Archives par catégorie : ATTAC informe

Conseil de lecture

La culture n’est parait-il pas essentielle, dommage…

Pourtant…En attendant que cinéma, théâtre et autres salles de spectacle ré-ouvrent, et on est très impatient, il faut lire Olivier Norek (enfin, il faut… moi j’ai été scotché !)Il a écrit plusieurs romans policiers très bien  (Territoire,Code 93, Surtension, Surface) mais surtout il y en a un qui se passe dans la jungle de Calais, “Entre deux mondes”, passionnant pour l’intrigue mais tout autant sur les réfugiés.Et le tout dernier, Impact, est vraiment superbe. C’est encore bâti comme un policier passionnant mais avec en toile de fond les crises climatique et sociale. C’est super documenté, puissant -glaçant aussi mais la situation l’est.
Il faut le lire et le faire lire !!!

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Invitation réunion 11 janvier + CP Coordination

Bonjour à toutes et à tousen PJ le communiqué annonçant la pérennisation de la coordination mâconnaise Stop Loi Sécurité Globale (également en bas de mail, sous la signature)
Dans ce cadre et comme convenu le 2 janvier, la coordination se réunira virtuellement  le lundi 11 janvier 2021 à 18h15 (solution mixte: visio pour ceux qui le peuvent et téléphone pour les autres tels Danièle, Olivier ou Philippe)Pour la visio: cliquer sur ce lien https://meet.jit.si/nons%C3%A9curit%C3%A9globalePour le téléphone: appeler le 01 87 21 00 05 et entrer le code pin suivant 2953 6009 48 suivi éventuellement du dièze (NB ne pas être troublé par le fait que les annonces d’accueil sont en anglais…)Pour tous je reste disponible pour un éventuel radioguidage…
Concernant l’OJ je propose:

  1. Désignation pt-e de séance et secrétaire
  2. Examen du précédent CR
  3. Point d’actualité et suivi: actualité nationale / textes liberticides, groupe Instagram; table ronde; liste de diffusion maconstoplsg ; réponses CGT; couverture presse et réseaux; rappel atelier du 13.
  4. Festival des libertés…l’idée est là, le projet est à construire.
  5. Questions diverses

Portez vous bienBernard 07 82 99 90 57

La « Coordination Mâconnaise #StopLoiSécuritéGlobale  » s’organise.
Les samedis 5 et 12 décembre 2020 un groupe d’associations, de syndicats, de partis politiques et de citoyen-ne-s locaux avaient organisé deux manifestations pour dénoncer l’aspect liberticide de la loi « sécurité globale » et pour exiger son retrait total. Les revendications des manifestant-e-s et des organisateurs allaient bien au-delà du fameux article 24 qui interdit de filmer -ou de publier les vidéos – des forces de l’ordre dans l’exercice de leur fonction. C’est tout un arsenal technique et juridique (,drones, reconnaissance faciale, fichiers Pasp, Gasp …, caméras piétons, privatisation des services de sécurité publique, le report sur la police municipale des prérogatives de la police nationale sans oublier le nouveau Schéma National du Maintien de l’Ordre (SNMO) ) qui vient encadrer et remettre en question la liberté de la presse, dans cette triste période ou les violences policières font de plus en plus souvent parler d’elles. Une riposte nationale s’ est mise en place, nous mettons en place la riposte locale . A cette fin, nous avons décidé de créer une Coordination Mâconnaise #StopLoiSécuritéGlobale, déclinaison de la Coordination nationale du même nom, pour préparer les actions futures. La Coordination Nationale a appelé à des manifestations le 3 janvier ( anniversaire de la mort de Cédric Chouviat, étouffé par des policiers ) et les 16 et 30 janvier. La Coordination locale vous tiendra au courant de ses actions rapidement !
Les organisations participant à la Coordination Mâconnaise #StopLoiSécuritéGlobale : ATTAC, AIAPEC, Justice et vérité pour Jérôme Laronze, GRS, PCF, LFI, EELV, Ensemble 71, FSU, LDH, la Confédération Paysanne 71, PS, les Gilets Jaunes, la Libre-pensée, Solidaires 71 et Mâcon citoyens
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article d’Alain Refalo, suite aux manifs de samedi et dernier CP du MAN

