Angle d’ATTAC 92, Hors-Série hiver 2013 : Mouvements sociaux et partis politiques à l’heure du néolibéralisme pourrissant

, par  attac92













Au sommaire de ce numéro

  • Retraite des femmes, par Catherine Bloch-London
  • Activité d’ATTAC
  • manifestation anti-raciste, par Adda Bakkouche
  • L’Île de la Réunion, par Pierre Colas
  • Pour l’écotaxe, par Michel Monjaux
  • Changer l’Europe
  • Annulons une partie de la dette, par JL Michniak
  • Comment je réussis
  • un texte signalé par S. Cransac
  • Il n’y a pas que le coût du travail, JL Michniak L Cordonnier
  • Organisation d’ATTAC 92 Bulletin d’adhésion




    Mouvements sociaux et partis politiques


    à l’heure du néolibéralisme pourrissant


    , par Thomas Coutrot




    Le néolibéralisme en crise est plus virulent que jamais. La crise du libéralisme amène celui-ci à se radicaliser. L’oligarchie politico-financière, désormais unifiée, mène une offensive tous azimuts. Les récents débats ou mobilisations –« pacte de compétitivité », réforme bancaire, ANI, évasion fiscale, retraites…- ont montré l’extrême difficulté pour un mouvement social dispersé de peser réellement. Personne ne peut se satisfaire de cette situation.
    Les prochaines échéances –budget, logement, santé, Unedic, accord transatlantique, négociations climatiques…- risquent de voir se recréer ce scénario.
    Le gouvernement se pliera sans états d’âme aux exigences de plus en plus draconiennes des marchés financiers, relayées par la commission européenne ; les coupes budgétaires continueront à sacrifier l’emploi, les solidarités sociales et les urgences écologiques ; les droits démocratiques et les libertés seront sous pression ; les capacités de résistance et d’innovation sociales seront mises à rude épreuve.
    Face aux dangers, l’unité est nécessaire. Le social-libéralisme échoue pitoyablement et la droite extrême menace. Le fatalisme et la résignation gagnent indiscutablement du terrain. Un espace de convergence entre les forces de transformation sociale et écologique est plus que jamais nécessaire pour rassembler les forces, stimuler les mobilisations de la société et recréer l’espoir. C’est la nature même du projet altermondialiste : favoriser les coopérations entre mouvements sociaux qui se heurtent tous au mur oligarchique et ne peuvent plus obtenir ni victoires partielles, ni compromis s’ils restent isolés dans leurs frontières nationales et dans leurs combats thématiques. Plus la crise sociale, écologique et démocratique s’aggrave, plus l’oligarchie se radicalise et plus ce projet est d’actualité. A condition d’actualiser sa réflexion sur ses rapports à la sphère du politique dans le contexte nouveau créé par la radicalisation néolibérale.
    Les mobilisations sociales butent sur la question du changement politique ... Les mobilisations sociales contre les politiques d’austérité, dans le cadre de la crise actuelle du capitalisme, soulèvent des questions d’un niveau très élevé. La dictature des marchés financiers imposée par le truchement de la dette publique n’est pas qu’une image. En Europe du Sud, des luttes sociales d’une ampleur et d’une durée extraordinaires n’ont pour l’instant pas réussi à faire fléchir les politiques d’austérité. Ces luttes posent donc clairement la question d’une rupture politique, dans une période historique où les représentants ont choisi de satisfaire les marchés financiers plutôt que leurs électeurs. Rupture non seulement en ce qui concerne le programme, mais aussi sur la pratique du pouvoir. Les mouvements sociaux doivent peser sur les programmes des partis politiques lors des consultations électorales. Mais surtout, ils devront imposer à la classe politique un changement des règles du jeu démocratique.
    … mais la politique elle-même doit changer. La rénovation profonde des fonctionnements d’organisation est aujourd’hui une exigence majeure : transparence des prises de décision, démocratie directe au sein des organisations, contrôle sur les élus, refus de l’autorité hiérarchique ou charismatique, autant de conditions nécessaires au rétablissement de la confiance envers les institutions politiques, y compris les partis se réclamant de la transformation sociale.
    Ni rassemblement derrière les partis ou leurs leaders charismatiques, ni refus des coopérations : les organisations du mouvement social doivent se confronter à celles du champ politique en préservant leur autonomie.
    Engager et accélérer la transition sociale et écologique suppose d’abord de s’appuyer sur les milliers de luttes et d’initiatives émanant de la société civile, pas d’attendre les lendemains électoraux qui chantent, même si les changements politiques sont nécessaires.

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