Archives par catégorie : Banque

les banques au coeur de l’argent sale

« FinCEN Files » : comment les grandes banques mondiales ferment les yeux sur les mouvements d’argent sale

La nouvelle enquête conduite par l’ICIJ et 108 médias internationaux montre que les plus grandes banques mondiales restent poreuses au blanchiment d’argent et peinent à lutter contre la circulation de l’argent sale.

Le siège du FinCEN à Vienna (Etats-Unis) le 17 septembre et les « FinCEN Files » superposés. SCILLA ALECCI / ICIJ – MONTAGE LE MONDE

Stratégiques et vitales pour l’économie, les banques sont devenues, au fil des crises financières, l’un des secteurs les plus régulés au monde.

Pourtant, malgré les règles et les contrôles, le secteur bancaire mondial reste poreux au blanchiment d’argent et peine à lutter contre la circulation de l’argent sale, selon les « FinCEN Files », la nouvelle enquête conduite par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) avec le site d’information américain BuzzFeed News et 108 médias internationaux, dont Le Monde.

Cette enquête se fonde sur l’examen de plus de 2 100 « rapports d’activité suspecte » (suspicious activity reports, SAR) transmis par des banques du monde entier à l’autorité de lutte antiblanchiment américaine, le FinCEN (Financial Crimes Enforcement Network). Ces SAR sont l’équivalent américain des déclarations de soupçon que doivent transmettre les banques françaises à la cellule antiblanchiment Tracfin, dès lors qu’elles soupçonnent un risque de blanchiment, de financement du terrorisme ou de contournement de sanctions et d’embargos.

Une circulation passive

Ces rapports ultraconfidentiels représentent un total de près de 2 100 milliards de dollars (1 773 milliards d’euros) de transactions suspectes, réalisées pendant près de vingt ans, de 1999 à 2017. Ils montrent que les banques, qui assurent l’essentiel des transactions financières internationales, font parfois circuler passivement, à travers les comptes bancaires de personnes ou de sociétés qu’elles n’ont pu identifier, de l’argent susceptible de relever du blanchiment, issu d’activités illégales (fraude fiscale, argent du crime, trafic de drogue, d’armes, d’œuvres d’art, etc.).

« La banque joue le rôle de la voiture dans laquelle les cambrioleurs fuient après le braquage » – Thomas Creal, expert en criminalité financière

Ces documents ont été obtenus par BuzzFeed News. Ils sont en grande partie issus de la fuite de dossiers collectés par la commission d’enquête du Congrès américain sur les ingérences supposées de la Russie dans la campagne présidentielle de 2016, qui a abouti à la victoire de Donald Trump. Ces déclarations de soupçon, qui ne représentent que 0,02 % des SAR reçues par la cellule antiblanchiment américaine entre 2011 et 2017, se limitent donc à une série de personnalités, d’entreprises et de banques liées de près ou de loin à l’affaire russe.

Mais si le prisme de l’enquête est avant tout américain, ces documents révèlent incidemment l’ampleur des mouvements suspects d’argent transitant par les plus grandes banques mondiales.

> Lire aussi Ingérence russe dans l’élection américaine : les publicités Facebook décortiquées

Ils renseignent ainsi sur la façon dont les banques du monde entier repèrent et signalent, ou non, les flux financiers suspects acheminés d’un bout à l’autre de la planète dans leurs « tuyaux ». Comme le rappelle l’ancien contrôleur financier à la Deutsche Bank et expert antiblanchiment Graham Barrow, « les criminels ne blanchissent pas leur argent eux-mêmes. Ils le déplacent vers des endroits sûrs grâce aux banques ». Dit autrement, « la banque joue le rôle de la voiture dans laquelle les cambrioleurs fuient après le braquage », cingle l’expert américain en criminalité financière Thomas Creal.

A l’heure de la mondialisation financière, le constat est sans appel : malgré le récent durcissement des règles antiblanchiment, les banques demeurent éminemment faillibles. Tandis que la régulation du secteur bancaire mondial reste l’un des grands enjeux des décennies à venir, les « FinCEN Files » montrent le rôle central des grandes banques systémiques dans la circulation des flux d’argent sale liés à la fraude, la corruption, le crime organisé et le terrorisme.