Lire ce que dit le MAn la dessus… je retiendrai  ” Il est politiquement insensé, affirmait Saul Alinsky, de dire que le pouvoir est au bout du fusil, quand c’est le pouvoir qui possède tous les fusils ».

La violence détruit le mouvement social

Il est temps d’ouvrir les yeux et de dénoncer ce qui ne peut être justifié. Encore une fois, lors d’une manifestation légitime qui avait vocation à être pacifique afin que ses slogans soient bien entendus par l’opinion publique et par le pouvoir d’Etat, une minorité a détruit le potentiel revendicatif exprimé par les manifestants. Samedi 5 décembre, comme le samedi précédent, la manifestation contre la loi de sécurité globale a été détournée de son sens, elle a été pourrie de l’intérieur par une minorité d’irresponsables, qu’ils se nomment blackblocs ou autres, peu importe. L’heure n’est plus à l’excuse, car il n’y en a pas à l’endroit de ceux qui n’ont rien à voir avec le mouvement social. Ces gens-là, disons-le sans détour, avant d’être des ennemis (illusoires) de l’Etat, sont d’abord des ennemis réels du mouvement social.

Ces violences débiles, qu’elles prennent la forme de destructions ou d’attaques contre la police, contribuent à faire oublier l’essentiel de ce qui est dénoncé, à savoir les violences policières systémiques, récurrentes et institutionnalisées. Il suffit d’écouter les grands médias pour se rendre compte que le spectacle de la violence prime encore une fois sur le contenu des revendications. Le premier résultat significatif de ce détournement de l’objectif de la manifestation par la violence est qu’il y avait moins de manifestants à Paris samedi que la semaine dernière. Contrairement à ses protagonistes qui la légitiment, la violence, non seulement n’effraie pas le pouvoir, mais elle contribue à réduire considérablement le nombre de manifestants qui ne se retrouvent pas dans ses méthodes et qui craignent, à juste titre, la répression policière aveugle. Et surtout, elle effraie l’opinion publique qui devient ainsi davantage sensible et réceptive aux discours répressifs du pouvoir. Ce qui est le contraire de l’objectif recherché.

Les leçons du mouvement des gilets jaunes n’ont pas été tirées. Car là aussi, c’est la violence qui a pourri durablement le mouvement. Les centaines de milliers de personnes mobilisées lors des premiers samedis de novembre 2018 constituaient un potentiel considérable qui aurait pu s’élargir, grossir et devenir une force irrésistible. Il est faux d’affirmer que c’est la violence qui a permis d’arracher quelques concessions au gouvernement. En réalité, la violence, qui était pain béni pour le pouvoir, n’a pas permis de créer un rapport de force puissant qui aurait contraint le pouvoir à lâcher beaucoup plus. La violence a affaibli le mouvement des gilets jaunes. Je formule l’hypothèse que ce mouvement, sans la violence inutile qui a nui à son image et réduit son potentiel, aurait pu déboucher, un mois après son lancement, sur une manifestation d’un million de personnes à Paris. Nul ne sait ce qui se serait passé si une telle force populaire s’était exprimée, mais il est assez clair qu’elle aurait obtenu beaucoup plus que les mesurettes lâchées par le gouvernement.

