dépêche de l’AFP : Ile-de-France : les élus maintiennent la gestion de l’eau au secteur privé

, par  attac92clamart , popularité : 17%

la dépêche de l’AFP ((c)AFP / 11 décembre 2008 17h10) :

Ile-de-France : les élus maintiennent la gestion de l’eau au secteur privé


CHOISY-LE-ROY (Val-de-Marne) - Les élus du Syndicat des eaux d’Ile-de-France (Sedif) ont voté jeudi en faveur du maintien au secteur privé de la gestion du plus gros service d’eau potable en Europe, par 88 voix contre 54, a constaté un journaliste de l’AFP.
Ce vote, effectué à bulletins secrets, entérine la poursuite de la délégation de service public (DSP), confiée depuis 1923 au groupe Veolia (alors Générale des Eaux), et rejette de fait la constitution d’une régie publique qui avait notamment les faveurs d’élus de gauche.
Le débat public précédant le vote a souvent viré à la passe d’armes : les partisans de la motion ont fustigé le "recours à des méthodes altermondialistes" de la part des partisans de la régie publique, qui ont, eux, accusé Veolia d’"être obnubilé par la soif de rentabilité".
Signé en 1962 pour un montant de 317 millions d’euros, le dernier contrat confié à Veolia expire fin 2010 et se trouve au centre de critiques d’associations et d’élus de gauche qui dénoncent régulièrement "une surfacturation" de l’eau francilienne, UFC-Que Choisir l’ayant évaluée à 90 millions d’euros par an.
Une étude commandée par le Sedif lui-même montre pour sa part que des économies de 35 à 42,5 millions d’euros par an pourraient être réalisées en rénovant le mode de gestion actuel.
Le débat a pris de l’ampleur depuis la décision fin novembre de la ville de Paris de remunicipaliser la distribution de l’eau dans la capitale.
A l’issue du vote, le président (Nouveau Centre) du Sedif, André Santini, s’est montré très "optimiste" concernant une future baisse des prix, invoquant "la concurrence acharnée" qui s’est manifestée sur ce marché.
"Veolia, c’est son plus beau contrat (...), ils sont très menacés, et Suez (Environnement, concurrent de Veolia, ndlr) a fait savoir, en montrant les dents, qu’il voulait être candidat. Je suis très optimiste", a résumé M. Santini.
Contactés par l’AFP, Veolia et Suez Environnement n’ont pas souhaité faire de commentaires.
Opposante au projet, la maire (Verts) de Montreuil (Seine-Saint-Denis), Dominique Voynet, a fait part de sa "déception".
"Je suis convaincue que la formule de la régie aurait permis de faire plus facilement baisser les coûts tout en assurant la sécurité de l’approvisionnement", a-t-elle dit.
Le Sedif doit à présent élaborer un cahier des charges détaillant les modalités de la nouvelle délégation de service public avant le lancement d’un appel d’offres international à la mi-2009.
M. Santini s’est notamment engagé à "étudier" la possibilité de diviser le marché en plusieurs lots ("alotissement") et à instaurer "une tarification sociale" de l’eau pour les ménages modestes.
Le Sedif fournit en eau potable quatre millions d’habitants répartis sur 144 communes et les sept départements de la banlieue parisienne.

((c)AFP / 11 décembre 2008 17h10)