Cinq grandes banques citées

Les rapports de la cellule de renseignement financier américaine dévoilent ainsi qu’au moins cinq grandes banques – JPMorgan, HSBC, Standard Chartered Bank, Deutsche Bank et la Bank of New York Mellon – ont échoué à endiguer certains transferts illicites de capitaux, parfois même après avoir été sanctionnées et s’être engagées auprès de la justice à renforcer leurs contrôles.

C’est le cas du géant britannique HSBC, qui avait reconnu, en 2012, avoir blanchi près de 900 millions de dollars pour des cartels de la drogue sud-américains. La banque avait alors échappé aux poursuites pénales, en contrepartie d’une amende de 1,9 milliard de dollars et à la condition de s’engager activement dans la lutte contre le blanchiment. Pourtant, les « FinCEN Files » montrent qu’elle a continué à gérer l’argent de blanchisseurs d’argent russe ou de criminels financiers notoires, notamment pendant la période de probation de cinq ans alors mise en place par la justice américaine.

Entre 2013 et 2014, HSBC a continué à transférer de l’argent pour le compte d’une société impliquée dans une fraude financière à grande échelle aux Etats-Unis, fonctionnant comme une pyramide de Ponzi – un schéma qui consiste à flouer des investisseurs, en finançant les rendements promis par les nouveaux arrivants. Une escroquerie qui a fait des dizaines de milliers de victimes au sein des communautés asiatique et latino-américaine, pour un préjudice financier global de 80 millions d’euros. La société en question, WCM, était pourtant dans le viseur des autorités de trois pays, et les services de contrôle de la banque savaient pertinemment qu’ils avaient affaire à une probable arnaque. HSBC a même laissé ouvert le compte de la société après le gel de ses avoirs par les autorités américaines, en mars 2014.

D’étranges comportements

De son côté, la première banque américaine, JPMorgan Chase, a fait circuler plus de 50 millions de dollars pour le compte de Paul Manafort, l’ancien directeur de campagne de Donald Trump. L’argent provenait notamment d’une opaque société britannique, Novirex, dont l’étrange comportement aurait dû alerter les contrôles internes de la banque depuis fort longtemps : 200 000 dollars reçus d’une société aux îles Vierges britanniques pour de la « lingerie », 34 000 dollars envoyés à Hongkong pour des « autocollants pour clavier », 400 000 dollars pour des « bottes »… Le tout, en déclarant moins de 2 500 dollars de dépenses dans ses rapports financiers ! « Si j’étais chez JPMorgan, et que je voyais ça, je me dirais : C’est épouvantable”, commente l’ancien officier de police britannique Martin Woods, spécialiste de la lutte antiblanchiment. Quelle entreprise normale achète à la fois des ordinateurs, de la lingerie et des seaux ? »

Pourtant, ce n’est qu’à la suite des révélations de la presse américaine sur la corruption de Paul Manafort par le régime ukrainien que JPMorgan s’est enfin décidée à adresser des déclarations de soupçon aux autorités. En mars 2019, l’ancien lobbyiste a été condamné à quarante-sept mois de prison pour fraude bancaire et fiscale. Le procès a montré qu’il avait reçu 4 millions de dollars de la part de Novirex, qui s’est révélée appartenir au bras droit de l’ex-président ukrainien Viktor Ianoukovitch.

> Article réservé à nos abonnés Lire aussi Paul Manafort condamné à une première peine de prison

La même JPMorgan a permis au financier milliardaire malaisien Jho Low de transférer près de 1,25 milliard de dollars de fonds suspects, en l’espace de trois ans. Comme le révèle un SAR de janvier 2017, la banque a validé trente-trois versements qui auraient notamment permis l’achat de parts dans un hôtel huppé de Manhattan – alors que Jho Low avait été désigné dès 2015 comme un personnage-clé de l’affaire du fonds souverain de Malaisie 1MDB, le plus grand scandale de corruption international de la décennie.

De simples recherches Google

Autre mastodonte américain, Citibank s’est montrée tout aussi complaisante avec l’ancien patron sénégalais de la Fédération internationale d’athlétisme Lamine Diack. Condamné le 16 septembre 2020, à Paris, à quatre ans de prison, dont deux avec sursis, et 500 000 euros d’amende, il avait caché des cas de dopage dans l’athlétisme russe en échange de pots-de-vin. Les « FinCEN Files » montrent que la banque américaine a attendu 2016, près d’un an après son arrestation, pour déclarer aux autorités 112 paiements suspects liés à M. Diack – soit 55,7 millions de dollars laissés passer sans broncher pendant des années, malgré des indices confondants sur le caractère douteux des virements.