Aujourd’hui, enfin, la question des violences policières devient un sujet de débat, malgré le déni incroyable des syndicats policiers et de nombreux policiers. Si cette thématique n’a pas été au-devant de l’actualité durant le mouvement des gilets jaunes, alors que les faits étaient là, incontestables et documentés, c’est précisément parce que le pouvoir et les médias pouvaient détourner l’attention et justifier la violence de la répression par la violence de certains manifestants. Cette violence policière, aveugle et sans discrimination, a davantage touché, blessé et meurtri des manifestants pacifiques que des manifestants violents. Le scandale de cette répression sans précédent en France depuis des décennies n’a ému qu’une frange de l’opinion, alors qu’elle aurait dû susciter un immense mouvement d’indignation et de résistance au sein du corps social et politique.

Les institutions répressives de l’Etat, police et gendarmerie, ont une responsabilité toute particulière dans la situation que nous vivons depuis plusieurs années dans le cadre des manifestations de rue. Depuis Notre Dame des Landes et Sivens (mort de Rémi Fraisse), en passant par les manifestations contre la loi Travail en 2016, jusqu’au mouvement des gilets jaunes, des manifestations pacifiques ont souvent été réprimées avec une rare violence, occasionnant des blessures dont certaines dites de guerre. Cette répression disproportionnée signe d’une criminalisation de toute contestation, y compris sans violence, n’a fait qu’envenimer la colère et pousser certains à considérer que la non-violence (parfois appelée à tort pacifisme) n’était plus de mise. Le piège de la violence s’est ainsi refermé contre ceux qui, à juste titre, descendent dans la rue pour exprimer leurs indignations (loi travail, mouvement climat, réforme des retraites, gilets jaunes, etc.).

L’Etat autoritaire et policier devient une réalité dans ce pays. Face à cette réalité, il est vain de vouloir le combattre sur son terrain, avec ses armes qui seront, de toute façon, toujours plus puissantes que les nôtres. On en revient à un vieux débat auquel un célèbre militant radical américain avait apporté une contribution décisive : « Il est politiquement insensé, affirmait Saul Alinsky, de dire que le pouvoir est au bout du fusil, quand c’est le pouvoir qui possède tous les fusils ». Nous pourrions dire aujourd’hui qu’il est stratégiquement absurde de dire que la violence effraie le pouvoir quand le pouvoir mise sur cette violence pour détruire le mouvement social et renforcer son autoritarisme sur la société. L’inefficacité de la violence n’est plus à démontrer ; le problème, c’est que chaque génération veut en faire l’expérience pour l’ivresse qu’elle procure, sans tenir compte des leçons et des échecs du passé. La violence n’est qu’un moyen d’expression (souvent d’une colère légitime), mais certainement pas un moyen de revendication. Elle est le moyen spécifique de l’Etat, pas du peuple.

Faut-il aller puiser des arguments au sein du mouvement anarchiste français duquel certains se réclament indûment ? Gaston Leval (1895-1978), membre de la CNT, acteur et théoricien de la révolution espagnole, qui a passé deux ans dans les géoles du gouvernement de Vichy, est à l’unisson de tous les penseurs antiautoritaires dans son analyse de l’Etat : « L’Etat, c’est la guerre au-dehors et l’oppression à l’intérieur ». Mais Il ajoutait : « nous sommes des constructeurs plus que des destructeurs ». Il ne croyait pas que le recours à la violence ou à la lutte armée étaient des moyens adéquats pour faire advenir le socialisme libertaire. « Il faut plus d’héroïsme pour se battre avec des moyens civils », disait-il. « L’action constructive créatrice que préconisaient les grands libertaires qui eurent comme nom Godwin, Proudhon et Tolstoï, à laquelle se rallia Bakounine sur le tard de sa vie, et que nous avons vu triompher avec Gandhi en Inde, cette action créatrice, disons-nous, est la seule qui peut aboutir à des résultats positifs1« . Si l’on balaie l’histoire de l’anarchisme et si l’on se met à l’écoute de ses penseurs, bien peu en réalité ont légitimé le recours à la violence, car ils avaient la conviction qu’aucune société de liberté ne pouvait accoucher d’un moyen aussi autoritaire qui a toujours fait le lit de toutes les dominations et de toutes les oppressions.

