Articles de Marc Laimé : Gestion de l’eau : violents remous au sein du PS

, par  attac92clamart , popularité : 31%

Gestion de l’eau  : violents remous au sein du PS

L’affrontement fera date. Dans son édition du 9 mars 2010 le
quotidien français Le Monde publie une Tribune signée d’une dizaine de
responsables socialistes, titrée « L’eau source de vie et de
profit », dans laquelle ils répondent à la quinzaine de haut-cadres de
Veolia, Suez et Saur, eux aussi membres du PS ( !), qui avaient interpellé
le 30 décembre dernier dans le même quotidien la direction du PS, lui
reprochant mezza voce de faire les yeux de Chimène à la gestion publique de
l’eau…

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http://www.eauxglacees.com/Gestion-de-l-eau-violents-remous?var_mode=calcul


L’article du Monde :

L’eau, source de vie ou de profit ?, Alexandre
Fabry, Nicolas Pagnier...

LEMONDE.FR | 09.03.10 | 18h17a gestion de la distribution
d’eau est actuellement un sujet de débat important dans toutes les
collectivités. La polémique en cours pour la gestion de la distribution
d’eau du Sedif (Syndicat des Eaux d’Ile-de-France) n’est que la partie
la plus médiatique d’un débat plus profond. Dans ce contexte, le 30
décembre dernier, un collectif militant se créait au sein du PS pour
défendre les grandes multinationales de l’eau contre le "procès en
sorcellerie"
qui leur serait fait au sein du Parti Socialiste.
Passons sur le fait que ce collectif rassemble des cadres de ces
multinationales, confondant peut-être ainsi lobbyisme et militantisme,
pour aborder la question de fond : la gestion de l’eau peut-elle être
confiée à un opérateur privé dont le but structurel est la réalisation
d’un profit ?

Que les grandes multinationales de l’eau aient
l’expérience et le savoir-faire de la captation et de la distribution
de l’eau, nul n’en doute. Qu’elles fassent mieux que des structures
publiques, cela reste à démontrer. Les enquêtes des associations de
consommateurs montrent qu’en moyenne, les prix sont supérieurs de 20 à
44% dans les communes qui ont délégué leur service d’eau et
d’assainissement au secteur privé ! Quand on sait que 75 % des usagers
français regroupés dans 60 % des communes sont alimentés par les 3
multinationales, on mesure l’ampleur de ce surcoût… Qu’elles soient en
capacité de proposer une gestion durable de la ressource, il est permis
d’en douter, car ces grands groupes n’ont structurellement pas cet
objectif. L’objet ici n’est pas de les en blâmer : dans le système
capitaliste, ce n’est tout simplement pas leur rôle. Leur rôle, c’est la
réalisation d’un profit dans le cadre d’un service lucratif de
distribution d’eau.

Et c’est là le cœur du problème : l’eau doit-elle être une source de
vie ou une source de profit ? Peut-on éthiquement accepter que l’eau
serve à enrichir les actionnaires de ces grands groupes
(essentiellement, en France, Véolia, Suez et la Saur) ? Surtout quand
des familles n’ont pas accès au minimum d’eau nécessaire pour vivre et
que cette ressource est loin d’être inépuisable sur la planète. On sait
que la désertification continue sa progression et que l’eau se raréfie.
Dans le même temps, la consommation progresse structurellement par le
double impact de l’augmentation de la population et de la croissance de
nos besoins liée, notamment, à notre mode de production alimentaire.
Dans ce contexte, aujourd’hui, 1,5 milliards de personnes n’ont pas
accès à l’eau potable, 2 milliards n’ont pas d’installation sanitaire et
2,5 milliards consomment de l’eau polluée.

Le retour sur l’histoire de cette gestion de l’eau apporte un
éclairage intéressant, puisque ce système n’a connu qu’une expansion
assez récente hors de France, au moment de la "révolution"
conservatrice et néo-libérale des années 80 avec notamment
l’attribution du marché de l’eau à des compagnies privées au Royaume-Uni
de M. Thatcher et au Chili d’A. Pinochet ! L’argument premier en était
donc bien l’idéologie de la suprématie du marché.

Alors, s’il doit y avoir un débat sur ce sujet (en France en général
et au sein du PS en particulier), et en ce sens nous nous joignons à
contre courant"
, nous affirmons aujourd’hui : Que le droit à un
minimum d’eau est un droit fondamental et universel, quel que soit son
pays ou ses moyens. Nous appelons donc à la mise en place de la gratuité
des premières tranches d’eau, financée par une élévation progressive du
coût des tranches suivantes et calculée en litre d’eau par individu
préservant ainsi les familles nombreuses. Ce principe allie justice
sociale et écologique, puisque les gros consommateurs payeront pour ceux
qui sont économes de la ressource, le mésusage finançant l’usage.
L’Afrique du Sud a déjà constitutionnalisé ce principe, fournissant à sa
population 25 litres par personne et par jour. A nous de suivre ce
mouvement.
Que l’eau est un bien universellement partagé et qu’il ne
peut donc faire l’objet d’un quelconque profit. Nous appelons donc à sa
gestion par un système de régie publique ou une SCIC (Société
Coopérative d’Intérêt Collectif), permettant d’unir consommateurs et
responsables politiques dans une gestion collective et raisonnée de la
ressource.

Il n’y a dans ces prises de position nul procès ou nulle méfiance a
priori, mais une réflexion éthique alliée à un souci pragmatique de
répondre à un enjeu planétaire de ce XXIème siècle : gérer l’eau en
conciliant justice sociale et écologie.

Alexandre Fabry, porte-parole d’Utopia au PS,

Nicolas Pagnier, Secrétaire National d’Utopia,

Nathalie Perrin-Gilbert, Secrétaire Nationale au Logement,

Gérard Poujade, Maire du Séquestre et 1er fédéral du Tarn,

Barbara Romagnan, Conseillère générale du Doubs,

Géraud Guibert, porte-parole du pôle écologiste,

Michèle Fournier-Armand, Vice-Présidente du Conseil Général du
Vaucluse,

Jean-Marc Vayssouze-Faure, Maire de Cahors et 1er fédéral du
Tarn,

Fleur Skrivan, Conseillère régionale Provence-Alpes-Cote d’Azur,

Jean-Paul Chidiac, membre du Conseil National

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