ciné-débat "Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés" : notes de la soirée

, par  attac92clamart , popularité : 50%

notes sur la soirée :

L’intervenant invité, Jean-Marie Kneib, psychologue du travail a été formidable : il a posé en introduction du film quelques questions qui ont germées au décours du film. Le film a répondu à certaines questions et en a appelé d’autres. Le décalage où nous a amené JM Kneib (qui n’est pas économiste, ce qui fait du bien ! ) a été très fécond en nous obligeant à sortir de nos connaissances habituelles (et parfois idéologiques) afin d’aborder la question du travail et des maladies qu’il peut causer par un abord qui nous a obligé à réfléchir et donc à acquérir quelques connaissances nouvelles.
On retiendra la définition du travail à partir du pilier de la reconnaissance : lorsqu’elle n’est plus là, il y a souffrance : chacun attend d’être reconnu dans ses capacités de travail. La modernité (qui cause la souffrance) est de nier cette reconnaissance par le supérieur hiérarchique (N+1 ou N+2) , alors que seuls les pairs ( N ) sont à même de juger justement des capacités professionnelles. Ici apparaît le second pilier de la définition du travail : le phénomène collectif, qui est mis a mal dans notre modernité : la réaction majeure et novatrice post-68 fut celle du MEDEF de l’époque qui organisa un congrès pour mettre en oeuvre la fin des collectifs salariés. Chacun étant seul à son poste et ne pouvant plus faire appel aux pairs (par différents mécanismes), le patronat s’assure un lien direct et non parasité au salariés.
Une autre définition du travail : c’est ce qui se situe dans l’espace entre le travail prescrit (par un ensemble de protocoles et de procédures) et le travail réel, celui qui est fait par le salarié. Cet espace équivaut à l’intelligence du travailleur dans sa mise en application des procédures, sensées être parfaites et s’appliquer d’elle-même, ce qui n’est jamais le cas.
Dans cette cassure des phénomènes collectifs, on voit poindre la complicité de chacun dans l’isolement où il laisse le voisin à une souffrance redéfinie comme lui étant propre et qui ne contaminera personne d’autre.
La souffrance au travail se définit également de ne jamais venir essentiellement du salaire trop faible : jamais un salarié ne s’est suicidé parce qu’il ne gagnait pas assez d’argent. Le suicide-au-travail ou lié à la souffrance au travail vient plutôt s’opposer à la démission.
Une discussion sur l’évaluation dans l’entreprise a divisé la salle.
Les échanges se sont poursuivis après le film pendant 2h30 et nous avons été poussé vers la sortie à 1h du matin.

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