De plus en plus nombreux furent-ils, en réalité, à se rallier à la non-violence, plus précisément à l’action non-violente radicale. Ils avaient la certitude que la violence était fondamentalement réactionnaire car elle fait le jeu des forces du désordre établi, est antinomique avec le but poursuivi, ne construit rien et au final fait reculer le mouvement social. Ils étaient convaincus que seule la non-violence était radicale, c’est-à-dire qui agit à la racine des inégalités et des injustices. La non-violence est en effet la seule action fondamentalement subversive car elle vise à saper les fondements du pouvoir oppressif, qu’il se nomme l’Etat, le tyran, le patron, pouvoir qui repose toujours sur la résignation, la passivité et l’obéissance des citoyens. Comme l’a si bien montré Hannah Arendt, seule la non-violence crée le pouvoir, en l’occurrence un contre-pouvoir efficace face aux forces étatiques et dominatrices qui disposent de tous les instruments de la violence. Ce pouvoir vient de la force du nombre qui se mobilise, qui se rassemble, qui agit, qui résiste, qui parfois désobéit afin de faire plier le système injuste. Affronter la police dans la rue est profondément inutile et n’a rien à voir avec les revendications légitimes du mouvement social. C’est se tromper d’adversaire quand il s’agit précisément de lui couper l’herbe sous le pied. La véritable action à promouvoir est celle qui ignore les forces de police, qui rend leur déploiement inutile ou qui montre que la violence est du côté du pouvoir.

Il nous faut donc inventer et mettre en œuvre une stratégie de résistance active mais non-violente. Les manifestations de masse doivent être encadrées par un service d’ordre organisé qui empêche les nuisibles d’y pénétrer et de salir le mouvement. Les actions ponctuelles, spectaculaires, à l’image du mouvement climat, doivent être minutieusement préparées pour ne pas dévier de leur objectif et faire passer un message positif auprès de l’opinion publique. La désobéissance civile, arme lourde de la non-violence, peut être envisagée dans le cadre d’une campagne ciblée, avec un objectif « clair, précis, limité et possible2 ». L’affichage de la non-violence, assumée et revendiquée, sera un facteur de remobilisation afin que le dernier mot ne soit pas au pouvoir et à ses forces de répression. Faire l’option de la non-violence, en tant que moyen juste au service d’une société de justice, permet de conjuguer l’éthique de conviction et l’éthique de responsabilité. Les puissants n’ont rien à craindre de la violence toujours minoritaire, ils ont tout à perdre avec le peuple uni qui jamais ne peut être vaincu.

Le mouvement social est à un tournant. Soit il continue à assister, impuissant, à la destruction du moteur de la mobilisation par des éléments irresponsables, soit il réagit vite, et investit dans une stratégie gagnante par l’action non-violente. Entre la violence inefficace et destructrice, et la résignation, voire la soumission volontaire, il y a place pour une action et une mobilisation non-violente, radicale dans ses objectifs comme dans ses moyens, qui construit, propose, organise et prépare dès aujourd’hui l’alternative à la société liberticide qui se met en place insidieusement. La violence est l’essence de tous les régimes autoritaires, elle est donc notre adversaire. Pour le mouvement social, elle sera toujours un signe de faiblesse et non de force. « Plus il y a de violence, moins il y a de révolution3« , disait justement le libertaire néerlandais Barthélémy de Ligt. Ce n’est donc pas seulement une question de morale, mais d’efficacité. Il appartient désormais aux forces syndicales et associatives, aux réseaux de citoyens, aux médias indépendants dans leur diversité de se rassembler avec une méthode d’action commune qui annonce et prépare un futur qui réenchantera nos existences.

