Eau : non-assistance à planète en danger, par Danielle Mitterrand

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Eau : non-assistance à planète en danger, par Danielle Mitterrand

L’eau reste la première cause de
mortalité dans le monde et tue 34 000 personnes chaque jour. L’actualité
internationale nous montre que les guerres de l’eau sont aujourd’hui une
réalité. Qu’attendons-nous pour faire de l’accès à l’eau un droit
inaliénable ?

Que devient la mobilisation politique et sociale qu’appelait de ses voeux
Mme Chantal
Jouanno
, secrétaire d’Etat à l’écologie, le 23 mars, à l’issue du dernier
Forum mondial de l’eau à Istanbul ? Au lieu de cela, l’Etat français a signé le
15 octobre un partenariat pour l’organisation du prochain Forum mondial de l’eau
à Marseille en mars 2012, avec ceux-là mêmes qui ont refusé, à Istanbul, de
faire de l’accès à l’eau un droit.

La France laisse aux mains d’un Conseil mondial de l’eau - présidé par ceux
dont la raison d’être est de faire de l’accès à l’eau une source de profit -
l’avenir de l’eau dans le monde ! Il faut en effet rappeler ici que la
présidence et la vice-présidence du Conseil mondial de l’eau sont assurées
depuis 2005 par des dirigeants des deux multinationales françaises de l’eau, de
l’environnement et de l’énergie.

Au lieu de cela, le gouvernement français continue de croire que, face au
problème urgent que constitue le droit à l’accès à l’eau, les multinationales
sont la solution. Peut-on attendre des sociétés dont l’objectif est de faire du
profit, et qui y réussissent brillamment, qu’elles puissent régler la question
de la gouvernance et du partage équitable de la ressource ?

Accès pour tous

En treize ans, le Conseil mondial de l’eau a favorisé la construction de
plusieurs milliers de barrages et d’autres infrastructures très coûteuses. Dans
le même temps, qu’a-t-il fait pour régler les conflits liés à l’eau entre Israël
et les territoires palestiniens, entre le Soudan, l’Ethiopie et l’Egypte, entre
la Turquie, la Syrie, l’Iran et l’Irak, entre le Tibet et la Chine ?

Nous demandons que soit instaurée une gouvernance publique internationale
pour la gestion et l’accès à l’eau pour tous ; que la conférence de Copenhague
reconnaisse la nécessité et l’urgence d’un pacte mondial pour l’eau ; que la
conférence de Copenhague entérine la création d’une organisation de régulation
et de coopération internationale et indépendante, l’Autorité mondiale de l’eau,
représentant notamment la société civile, les ONG, les associations de
consommateurs, les associations environnementales, sociales et citoyennes.

Par l’intermédiaire de ses multinationales, la France a une lourde
responsabilité dans l’appropriation par le secteur privé de la conduite de la
politique mondiale de l’eau. Aujourd’hui, j’invite toutes celles et ceux qui,
comme nous, s’indignent de la mainmise des marchands d’eau sur un bien commun de
l’humanité à signer l’appel "Tous porteurs d’eau".

A Copenhague, nous avons la possibilité et le devoir de faire entendre un
autre discours. Ne rien faire serait refuser de porter assistance à humanité en
danger.

Présidente de la Fondation
France
Libertés

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