Water Makes Money : l’eau, la nouvelle alchimie des multinationales ?

, par  attac92clamart , popularité : 18%


extrait de l’appel international à soutenir le projet de film Water makes money sur
http://www.watermakesmoney.org

La plupart des humains ne se rendent compte de la valeur d´une chose que lorsqu´elle leur manque : l´eau fait partie de ces choses.
Un être humain est constitué à 70% d´eau. Il lui faut refaire le plein sans cesse sinon c´est la mort au bout de 3 jours. C´est pourquoi l´eau, nourriture de base indispensable, a toujours été un bien public, géré publiquement. Jusqu´à aujourd´hui l´approvisionnement en eau dans le monde entier, est à 80% encore public. L´eau potable et l´assainissement sont toujours un monopole local. Nulle part au monde ne circulent dans les mêmes tuyaux, des eaux distinctes, de fournisseurs concurrents. Un marché est impensable. Qui privatise malgré tout ce service vital, remplace un monopole public par un monopole privé.
Pourtant c´est exactement ce qui se passe actuellement, partout dans le monde, au nom de la concurrence et du marché, lorsque des multinationales de l´eau comme Veolia et Suez, frappent à la porte de communes à court d´argent. Veolia, multinationale née en 2003, à la suite du plus important crash financier de l´histoire en France, celui de Vivendi Universal, - Veolia donc est présente dans au moins 69 pays sur les cinq continents et en cela le Nr.1 incontesté de la gestion privée de l´eau. En Allemagne, la multinationale française a réussi, par des participations dans les services des eaux de plus de 450 communes, à prendre la première place dans l´approvisionnement en eau potable et le traitement des eaux usées. Les multinationales françaises annoncent tous les jours de nouvelles conquêtes. Ils promettent l´efficacité, des financements avantageux et le développement durable. Cependant, chez eux, en France, on leur fait de moins en moins confiance….
 Le « modèle français ».


C´est précisément là où Veolia et Suez fournissent l´eau de 8 citoyens sur 10, que de nombreuses communes veulent se débarrasser des deux entreprises, l´opacité, la mauvaise qualité de l´eau, une augmentation continue des prix et l´abus de leur situation de monopole, voilà les reproches qu´on leur fait. Les communes ont du mal à contrôler si les prix facturés correspondent bien au travail effectué. Est-ce que les milliards de redevances payés pour la réparation des tuyaux ont bien été utilisés à cet effet ? L´argent de l´eau des communes françaises n´a-t-il pas financé l´expansion mondiale de Suez et de Veolia ?
À Paris, au cœur de leur pouvoir, les géants de l´eau ont déjà une plaie dangereuse. La capitale et plus de cent communes françaises ont décidé de reprendre le contrôle de ce service vital. À la fin de cette année Veolia et Suez devront faire leurs valises à Paris. La gestion de l´eau redeviendra communale.
 Un film « citoyen ».
Le film « Water makes money » veut informer sur cette évolution actuelle. Il veut montrer les leçons que Paris et d´autres communes françaises ont tiré de la domination de Veolia & Co et comment elles réussissent à reprendre l´eau en régie publique. Des exemples européens et américains complètent le film qui deviendra ainsi un cas d´école pour le monde entier. « Water makes money » donnera du courage : l´eau aux mains des citoyens/citoyennes c´est possible !!
« Water makes money » sera un film « citoyen » financé par ceux qui veulent le voir, le montrer, qui ont besoin de cette aide pour mieux comprendre. Le précédent film des cinéastes « Bahn unterm Hammer (film sur la DB allemande ) » montre combien un tel projet est éclairant et capable de mobiliser.
 
 Le fil conducteur.
Le Film „Water makes money" est centré sur le développement très actuel et symbolique déclenché par la décision de Paris et de plus de cent communes françaises de reprendre le contrôle de ce service vital. À la fin 2009, Veolia et Suez devront faire leurs valises à Paris. Le film montrera ce que Paris et d´autres communes françaises ont appris quand à la dépendance de structures monopolistiques et comment ils arrivent à reprendre l´eau en régie publique contre le pouvoir énorme des multinationales. Les exemples de Braunschweig, Berlin, de la centrale Européenne à Bruxelles et d´autres pays européens seront complétés par des exemples en Afrique et en Amérique.


 L`esthétique et la dramaturgie du film.
Par les multiples aspects de l´immense pouvoir que donne à Veolia et Suez leur position de monopole et vu les conséquences que cela a pour notre élixir de vie, notre alimentation en eau, le film est conçu comme une sorte de policier. Il fait pénétrer le spectateur au cœur du destin d´ »Eau de Paris » et lui fait vivre la dramatique séparation entre la capitale et les multinationales. L´enquête poursuit un cas de prétendu « détournement criminel de biens publics » et l´essai audacieux de retour au domaine public. De quel droit et avec quels arguments les politiques ont-ils dans le passé remis l´approvisionnement en eau aux mains d´un monopole privé ? Où sont les preuves irréfutables des abus de ce monopole, capables de persuader même les jurés les plus partiaux ?
Comment Anne Le Strat peut-elle éviter les multiples pièges la guettant aux abords de la voie étroite conduisant au retour en régie municipale de « Eau de Paris » ? Ces pièges que sont la technique, les normes, la puissance des médias et les multiples bataillons des multinationales.
D´ « innocents » hommes en complets sont d´un côté du tourniquet des hommes politiques et de l´autre les représentants d´entreprises parlant de « développement durable, de responsabilité, d´efficacité et d´emplois sûrs »
Les recherches nous conduisent de Paris, en Ile de France, à Toulouse, Braunschweig, Berlin, Bucarest, Casablanca et partout dans le monde de Veolia, d´où parviennent des renseignements utilisables devant tribunal.
Nous apprenons des faits incroyables, incompréhensibles, les destins de ceux qui sont concernés et de nombreux exemples comme autant de petites leçons. Nous apprenons les mobiles, les arguments, les points de vue de partisans et d´adversaires de ces multinationales toujours prêtes à acheter. C´est une affaire qui n´est pas aussi aride qu´il y paraît. L´eau, élixir de vie, accompagne, lie et découpe les épisodes du film.


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