1Les citations sont extraites de l’ouvrage de Gaston Leval, L’Etat dans l’histoire, Ed. du monde libertaire, 1983

2Formule de Jean-Marie Muller, Stratégie de l’action non-violente, Seuil, 1981

3Barthélémy de Ligt, Pour vaincre sans violence, G. Mignolet et Storz, 1935

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Manifestations : la dangereuse spirale de la violence

Édito du jour du Monde
Wilfried
————————- https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/12/07/manifestations-la-dangeureuse-spirale-de-la-violence_6062483_3232.htmlManifestations : la dangereuse spirale de la violence
ÉDITORIAL
Le Monde

Le déchaînement récurrent de violence lors des marches de protestation met en péril le droit fondamental de manifester. Il faut stopper d’urgence cette spirale, qui nourrit une dangereuse tentation autoritaire.
Publié aujourd’hui à 11h11, 
La « manif » est, en France plus que dans d’autres pays, davantage qu’un droit. C’est un mode d’expression, un rite social, une composante instituée des relations entre les citoyens et l’Etat. Or le droit fondamental de manifester pacifiquement est aujourd’hui mis en péril. Non seulement par la pandémie de Covid-19, mais surtout par la violence qui transforme presque systématiquement les défilés revendicatifs en affrontements avec les forces de l’ordre et les cortèges en émeutes.

La Marche des libertés parisienne du samedi 5 décembre, destinée à dénoncer à la fois le projet de loi « sécurité globale » et la précarité, n’a pas échappé à la règle. Bataille rangée entre policiers et black blocs venus « casser du flic », commerces saccagés, voitures b rûlées. Un scénario devenu habituel, en pire : prise en étau dès son début entre les casseurs et les policiers, la manifestation a dégénéré avant même d’avoir commencé.

Lire aussi le récit sur la mobilisation de samedi : Le sentiment d’un dialogue impossible après les violences dans la manifestation à Paris
Ce déchaînement de violence, désormais rituel lors des manifestations, traduit à la fois la défiance à l’égard des autorités et un profond malaise social. Récurrent, il ne cesse de nourrir l’extrême droite. Choquantes, les images de policiers tabassés et de voitures incendiées s’imposent, faisant passer au second plan les mots d’ordre de la manifestation de samedi dénonçant précisément les violences policières et les risques d’attein te à la liberté d’expression liés à la proposition de loi dite de « sécurité globale ». En quelques jours, l’émotion suscitée par le tabassage par des policiers du producteur de musique Michel Zecler et le débat sur l’indispensable réforme de l’inspection générale de la police nationale se sont estompés.

Surenchère sécuritaire
La présence dans les défilés d’éléments déterminés à en découdre avec la police est tout sauf nouvelle. La loi anticasseurs date de 1970. Les manifestations des années 1990 et 2000 se terminaient souvent dans la violence. Mais les affrontements avec la police deviennent systématiques, voire centraux, lors des protestations contre la « loi travail » (2016), puis lors du mouvement des « gilets jaunes » (2018-2019). Qu e quelques centaines de militants entraînés et organisés parviennent désormais à faire dérailler chaque manifestation, alimentant ainsi sans cesse la surenchère sécuritaire du ministre de l’intérieur, pose la question de l’efficacité des services de renseignement et de police, et de la stratégie de l’exécutif.


Il faut stopper d’urgence cette spirale, qui nourrit une dangereuse tentation autoritaire. Il ne s’agit pas d’arbitrer un affrontement entre deux camps : l’usage légal de la force est une prérogative de l’Etat, qui se doit de le contrôler. Il lui appartient aujourd’hui de donner le signal de la désescalade.