> Article réservé à nos abonnés Lire aussi Corruption au sein de la fédération internationale d’athlétisme : les six prévenus, dont son ex-patron Lamine Diack, condamnés

Ces dérapages sont-ils des accidents isolés ? Pas selon les Nations unies, qui estiment qu’à peine 1 % des 2 400 milliards de dollars blanchis chaque année sont détectés par les autorités. Ce que semblent confirmer les documents confidentiels du FinCEN, tant les exemples fourmillent de transactions opérées via des sociétés offshore basées dans des paradis fiscaux opaques comme Chypre, les îles Vierges britanniques, Hongkong ou les Emirats arabes unis, et dont les banques elles-mêmes ne connaissent pas les véritables propriétaires.

En théorie, les banques sont tenues de mettre en place des mécanismes stricts de vérification de leurs clients : la procédure de « KYC » (know your customer – « connaître sa clientèle ») leur impose de savoir qui est la personne physique bénéficiaire de comptes ouverts au nom d’une société. Pourtant, dans la moitié des 2 100 SAR examinés par l’ICIJ, la banque ignorait cette information cruciale.

En maintes occasions, les contrôleurs internes des banques se contentent de simples recherches Google pour se renseigner sur l’identité de leurs clients. Bien souvent, ils ne déposent des déclarations de soupçon qu’après des révélations de presse ou des enquêtes judiciaires sur leurs clients, alors que l’argent a déjà filé ailleurs depuis longtemps.

La banque JPMorgan aurait, par exemple, fait transiter plus de 1 milliard de dollars pour la société chypriote ABSI Securities, entre 2010 et 2015, avant de découvrir dans les médias qu’elle appartenait à Semion Mogilevich, souvent décrit comme le « boss des boss » de la pègre russe. Ce dernier a réfuté toute connaissance de la société.

Des sanctions trop faibles

La Société générale n’est pas en reste. Ce n’est qu’à la suite des révélations des « Panama Papers », en avril 2016, que sa succursale new-yorkaise a été en mesure de répondre au FinCEN, qui s’interrogeait sur plusieurs dizaines de millions de dollars ayant transité par des comptes bancaires d’entreprises domiciliées aux îles Vierges britanniques. Ces comptes avaient, en effet, été ouverts auprès de la filiale suisse de la Société générale, SGPB, qui avait refusé de divulguer le nom des clients dissimulés derrière ces sociétés offshore à son homologue de New York, au nom du secret bancaire !

Il a donc fallu les « Panama Papers » pour lui apprendre qu’il s’agissait, notamment, de membres de la famille Rotenberg, des clients à risques, réputés proches du président russe Vladimir Poutine. Ce qu’elle a finalement fait savoir au FinCEN.

Le problème a pourtant perduré après cet épisode. Comme lorsque la Société générale découvre dans la presse, en juillet 2017, le rôle joué par son client Aras Agalarov, un magnat de l’immobilier proche de Vladimir Poutine, dans les possibles interférences de la Russie dans la campagne présidentielle américaine. La branche new-yorkaise de la banque s’interroge alors sur plusieurs transactions qu’elle a validées, dont un virement de 19,5 millions de dollars entre deux comptes d’Agalarov, le 20 juin 2016 – soit dix jours après sa rencontre secrète avec l’équipe de Donald Trump. Elle se tourne vers la SGPB, en Suisse, pour savoir d’où venait cet argent. Mais l’enquête s’arrête là : « Après de nombreuses relances, [SGPB] n’a pas été en mesure de répondre à nos demandes », s’excuse la Société générale New York auprès du FinCEN, en octobre 2017.

Une évidence s’impose : les grandes banques ne se donnent pas les moyens de combattre efficacement le blanchiment

Cet épineux sujet n’est d’ailleurs pas ignoré des autorités de tutelle. Dans un document de septembre 2019 consacré au « pilotage consolidé » des dispositifs antiblanchiment des banques et des assureurs, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), qui contrôle les banques françaises, écrit que d’importants efforts ont été faits. Mais pointe des « insuffisances » en matière d’« échange intragroupe d’informations nominatives sur la clientèle », et réclame aux banques de mettre en place « des dispositifs permettant un partage fluide et efficace de l’information ».

