La Gazette des Communes : Marché de l’eau : quatre concurrents se lancent dans la bataille du marché du Sedif

, par  attac92clamart , popularité : 61%

Marché de l’eau : quatre concurrents se lancent dans la bataille du marché du Sedif

Les quatre groupes, dont Veolia et Suez, qui bataillent pour le gigantesque contrat de distribution d’eau à 144 communes d’Ile-de-France, vont déposer leurs offres le 4 décembre, une nouvelle étape dans la lutte pour un marché de plusieurs centaines de millions d’euros par an.
Le Syndicat des Eaux d’Ile-de-France (Sedif), présidé depuis 1983 par le député-maire d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) André Santini, fournit en eau potable quelque quatre millions de Franciliens.

Le groupe Veolia (ex-Générale des Eaux) gère ce service depuis la création du syndicat en 1923, sous la forme d’une délégation de service public. D’un montant de 371 millions d’euros annuels, le dernier contrat, signé en 1962, expire fin 2010.
"Nous nous battrons jusqu’au bout pour le conserver", a prévenu le nouveau directeur général de Veolia Antoine Frérot, reconnaissant que ce contrat, au-delà de son aspect financier, constituait "la plus belle vitrine mondiale en matière de service d’eau".

Outre Veolia, Suez Environnement, la Saur (groupe Séché Environnement) et Derichebourg, associé à l’allemand Remondis, ont été pré-sélectionnés pour le nouveau contrat. Celui-ci aura une durée de dix ans, éventuellement prolongeable à douze.
Ils doivent déposer leurs offres vendredi avant un vote définitif de l’ensemble des élus du syndicat en mai.

La question de l’allotissement
"On va loin dans la proposition, notamment en matière de gouvernance et de services innovants aux consommateurs", promet Suez, qui a défendu en vain la division du marché en lots, une solution rejetée par les élus du Sedif.
Aux yeux de Suez, principal challenger de Veolia sur cet appel d’offres, ne pas diviser le marché pourrait avantager l’opérateur sortant.
"Le sortant gère les installations depuis 1923, a été renouvelé une seule fois en 1962. Il y a quand même là une forte prime au sortant. Quand on visite une usine pendant deux heures, il est difficile pour nous d’avoir la même connaissance que quelqu’un qui la gère depuis autant d’années", juge également Pascale Perez, PDG de Derichebourg Polyurbaine. Mais la question de l’allotissement n’a pas été, loin s’en faut, la seule polémique.

L’option régie repoussée
Défendue notamment par des élus de gauche du Sedif, la question d’un retour à une gestion publique, un choix opéré par la municipalité parisienne en 2008, a également été rejetée par le syndicat il y a un an, au grand dam d’associations d’usagers notamment.
Ce débat sur une éventuelle régie publique s’est doublé d’une polémique sur le prix de l’eau et la gestion du service, l’UFC Que Choisir ayant évalué la "surfacturation" de l’eau francilienne à 90 millions d’euros par an. Une étude commandée par le Sedif lui-même montre que des économies de 35 à 42,5 millions d’euros par an peuvent être réalisées en rénovant le mode de gestion actuel.

Pour les partisans de la régie publique, un tel choix aurait permis des baisses de coût. André Santini (Nouveau centre) s’est au contraire dit "optimiste" sur une future baisse des prix, invoquant la "concurrence acharnée" sur le marché.
"Le scénario du film est écrit, je vous décris la scène finale : on va reconduire Veolia", prédit pour sa part Philippe Kaltenbach, maire PS de Clamart et membre du Sedif.
"Ils vont être obligés de lâcher une petite diminution du prix, mais ils se rattraperont ensuite et la diminution ne sera pas à la hauteur de ce qu’on aurait pu attendre si l’eau avait été gérée en gestion publique", prévoit-il, jugeant "incroyable qu’on reproduise un système dans lequel on s’est fait gruger pendant des années".

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