Il s’agit d’abord, à rebours de la militarisation et de l’isolement croissant des policiers français face aux manifestants, de mettre en œuvre la stratégie de dialogue et d’apaisement ad optée avec succès par de nombreuses polices européennes. Mais il s’agit aussi d’une désescalade politique rompant avec la verticalité arrogante trop souvent de mise.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Maintien de l’ordre en manifestations : la France à l’écart des initiatives européennes pour une « désescalade »
« Il y a de la violence dans notre société, c’est un fait », a déclaré Emmanuel Macron, lors de son entretien sur le média Brut, comme si cette vérité était tombée du ciel et n’avait aucun lien avec les réalités sociales et politiques ni avec certaines maladresses dans l’exercice du pouvoir. « Je rassemblerai et je réconcilierai », avait promis le président de la République, le soir de son élection. Jamai s cette promesse n’a semblé plus éloignée ; jamais sa réalisation n’a été aussi impérieuse.

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Lettre de démission d’Alexandre Langlois, secrétaire général du syndicat Vigi-Police

Il faut lire cette lettre de démission .
Merci à Michèle pour ce messagePh. F

Objet : Fw: Lettre de démission d’Alexandre Langlois, secrétaire général du syndicat Vigi-Police
À :
Cc :

Excellent décryptage et analyse…A diffuser  vraiment,  car racines historiques( Vichy) fonctionnement interne, évolution ( Valls, Sarko, Hollande, Macron) contradictions, durcissement, aberrations.. tout y est!

Merci à Alexandre Langlois, de Vigi-police, d’avoir tenté de nous alerter, à son corps défendant, du naufrage institutionnel en cours.

Ci-après est la vidéo de son entretien à L’Humanité (103 987 vues)
https://www.youtube.com/watch?v=LL-jx5alSCM


Article paru dans F3-régions :

  https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/morbihan/policier-il-presente-sa-demission-ecoeure-loi-securite-globale-1899640.html

Voilà la lettre de démission d’Alexandre Langlois Secrétaire du Syndicat VIGI Police qui argumente les pourquoi et comment de celle-ci.

Le 3 juillet 2019 Alexandre Langlois a été suspendu de ses fonctions pendant une période de 12 mois dont 6 avec sursis pour avoir « gravement manqué aux obligations statutaires et déontologiques ».

Ces manquements concernent les tracts et interventions de Langlois lors de ses prises de positions syndicales. Langlois a annoncé qu’il va contester devant le tribunal administratif en référé cette décision et porter plainte contre le ministre de l’intérieur Christophe Castaner.

Le policier Noam Anouar, délégué du syndicat Vigi, est suspendu par sa hiérarchie en février 2020 pour avoir dénoncé les violences policières exercées contre les manifestants lors d’une interview télévisée.

Sa hiérarchie l’a convoqué le 5 février en évoquant des manquements « devoirs d’exemplarité, d’obéissance, de réserve, aux obligations de rendre compte, de loyauté » et de la « négligence professionnelle »

> Lettre de démission d’Alexandre Langlois, policier digne et en colère de voir une institution à la dérive


Monsieur le Ministre,

Lorsque je me suis engagé dans la Police nationale, j’avais à l’esprit deux maximes de Jean-Jacques Rousseau : « Il n’y a que la force de l’État qui fasse la liberté de ses membres » et d’autre part « que seule l’obéissance à la loi que l’on s’est prescrite est liberté ».
Or aujourd’hui, je constate qu’il n’est plus question pour le peuple d’obéir aux lois auxquelles il a lui-même consenti et que le rôle de sa police n’est plus de protéger ses libertés, mais plutôt de toutes les annihiler, comme le ferait le plus vil des oppresseurs.
Qu’est devenue la Police nationale depuis 2014, elle qui se devait d’être la garante des libertés ?
Ne mérite-t-elle pas mieux que d’appliquer à la lettre des lois de plus en plus liberticides et autoritaires ?
En pareille situation, peut-on encore parler d’une police républicaine ou ne s’agit-il plus que d’une milice au service de votre autoritarisme ?
Mon engagement dans la Police nationale ne peut plus se maintenir dans un tel régime sans aucun espoir de réforme telles que vos prises de position récentes le laissent présager.
De surcroît, votre ministère, est pourtant celui qui distribue le plus de sanctions disciplinaires contre ses personnels, se fait beaucoup moins strict contre les policiers qui tabassent, mutilent ou tuent des innocents comme Madame Zineb REDOUAN, Monsieur Steeve CANICO ou Monsieur Cédric CHOUVIAT, tandis que les policiers qui, au contraire, dénoncent ces dérives et dysfonctionnements, se font durement réprimander au mo-régions : tif qu’ils ne respecteraient pas la loyauté envers leur hiérarchie ou porteraient atteinte au renom de la Police nationale !