En parcourant les milliers de pages des « FinCEN Files », une évidence s’impose : les grandes banques ne se donnent pas les moyens de combattre efficacement le blanchiment, en bloquant la circulation de l’argent sale à la moindre suspicion.

Pour John Cassera, un expert en criminalité financière passé par le FinCEN entre 1996 et 2002, les sanctions imposées en cas de manquement sont tout simplement trop faibles. Les amendes de quelques centaines de millions de dollars pèsent finalement peu face aux profits des grandes banques. L’avocat américain James S. Henry estime pour sa part que, pour vraiment changer les choses, « il faut que les hauts cadres dirigeants qui s’occupent de cela se sentent en danger » – et donc mettre en cause leur responsabilité directe, en leur imposant « des amendes ou de la prison ». Déclarations des banques et du FinCEN

Aucune des banques sollicitées par l’ICIJ et ses partenaires n’a souhaité réagir en détail sur les découvertes des FinCEN Files. Soumises au secret professionnel, elles assurent, à l’instar de la Société Générale, ne pouvoir « ni commenter, ni confirmer, ni infirmer l’identité de ses clients ou d’éventuelles transactions financières que la banque aurait réalisées pour le compte de ses clients ». « Les banques ne peuvent faire aucun commentaire sur les rapports d’activités destinés aux Cellules de Renseignement Financier des Etats, étant tenues à la plus stricte confidentialité », ajoute la banque française

En apprenant la publication prochaine de l’enquête, le FinCEN s’est contenté de rappeler à l’ICIJ que la publication des SAR pouvait « compromettre les investigations des forces de l’ordre et menacer la sécurité des institutions et des individus qui déposent ces rapports », et qu’elle pouvait constituer un crime fédéral.

Hasard du calendrier : le FinCEN a proposé le 16 septembre une vaste réforme censée améliorer l’efficacité de la lutte anti-blanchiment, en renforçant les obligations de déclaration des banques.

Anne Michel, Maxime Vaudano et Jérémie Baruch(avec l’ICIJ)

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CAC 40 : le véritable bilan annuel

Une étude complète et intéressante, qui justifie largement  la campagne contre l’impunité des multinationales !A lire, même partiellement !!!

CAC 40 : le véritable bilan annuel Publication 26 septembre 2019
Dividendes, rémunérations, impôts, émissions de CO2, recours au plastique, projets controversés, droits humains et libertés syndicales, lobbying… L’Observatoire des multinationales publie aujourd’hui la deuxième édition de CAC40 : le véritable bilan annuel, une radiographie complète des grandes entreprises françaises, bien au-delà de leurs simples performances boursières. Attac France soutient la publication du véritable bilan annuel des entreprises du CAC 40 qui démontre l’impunité dont jouissent les multinationales. Des actions seront organisées le 12 octobre dans le cadre de la campagne « Stop Impunité », pour mettre les multinationales « Hors Service ».
Quelles sont les performances des grandes entreprises françaises cotées au CAC40 en matière climatique ou sociale, loin des variations de l’indice boursier et des vicissitudes des marchés financiers ? Les émissions de CO2 du CAC40 ont-elles augmenté ou diminué, et quelles sont les entreprises qui ont réellement fait des efforts, et celles qui n’en font aucun ? Comment s’effectue le partage de la richesse produite entre salariés, dirigeants et actionnaires, et quelles sont les entreprises les plus inégalitaires ? Cliquez ici pour télécharger et afficher le rapport en plein écran.
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Le vrai visage de la BNP Paribas

Le vrai visage de la BNP Paribas

Ouragans, incendies, fonte des glaciers, inondations, records de chaleur… se multiplient.

Pour respecter l’objectif de 1,5 degrés de réchauffement , il est impératif de réduire radicalement les émissions de gaz à effets de serre, de laisser inexploitées 80% des réserves d’énergie fossile (gaz, charbon, pétrole), et de financer massivement la transition énergétique.

PENDANT CE TEMPS :

BNP Paribas a investi 12,8 milliards d’euros dans les énergies fossiles en 2016 et 2017 dont près de 1,7 milliards pour les forages pétroliers en mer.

