Angle d’ATTAC 92, décembre 2013, numéro 71 : 15 ans d’ATTAC : les thèses ne sont plus contestées, mais aucune mesure politique ne vise à les mettre en œuvre

, par  attac92













Au sommaire de ce numéro

  • Retraite des femmes Catherine Bloch-London
  • Trop de technocrates dans les cabinets ? par Jean-Louis Michniak
  • Fralib, par Jean-Pierre Miotto
  • L’Ile de la Réunion, par Pierre Colas
  • Pour l’écotaxe, Michel Monjaux
  • Manif anti-raciste, Adda Bakkouche
  • Agenda et Organisation d’ATTAC 92




    15 ans d’ATTAC :


    les thèses ne sont plus contestées,


    mais aucune mesure politique ne vise à les mettre en œuvre !


    par Thomas Coutrot, (extraits de l’entretien publié dans Politis du 7 novembre)




    L’objet qui a présidé à la fondation d’Attac est plus que jamais d’actualité puisque la domination de la sphère financière n’a jamais été aussi totale. Attac n’a pas permis pour l’instant d’inverser cette tendance, mais il y a eu des victoires idéologiques majeures, avec un travail d’éducation populaire important, puisque la critique de la financiarisation est très largement diffusée dans la société. Même la taxe Tobin, projet porté par Attac, est devenue une référence dans le débat public. Pour autant, on ne peut pas parler de victoire politique, puisqu’on assiste à un renforcement du pouvoir de la sphère financière.

Concernant l’organisation elle-même, Attac a connu un développement rapide avec un sommet en 2003 avec 30 000 adhérents, puis une crise interne en 2006 avec une perte de plus de la moitié de ceux-ci. Depuis, nous nous maintenons avec un niveau d’environ 10 000 adhérents. Attac reste implantée sur tout le territoire et œuvre à la création de liens entre les différents mouvements : syndicaux, associatifs, etc. Nous travaillons à faciliter les convergences entre les différentes composantes du mouvement social. Et il y a une dynamique continue dans le mouvement altermondialiste.

Certes, il y a un essoufflement des forums sociaux en Europe, et on peut même dire une disparition au niveau européen, due à la difficulté de faire face à la crise de l’Union européenne et à adopter une réponse commune. Disparition à laquelle nous essayons de parer en construisant des réseaux européens. En revanche, au niveau international, ces forums sont plus actifs que jamais avec des mouvements en Asie, en Afrique, en Amérique latine… Même aux Etats-Unis, puisqu’un forum social doit s’y tenir l’an prochain.

Attac est une organisation politique non partidaire. Nous faisons de la politique au sens où Attac intervient dans le débat citoyen pour renforcer le pouvoir d’agir des citoyens, y compris dans la sphère politique, et non pour entrer en compétition afin de s’approprier le pouvoir étatique. Les mouvements des révolutions arabes ou des Indignés posent la question du pouvoir d’agir des citoyens face à une classe politique qui les ignore, ne les représente plus et travaille pour d’autres intérêts que ceux des électeurs. Cette crise démocratique est de plus en plus profonde et nous essayons de jouer un rôle de rassembleur des énergies. C’est donc faire de la politique, mais hors des appareils politiques.

Bien sûr, il y a une coopération avec la plupart des partis de gauche, par exemple sur la question de la défense des droits sociaux. Nous construisons ainsi une alliance sur la réforme des retraites qui est très importante. Nous avons des alliances ponctuelles avec des partis qui vont dans le même sens que nous. Mais nous sommes surtout une organisation du mouvement social, ancrée dans ce mouvement, et indépendante de toute structure politique.

Notre message est devenu banal puisque même Nicolas Sarkozy faisait des discours dont des passages entiers paraissaient recopiés de nos brochures, en particulier son discours de Toulon sur la crise financière et celui de Davos début 2010. Puis François Hollande a gagné sa campagne en ciblant la finance, en disant qu’elle était son « adversaire ». Ce qui est extraordinaire, et qui ne peut pas durer, c’est le décalage entre la victoire idéologique et l’absence totale de mesures réelles pour détrôner la finance et lui retirer son pouvoir de nuisance et de coercition sur la société. C’est une situation explosive sur le plan politique puisque le décalage est trop grand entre les discours et les actes des politiques.

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