Tel n’est pas le comportement que la population attend de ses responsables politiques.
Suite à la mort de Malik OUSSEKINE le 6 décembre 1986, M. Charles PASQUA, alors Ministre de l’intérieur, non seulement présenta ses excuses en personne à la famille, mais, de surcroît, prit la décision de dissoudre les voltigeurs. Depuis le début de ce quinquennat, c’est l’inverse qui est pratiqué : on nie les faits, on ne présente jamais d’excuses et… on recrée les voltigeurs que l’on rebaptise BRAV-M !
Les policiers sont depuis lors au service d’un Président de la République qui les utilise pour réprimer avec violence tout mouvement social contestataire tels que les Gilets jaunes, mais également les infirmières, les pompiers, les médecins, les avocats au lieu de leur permettre de manifester leurs revendications de manière encadrée et sécurisée.

Depuis la crise COVID 19, les policiers sont désormais exclusivement affectés au contrôle social et non plus au respect du Code pénal.
Les décrets et arrêtés préfectoraux les plus incohérents et absurdes ont remplacé les lois autrefois votées par nos Assemblées.

Nous contrôlons des attestations de déplacement et veillons au bon respect des distanciations sociales pour lutter contre l’épidémie. Or, si tel était réellement le but de notre action, c’est le personnel hospitalier qui aurait dû avoir des renforts, et on parlerait plutôt de distanciation sanitaire.
Au lieu de cela, on nous détourne de nos vraies missions, qui sont de poursuivre les délinquants et les criminels, et d’assurer la paix et la sécurité de nos concitoyens.

Le 26 novembre 2020, M. David PERROTIN, journaliste à LOOPSIDER, présentait la vidéo d’un homme littéralement passé à tabac par trois policiers entrés par effraction sur son lieu de travail et en dehors de toute commission rogatoire.
 Sur la vidéo surveillance des locaux, on peut notamment entendre les policiers le traiter de « sale nègre » avant de braquer une arme contre lui en présence d’autres personnes dont l’une serait mineure.

 Cet évènement honteux, tout autant que les réactions du ministère qui s’ensuivirent, ont renforcé ma conviction de mettre fin à mes fonctions.

Tout autant que les réactions habituelles de mes collègues, dont un délégué du Syndicat UNITE-SGP-FORCE OUVRIERE, organisation que vous recevez régulièrement, a pu dire dans une émission de télévision que « BAMBOULA c’est encore à peu près convenable » sans subir la moindre sanction ou autre forme de poursuite de la part du ministère.

  La seule défense tenable, bien que fantaisiste du Préfet de police M. Didier LALLEMENT, à propos de l’interpellation susmentionnée, a ainsi été de dire qu’il n’était « pas au courant », alors même qu’il y a eu un appel de renfort, une sortie d’armes et un tir de grenade dans un lieu clos. Mais qu’attendre d’un Préfet de Police, qui a obtenu sa promotion de Bordeaux à Paris en couvrant déjà des exactions de policiers par des mensonges dans l’affaire Olivier BEZIADE et à qui vous renouvelez encore votre confiance, malgré qu’il « ne soit pas dans le même camp » que la population ou qu’il ordonne une évacuation brutale de la Place de la République encore récemment.