BNP-Paribas est un intermédiaire dans l’industrie de l’évasion fiscale

BNP Paribas  facilite l’optimisation fiscale agressive voire la fraude fiscale*

Cette fraude fiscale  prive de sommes colossales services publics, infrastructures et dépenses d’avenir en particulier dans la transition énergétique.

Rappelons aussi que si BNP favorise la fraude fiscale qui coûte 60 à 80 milliards d’euros au budget de la France, BNP ne fait aucun cadeau à ses client.e.s,

– Rejet de chèque pour solde insuffisant : 30,00 € pour chèque ≤ 50 euros et 50,00 € pour chèque > 50 euro

– Taux de découvert autorisé 15,90%

– Taux de découvert non autorisé 18,40%

Depuis le déclenchement de la crise de 2008, les banques, les multinationales et ceux qui en profitent n’ont jamais été réellement inquiétés. Aucun gouvernement ni aucune institution n’a réussi à s’opposer durablement à leur super-puissance.

Ensemble, mobilisons-nous pour que les banques et les institutions publiques ne fassent plus n’importe quoi avec notre argent.

Seule cette mobilisation citoyenne permettra d’ imposer des réformes radicales afin de mettre la finance au service de la société.

#PasAvecNotreArgent !

Signataires : ATTAC 06 ; GJ ; des citoyen.ne.s en colère ;

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Alors, c’est quand la banque éthique ?

Une mobilisation citoyenne historique est nécessaire !

Nous sommes de plus en plus nombreux à faire évoluer nos modes de vie afin de soutenir un modèle de société plus durable. Mais, cela ne suffira pas.

Si nous laissons la finance continuer à causer des dommages écologiques et sociaux irrémédiables, nos engagements quotidiens perdent de leur sens.

Depuis 30 ans, la Nef permet aux citoyens de reprendre le pouvoir sur leur argent, en soutenant exclusivement des projets à fort impact écologique et social. La Nef poursuit également la construction de son projet de banque éthique. Des étapes importantes ont déjà été franchies, il reste néanmoins des freins structurels et institutionnels à lever pour proposer un compte courant aux particuliers.

La Nef travaille dur, depuis plusieurs années, pour pouvoir lancer ce service tant attendu. Mais aujourd’hui, pour continuer d’avancer, notre coopérative doit impérativement et urgemment grandir, changer d’échelle.

C’est pourquoi nous lançons ce jour une grande mobilisation citoyenne. 

L’objectif : 10 000 nouveaux clients d’ici le 15 décembre 2018. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons peser et montrer aux autorités bancaires que la Nef n’est pas une initiative isolée, mais qu’elle porte les aspirations de dizaines de milliers de citoyens à disposer enfin, en France, d’une banque éthique.

Vous aussi, ouvrez un Livret Nef, parlez-en à vos amis, familles, collègues et partagez notre campagne. 

La finance éthique est en marche et c’est ensemble que nous y parviendrons !

Rejoignez le mouvement sur 
PourLaBanqueEthique.com
Parlez-en autour de vous !

#PasAvecNotreArgent : 10 ans après la crise financière, prenons le contrôle sur la finance et notre avenir !

60 actions en France, des dizaines en Europe et une à Cluny !

#PasAvecNotreArgent : 10 ans après la crise financière, prenons le contrôle sur la finance et notre avenir !

Communiqué 15 septembre 2018

Ce samedi 15 septembre marquait les 10 ans de la faillite de la banque d’affaires Lehman Brothers. A cette occasion plus de 60 actions ont été menées en France et des dizaines d’autres en Europe et aux États-Unis (notamment à New-York, Londres, Dublin, Édimbourg, Berlin, Francfort, Oslo, Prague, Madrid, …) derrière le mot d’ordre #10yearsOn et #PasAvecNotreArgent.
Actions de désobéissance civile, d’éducation populaire, interpellation de décideurs politiques, conférences-débats… Les mouvements sociaux réunis au sein de la coalition « Change Finance » ont porté un message fort pour cette date symbolique : « 10 ans après la crise financière de 2008, prenons le contrôle sur la finance et notre avenir ! ».

