Citoyen du monde à Montrouge n°119, octobre 2014 : Hollande doit changer de premier ministre ! (suite)

, par  attac92
















Citoyen du monde à Montrouge,


numéro 119, Octobre 2014




Hollande doit changer de premier ministre ! (suite)



François Hollande a manqué l’occasion d’appliquer la Constitution d’une façon moins présidentialiste, et de reconnaître ainsi un plus gros poids à la Chambre des députés : il n’aurait pas dû exercer vis-à-vis des députés « frondeurs » un chantage à la dissolution. En tant que chef de l’Etat, il aurait dû annoncer que si Vals n’obtenait pas le vote de confiance demandé, il chercherait un autre Premier ministre au sein de la majorité, capable de rassembler celle-ci.

Par ses atermoiements, ses reculs, son impréparation, son absence de convictions, Hollande s’est mis, et avec lui toute la gauche, et tout le pays, dans une mauvaise situation. Le plus probable est hélas qu’après son quinquennat raté, plus aucun obstacle ne s’oppose, pour des décennies, au pouvoir de l’oligarchie : nous aurons les apparences et les rites de la démocratie, mais l’essentiel se passera ailleurs. Les oligarques du monde auront gagné la partie à jamais, ne laissant aux peuples que le pain et les jeux du cirque….

Le projet de budget risque d’être retoqué par la Commission européenne, puisqu’elle en a désormais la prérogative. M. Djisselbloem, président de l’Eurogroupe, ne se contente pas d’exiger de notre pays qu’il fasse davantage d’économies, il veut que l’on liquide l’Etat providence.

Pour résister à cette sommation, il aurait fallu que Hollande et Vals puissent s’appuyer sur une « base sociale ». Il aurait fallu qu’ils puissent évoquer le legs historique de ce pays, et s’en réclamer. Au lieu de quoi, ils s’inscrivent dans la logique de M. Djisselbloem, ils relaient l’incroyable pression qui s’exerce sur notre peuple comme sur les autres peuples européens.

Quelle idée a eu François Hollande de nommer premier ministre celui qui n’avait recueilli que 5 % des votes au moment de la primaire ?

En faisant la politique de la droite, Hollande et Valls ont compté sur la mansuétude de celle-ci et sur celle du patronat : peine perdue ! Les leaders de droite font de la surenchère sur l’ultralibéralisme et l’austérité.

François Hollande ne peut espérer être réélu (le chômage ne va pas baisser sensiblement d’ici 2017). Le meilleur service qu’il puisse rendre à la gauche et à notre pays, c’est de prendre acte de la fausse route, de renouer avec le discours du Bourget (« mon ennemi, c’est la finance »), de changer de premier ministre en associant au gouvernement les Verts et le Front de gauche, et de laisser le gouvernement gouverner, en s’appuyant sur toute sa majorité parlementaire.

Le gouvernement aura pour mission de fixer un cap : reconquérir le pouvoir partout où il a été accaparé par les oligarques ; réhabiliter l’action publique ; défendre les services publics ; infléchir la politique européenne. Et aussi d’expliquer les obstacles, de prendre le peuple à témoin, de mobiliser les forces sociales…
Si, en 2017, les forces de gauche arrivent divisées, c’est la débâcle assurée, ouvrant la porte à on ne sait quelle aventure.
Pour éviter cette catastrophe annoncée, elles doivent ouvrir largement le débat, organiser des primaires (ouvertes à toutes les forces de gauche- en y incluant bien sûr les Verts) pour l’élection présidentielle, se structurer en une Fédération, se préparer à présenter aux élections législatives des candidats communs (choisis de façon à respecter à la proportionnelle la diversité des courants qui se seront confrontés lors des primaires).
Le temps est désormais compté.

La suite dans le document-joint.

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