé.
La période est propice aux interrogations. La période de certitudes inébranlables de la fin du XXème siècle (un peu analogue à celle de la fin du XIX ème, antérieure aux "bizarreries" de la non additivité de la vitesse de la lumière et du problème du rayonnement du corps noir), reposant sur le couple (fâché) Relativité Générale plus Mécanique Quantique, est révolue avec l’accumulation de phénomènes étranges, comme l’accélération de l’expansion de l’Univers. D’où la floraison d’explications malheureusement invérifiables par l’expérience (énergie sombre etc ...). D’où un peu de modestie (des savants) et un retour de la terreur sacrée (des philosophes) devant l’insondable mystère...
Finalement ce sont les meilleurs "story tellers" qui tiennent pour un temps le haut du pavé : la Bible, Aristote, Copernic ...
"Patience dans l’azur" d’Hubert Rives (basé sur le Big-bang) se lit comme un merveilleux conte de fée. Le problème est qu’en s’éloignant trop des expériences de la vie courante on ne sait plus à quoi se tenir, une question comme : "qu’y avait-il avant le big-bang" a-t-elle un sens ? Finalement la Science tient le coup parce que ses meilleurs adeptes disent : "je sais que je ne sais rien" alors que les dogmes tombent les uns après les autres, comme feuilles d’automne, parce qu’ils osent dire : "voici l’ultime vérité".
Reste que la Techno-Science a mauvaise presse, suite à des accidents comme Tchernobyl, il y a des gens pour s’alarmer que l’accélérateur du CERN puisse créer un trou noir qui va avaler la Terre. D’ici à ce qu’un retour de l’obscurantisme interdise la recherche fondamentale, il ne faudrait pas grand chose... ce qui serait le signe indéniable d’une période de décadence.


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