En France, il s’agissait notamment de dénoncer la politique d’Emmanuel Macron, qui n’a absolument pas tiré les leçons de la crise financière de 2008 et favorise la dérégulation financière. Pour Raphaël Pradeau, porte-parole d’Attac France : « Flat Tax, suppression de la tranche marginale de la taxe sur les salaires, sabordage de la taxation des transactions financières, etc. Emmanuel Macron et son gouvernement surfent sur le Brexit en déroulant le tapis rouge aux banquiers et aux traders de Londres, prenant le risque d’un nouveau krach financier dont les conséquences économiques et sociales seraient un désastre pour la population ».

Pour Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac France : « Avec l’escalade des dérèglements climatiques et l’imminence d’une prochaine crise financière, nous n’avons plus le luxe d’attendre. Il est urgent d’agir individuellement et collectivement pour signifier aux banques que nous n’allons plus les laisser faire n’importe quoi avec notre argent. »

HSBC, la pire banque du monde ?

A Paris, les militant·e·s ont redécoré à leur manière le siège d’HSBC France sur les Champs-Elysées en déversant sur les vitrines un liquide noir et dégoulinant [1] symbolisant les pratiques sales et polluantes de cette banque. Ils y ont installé une scène de chaos climatique : des dizaines de corps allongés au sol entourés de bidons d’où sortaient un nuage orange, des liquides fluorescents. Un visuel géant a également été déployé sur la devanture rappelant que HSBC a créé 2882 sociétés offshore dans les paradis fiscaux [2] pour permettre à ses riches clients d’échapper à l’impôt et qu’elle a investi 14 milliards de dollars dans les énergies fossiles entre 2015 et 2017 [3]. A Marseille, 78 militant·e·s ont aspergé les vitrines de 3 agences bancaires (BNP Paribas, Société générale et HSBC) du même liquide noir et dégoulinant et ont collé des affiches symbolisant leurs méfaits.

Cette journée d’actions sonnait le lancement d’une campagne qui vise à prendre le contrôle sur la finance et notre avenir. Des centaines de citoyens ont scandé derrière le slogan #PasAvecNotreArgent qu’ils ne voulaient plus que leur argent, leur épargne, serve à financer la spéculation, les dérèglements climatiques et l’évasion fiscale. C’est ce à quoi nous souhaitons nous employer dans les mois à venir en organisant un vaste mouvement de désinvestissement des énergies fossiles et de la finance toxique en France.

Notes de bas de page

[1Réalisé à partir de savon noir écologique, ce liquide se nettoie très facilement et ne provoque aucune dégradation durable.

Informations complémentaires

Victoire pour la justice fiscale : Nicole Briend est relaxée !

Une victoire supplémentaire en justice pour ATTAC dans sa lutte contre l’évasion fiscale des banques et des multinationales ! Laurence

Victoire pour la justice fiscale : Nicole Briend est relaxée !

Communiqué 7 juin 2018

Dans son jugement du 7 juin 2018, le tribunal de Carpentras reconnait que Nicole Briend a mené une action de désobéissance civile, sans intention délinquante, qui ne saurait « être caractérisée comme du vol ». Par sa décision, il confirme la légitimité des actions d’Attac en matière de lutte contre l’évasion fiscale. C’est une victoire pour l’ensemble des militant·e·s venu·e·s à Carpentras demander la #RelaxePourNicole et l’ensemble des citoyen·ne·s qui luttent pour la justice fiscale.
Pour Raphaël Pradeau, porte-parole d’Attac France : « Aujourd’hui, la justice reconnnaît que réquisitionner une chaise dans une banque qui pratique l’évasion fiscale ne peut pas être considéré comme un vol. Après le jugement du TGI de Paris en février 2018, affirmant que les actions d’Attac dans les magasins d’Apple relèvent de l’intérêt général, cette nouvelle décision judiciaire favorable nous encourage à continuer et amplifier les actions de désobéissance civile contre les banques et les multinationales qui organisent l’évasion fiscale. Face à l’inaction et à la complaisance des États, l’action citoyenne entreprise par Attac est reconnue, au travers de ce jugement, comme nécessaire et légitime. »

L’audience de Nicole Briend s’est tenue ce jeudi 7 juin au tribunal de Carpentras. Cette militante d’Attac, proviseure de lycée à la retraite, comparaissait pour « vol en réunion » et « refus de prélèvement ADN », à la suite d’une action de « fauchage de chaises » menée en mars 2016.