Votre tweet hypocrite a fini de sceller ma décision : « Je me félicite que l’IGPN ait été saisie par la Justice dès mardi, je demande au Préfet de Police de suspendre à titre conservatoire les policiers concernés. Je souhaite que la procédure disciplinaire puisse être conduite dans les plus brefs délais ».
Hypocrite, lorsque l’on sait que par l’effet de la loi sécurité globale que vous défendez bec et ongles par la propagande et le mensonge, cette victime aurait fini en prison et ses tortionnaires médaillés ou encore primés.

Oui, vous mentez Monsieur le Ministre lorsque vous prétextez vouloir protéger les policiers en prévoyant un an d’emprisonnement pour diffusion d’image de policiers identifiables, quand les textes existants sur le harcèlement et les menaces prévoient déjà des sanctions deux à cinq fois plus importantes, mais qui ne sont dans les faits jamais appliquées.
 Appliquons ce qui existe plutôt que de brader la sécurité physique et mentale des policiers pour des éléments de communication.

  Quand des collègues CRS reçurent des menaces de mort à leur domicile par courrier, était-ce dû à la diffusion de leur image ? Non ! Mais à la publication par votre Ministère de leur prénom, nom et affectation au Journal Officiel.

  Est-ce qu’une quelconque mesure a été prise depuis ? La réponse est encore une fois non.

  Vous osez dorénavant instrumentaliser le drame de l’assassinat de nos deux collègues de MAGNANVILLE par un terroriste.
 Pourtant, ont-ils été assassinés chez eux suite à la diffusion de leur image ? Une énième fois non, mais suite à l’absence de sécurisation des données des ressources humaines, qui se baladaient sur une clé USB non sécurisée par le ministère de l’Intérieur et transmise à un syndicat de police.

  Des mesures ont-elles été prises depuis ? La réponse est encore une fois et toujours négative.

  Si vous aviez un tant soit peu de respect pour les femmes et les hommes qui portent l’uniforme, comme moi, vous démissionneriez.

  Dois-je encore vous rappeler que la première cause de mortalité des policiers en fonction est le suicide ?
 Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, c’est quelque 150 vies sacrifiées.

  Était-ce à cause de la divulgation de leur image ? Je ne le crois pas, mais suppute plutôt un management délétère, des injonctions paradoxales, une politique du chiffre, la perte de sens de notre métier et de la fonction…

Des mesures ont-elles été prises ? Pas vraiment, mis à part deux numéros verts et des barbecues « conviviaux ».

  Enfin, faut-il rappeler que le ministère de l’Intérieur ne respecte pas même les décisions de justice le condamnant pour, en ce qui me concerne personnellement, le refus d’exécuter malgré quatre demandes le jugement du Tribunal administratif de Versailles n°1505355 le reconnaissant coupable de discrimination syndicale.

  Pire, la discrimination a depuis lors repris de plus belle et j’ai été arbitrairement désarmé, sans contrôle de la médecine statutaire et mes notes de renseignements ne sont plus transmises, et ce sans justification.

Depuis ma première demande de rupture en juillet 2020, mon dossier aurait dû être traité au plus tard en septembre. Mais même pour cela, le Ministère ne s’estime pas contraint de respecter la loi et les délais, ce qui engendre encore un préjudice à mon encontre.

  A moins que ce ne soit dans l’objectif de me sanctionner une nouvelle fois arbitrairement et d’éviter ainsi de me payer les indemnités légales ?

  Pour l’ensemble de ces raisons, je sollicite, Monsieur le Ministre, ma rupture conventionnelle dans les meilleurs délais.

  Je quitte un métier que j’aimais, car vous avez fini de dénaturer la noble mission pour laquelle je m’étais engagé.

  Je quitte la Police nationale pour les mêmes raisons que j’y suis entré : la défense des libertés individuelles et de l’intérêt général.

  Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mes salutations républicaines.

 

  Alexandre LANGLOIS  Secrétaire général
 VIGI. Ministère de l’Intérieur / Police

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