Ecologie et réchauffement climatique : texte de l’intervention de Fabrice flipo à l’occasion du débat public de l’assemblée générale d’ Attac92 à Malakoff, le 1er juin 2012

, par  attac92
Ecologie et réchauffement climatique


conférence débat, à l’occasion de l’assemblée générale d’ Attac92 à Malakoff, le 1er juin 2012.

Exposé introductif de Fabrice Flipo, membre du conseil Scientifique d’Attac, maître de conférences en philosophie, chercheur au groupe ETOS ( éthique, technologie, organisations, société)

Le changement climatique

Dès la fin du XIXe siècle, certains précurseurs avaient compris que les gaz à effet de serre pourraient avoir des conséquences néfastes sur le climat.
Les gaz à effet de serre ralentissent le rayonnement infra-rouge. Ils ne représentent que 0,03 % de l’atmosphère, et pourtant grâce à eux, la température moyenne à la surface du globe est de + 15 °C, au lieu de -18°C.
Vers 1950-1960, on constate que la concentration en CO2 augmente (à cause de l’usage des combustibles fossiles).
En 1980, un débat scientifique s’instaure : faut-il agir dès maintenant ?
En 1992, une convention est signée par 200 Etats, qui s’engagent à mettre en œuvre toutes mesures nécessaires pour ne pas déstabiliser le climat. Le Groupe Intergouvernenental d’Etude sur le Climat (GIEC), instance d’expertise (et non scientifique ), est chargée de présenter la question et les enjeux. Ses rapports sont votés par les Etats .
Il ya bien sûr des « climato-sceptiques » : ces personnes isolées ne représentent qu’elles-mêmes.
Si on brûle toutes les réserves fossiles, la température moyenne pourra passer à 20°C, 21°C, 22°C.
C’est grave. Cela ne s’est jamais vu dans le passé.
5°C ou 6 °C de moins, c’est la glaciation, la banquise vient jusqu’à Brest, le Sahara est verdoyant.
Les changements climatiques s’étalaient, dans le passé, sur plusieurs dizaines de millénaires ; là, le changement se fera en un siècle. Le principe de précaution nous oblige à agir.
La plupart des Etats du monde sont convaincus, surtout ceux du Sud. Ils émettent très peu de gaz à effet de serre, et ils sont les plus menacés par le changement.
Les négociations internationales sont bloquées. Entre le Nord et le Sud, chacun demande à l’autre de faire le premier pas. La responsabilité historique incombe depuis 150 ans aux pays industrialisés.
Le phénomène est cumulatif. 7 milliards de tonnes de gaz à effet de serre sont émis chaque année, la biosphère en absorbe 3. Aujourd’hui, la Chine est le premier émetteur mondial en valeur absolue (mais pas si on le rapporte au nombre d’habitants). Contrairement à une idée reçue, l’Allemagne réduit ses émissions.

Comment réduire les émissions de GES ?

Le premier poste de consommation d’énergie en France est l’habitat et le tertiaire
On peut faire des bâtiments à énergie positive (qui créent de l’énergie), grâce à l’isolation (pour chauffer mes 45 m2, je ne consomme pour tout l’hiver que 100 € de sciure compressée, nous dit Fabrice Flipo, grâce au double vitrage et à un isolement de 35 cm de laine de verre dans les combles).
Pour les transports (2ème poste), on peut certes réduire la consommation unitaire des véhicules (actuellement 5,5 litres/100 km), mais surtout recourir aux transports en commun, et moins utiliser les transports (urbanisme).
L’industrie est en troisième position seulement (mais il faudrait prendre en compte les émissions de GES que nous avons délocalisées, notamment en Chine). On peut réduire l’usage des produits industriels, relocaliser la production (en particulier pour l’alimentation).
Le scénario Négawatt montre que, d’ici 2050, avec des techniques qui existent, on peut réduire notre consommation énergétique de 50 %, nos émissions de GES de 70 %, et cela, en sortant du nucléaire.
En Allemagne, ils ont atteint par moment les 100 % d’énergies renouvelables.
Combien ça coûte ? Ça va couter cher ! De toute façon. Le pétrole est en voie d’épuisement. Le nucléaire ne fait qu’augmenter : il est à 80 € le kWh (l’éolien, à 60 €, le solaire, à 100 €).
Où doit-on investir ? Energies renouvelables, ou nucléaire et énergies fossiles ?
Il faut aller vers la sobriété.
Comment sont construits les besoins ? Dans les années 1990, aviez-vous besoin d’un téléphone portable ? Et aujourd’hui, pourriez-vous vous en passer ? On est passé du non-besoin à l’obligation.
La fabrication de nos besoins est manipulée par le système capitaliste. Il isole les consommateurs, et les séduit. Il faut être « à la pointe de la technique ».

Quel est le coût social de la transition ?

Les énergies renouvelables génèrent plus d’emplois que le pétrole.
La sobriété rend superflu un certain pouvoir d’achat.
Personne n’entend parler du débat sur la transition énergétique .
Remplacer les centrales nucléaires par l’énergie photovoltaïque, ce serait à la limite possible, en recouvrant tous les toits en France.
Mais il faut surtout réduire la consommation.
Quels sont les vrais besoins ?

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