Notes de lecture n°24, septembre 2014 : "Les barons, ces élus locaux qui osent tout !" de Jean-Baptiste Forray

, par  attac92
















Notes de lecture 24, septembre 2014




Les « Notes de lecture » sont une publication apériodique.




"Les barons
Ces élus locaux qui osent tout !"


de Jean-Baptiste Forray


(Editions Flammarion Enquête, 330 pages, 19€)




(Notes de lecture de J-P Allétru)




C’est une galerie de portraits très vivants que nous propose Jean-Baptiste Forray. La comédie humaine, racontée avec talent, vue du côté des élus locaux. Les itinéraires de ces ambitieux que le scrupule n’étouffe pas.


Quelques exemples (si on peut dire …) : les Bompard, les Joissains, les Ceccaldi…


Après un long bail au FN et un bref passage par le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers, les époux Bompard ont fondé leur propre écurie, la Ligue du Sud, dans ce Vaucluse où une UMP très « Droite populaire » se met à la remorque d’un FN dopé par sa nouvelle égérie blonde, Marion Maréchal-Le Pen. Jacques Bompard avait fait ses armes à l’OAS, avant de rejoindre Occident, Ordre nouveau, et de participer à la fondation du Front national en 1972. Ces fortes convictions (« Tête haute, mains propres »), et son attachement au Cœur sacré de Jésus, ne l’ont pas retenu de succomber à la tentation de s’approprier, pour ses dépenses personnelles et celles de Madame, une bonne partie des 158 194 € de l’enveloppe des frais de représentation du maire d’Orange, entre 2001 et 2010 (si l’on en croit la chambre régionale des comptes de la Région PACA)…


« La revanche du clan Joissains » pourrait faire un scénario de film balzacien : Alain Joissains nait à Toulouse au dernier étage d’un immeuble occupé dans sa partie inférieure par une maison de tolérance. Son père est militant socialiste. Il s’engage à quinze ans comme mousse dans l’armée, et se porte volontaire, à dix-sept pour aller combattre en Algérie. Il se retrouve étudiant à la fac de droit de Toulon, où il rencontre Maryse, née dans les faubourgs de Toulon et élevée dans le culte de Staline, dont elle a pleuré la mort. Le couple « vit intensément » mai 1968. Le gourou de leurs jeunes années est Jean-Jacques Servan-Schreiber, ils adhèrent au parti radical. A Aix, Alain, proche de la franc-maçonnerie, se crée des réseaux ; et en 1978, à l’occasion d’une élection partielle, les Joissains s’emparent de la mairie…
Las, en 1983, Alain Joissains, le jeune maire, hussard de la droite provençale, est impliqué dans un trafic de fausses factures (il a fait construire la villa de son beau-père aux frais de la municipalité…) ; il doit se retirer, au profit de son bras droit, Jean-Pierre de Peretti della Rocca (qui tourne aussitôt le dos au couple) , et dire adieu à une réélection probable ; trois ans plus tard, il est condamné pour abus de biens sociaux ; son beau-père, vieux militant communiste, se suicide… De Peretti perd la mairie en 1989, au profit d’un socialiste.
Mais en 2001, portée par le désir de vengeance, à mi-chemin entre Eva Peron et les Borgia, Maryse, contre toute attente, réussit à se faire élire maire d’Aix. Alain est promu directeur de cabinet. Sophie, leur fille, connaît une ascension fulgurante : parachutée à la communauté d’agglomération du pays d’Aix présidée par sa mère, elle prend le poste de dircab’, se fait élire en 2008 au conseil municipal, puis au Sénat, à 38 ans.
Maryse se découvre des affinités avec les « valeurs » du FN, qui ne présente pas de liste contre elle.
Hélas les Joissains sont souvent fâchés avec le droit : la rémunération hors-norme d’Alain, devenu collaborateur de cabinet, est contestée en justice, les comptes des législatives de 2012 de Maryse ont été rejetés, l’élection municipale de 2008 a été annulée par le Conseil d’Etat…


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