Nicole était poursuivie pour avoir participé, avec une dizaine de militant·e·s, à une réquisition citoyenne de chaises afin de dénoncer l’activité de BNP Paribas dans les paradis fiscaux. Cette action s’inscrivait dans le cadre de la campagne collective des « faucheurs de chaises » au cours de laquelle 240 chaises ont été réquisitionnées à travers la France. Plus de deux ans après cette action, BNP Paribas est toujours la banque française la plus implantée dans les paradis fiscaux, où elle détenait 198 filiales en 2017.

Toute la journée une mobilisation était organisée dans les rues de Carpentras, avec près de 500 militant·e·s venu·e·s soutenir Nicole Briend en scandant « c’est la BNP qui vole, c’est pas Nicole » , ou encore, « c’est pas Nicole qu’il faut juger, c’est l’évasion fiscale en bande organisée ». Un large soutien s’est exprimé autours de Nicole Briend qui a pu compter sur la présence de : Philippe Poutou (NPA), Sandra Regol (EELV) , Liem Hoang-Ngôc (FI), Mina Idir (PCF) et François-Xavier Ferrucci (Solidaires Finances Publiques). A l’intérieur du tribunal des témoins se sont succédés pour attester du caractère non-violent et d’utilité publique de l’action des faucheurs de chaises.

Le juge dans son verdict a également reconnu la nullité des poursuites sur les prélèvements ADN, ce qui constitue une victoire supplémentaire : les militant·e·s ne sont pas des délinquant·e·s et n’ont pas à donner leur ADN.

Attac s’engage à poursuivre la lutte pour la justice fiscale et repassera à l’action prochainement.

Informations complémentaires

Attac France — 2018
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Dividendes du CAC 40

Vous avez peut-être déjà lu ou entendu parler du rapport d’OXfam et Basic sur les dividendes distribués en France.

C’est édifiant !
http://www.oxfamfrance.org/communique-presse/justice-fiscale/profits-record-cac40-plus-des-deux-tiers-des-benefices-ont-ete

On peut bien sur se satisfaire de celà, surtout si on est actionnaire, ou se dire que le monde est fou et que l’on y peut rien.

Nous sommes convaincus au contraire qu’il faut inverser ce rapport de force en étant toujours plus nombreux dans la rue en particulier au côté des fonctionnaires le 22 mai et pour ” la grande marée” du samedi 26 mai. Il y a quelques années, il y avait une émission de radio qui s’appelait “Stop ou encore”. Il est temps de dire STOP !

Il faut dire StoP aussi au massacre des Palestiniens le  19 mai, (avec Mâcon Palestine) STOP aux violences policières le 20  mai à Trivy pour la journée d’hommage à Jérôme Laronze, et STOP aux violences  faites aux réfugiés en soutenant la marche qui passera à Mâcon le 28/05 et à Tournus le 29 !

actions ATTAC Mâcon à Charnay-les-Mâcon, Mâcon et Cluny


Nicole Briend, militante d’Attac, est convoquée au tribunal de Carpentras le 6 février 2018 pour vol en réunion et refus de donner ses empreintes ADN. Nicole a participé, avec une dizaine de militant.e.s d’Attac, à une action symbolique de « fauchage de chaises » dans l’agence BNP Paribas de Carpentras le 17 mars 2016. Le comité ATTAC de Mâcon manifeste sa solidarité avec Nicole en agissant de façon non-violente et spectaculaire devant des agences BNP-PARIBAS dans le Mâconnais le 27 janvier 2018.

L’action de réquisition de chaises, symbolique et non violente, pour laquelle Nicole est convoquée au tribunal, s’est déroulée dans le cadre d’une campagne de sensibilisation à l’évasion fiscale, initiée en amont de la COP 21 par le collectif des Faucheurs de chaises afin de démontrer que l’argent nécessaire pour lutter contre les déréglements climatiques existe : il est dans les paradis fiscaux ! Le comité ATTAC Mâcon a aussi « fauché » des chaises à l’agence de Charnay-les-Macon.

On estime à 1 000 milliards d’euros le coût annuel de l’évasion fiscale dans l’Union européenne. En France, ce sont 60 milliards d’euros qui échappent au budget public chaque année à cause de l’évasion fiscale, autant que le budget de l’éducation nationale !

Philippe Fournier, co-président du comité ATTAC de Mâcon explique : « BNP-Paribas est une des principales organisatrices de l’évasion fiscale, pour ses riches clients et pour son propre compte. C’est la banque française qui détient le plus de filiales dans les paradis fiscaux. Elle vient d’ailleurs d’être condamnée pour ces pratiques par les autorités fiscales britanniques. »

Alors, qui vole qui ? Qui est le véritable délinquant dans cette affaire ?

Nicole Briend, mère de famille et grand-mère, a été professeur de lettres, principale de collège, proviseure de lycée. Son souci a toujours été de transmettre des valeurs de solidarité, de respect, d’honnêteté. En tant que citoyenne responsable, elle a voulu signifier que la désobéissance civile devient un recours légitime quand les autorités, qui doivent veiller à l’intérêt général, répugnent à prendre les mesures pour lutter réellement contre l’évasion fiscale. Cet argent volé aux États, et donc aux citoyens, permettrait de financer la transition écologique, réduire la pauvreté, améliorer le « bien vivre » et le fonctionnement des services publics.

Hélène Buathier co-présidente du comité ATTAC de Mâcon indique : « Alors que les organisateurs de l’évasion fiscale jouissent d’une trop grande impunité, ce sont les lanceurs d’alerte et les militants dénonçant l’évasion fiscale qui sont inquiétés par la justice. Nous ne devons pas tolérer que des associations ou de trop nombreux·ses citoyen·ne·s soient poursuivis alors qu’ils agissent dans l’intérêt général. »

Nous appelons à être le plus nombreux possible le 6 février 2018 à 8h30 devant le tribunal de Carpentras ! Débats, animations et hébergements sont prévus dès le lundi 5 février à partir de 18h.

Télécharger (PDF, Inconnu)

Action du 27 janvier après-midi : tous à Cluny à 16h30

onjour à tous,

Nicole Briend, militante d’Attac, est convoquée au tribunal de Carpentras le 6 février 2018 pour vol en réunion et refus de donner ses empreintes ADN. Nicole a participé, avec une dizaine de militant.e.s d’Attac, à une action symbolique de « fauchage de chaises » dans l’agence BNP Paribas de Carpentras le 17 mars 2016. Le comité ATTAC de Mâcon manifeste sa solidarité avec Nicole en agissant de façon non-violente et spectaculaire devant des agences BNP-PARIBAS dans le Mâconnais le 27 janvier 2018. Nous vous invitons à nous rejoindre devant l’agence de Cluny 2 Rue Mercière à 16h30. Venez nombreux.

Laurence

Faites sauter les banques émissions France Culture

 

Je ne sais pas si vous l’avez entendu en direct mais c’est vraiment passionnant ! Laurence

 

 

 

Message du 24/10/17 19:03
De : “Eve-Marie MANIEZ-FRENOY” <emmaniez@wanadoo.fr>
A : “Attac local” <local@attac.org>
Copie à :
Objet : [local] Faites sauter les banques émissions France Culture
A ne pas manquer cette semaine des émissions sur France Culture “LSD, série documentaire” du lundi au jeudi de 17h00 à 18h00 “Faites sauter les banques”. A suivre demain et après-demain ou à écouter en podcast. Eve-Marie Maniez, Attac18>
Hier lundi : Banque toxique, quand la banque nuit gravement à la société

> https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/faites-sauter-les-banques-14-banque-toxique

> Avec :

  • Sébastien Meurand, maire LR de Saint-Leu la Foret (qui explique très bien le système mis en place par Dexia)
  • Dominique Plihon, économiste
  • Jezabel Couppey-Soubeyrand, économiste
  • Patrick Saurin, ancien conseiller clientèle chargé des collectivités
  • Benoît Lallemand, secrétaire générale de Finance Watch et ancien banquier.

 

Mardi : “Lobbys bancaires et banquiers pantoufflards, pourquoi est-il si difficile de réformer la banque” :

> https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/faites-sauter-les-banques-24-lobby-bancaires-et-banquiers-pantouflards

Avec

  • Dominique Plihon, économiste
  • Jezabel Couppey-Soubeyrand, économiste
  • Agnès Rousseaux, co-auteure de «Le Livre noir de la banque» (éd. Les liens qui libèrent)
  • Benoît Lallemand, secrétaire générale de Finance Watch
  • Olivier Petitjean, Observatoire des multinationales
  • Manon Aubry, responsable plaidoyer justice fiscale à l’OXFAM.

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