Conférence d’hier soir de Paul Ariès sur le Revenu Universel

le Revenu inconditionnel ou Revenu de base ou Revenu universel…

avec Paul ARIES

Université Populaire MJC Héritan

Selon Paul Aries, on pourrait aussi l’appeler DIA : Dotation Individuelle d’Autonomie.

Sa vision serait alors un Revenu universel (RU) démonétarisé.

Il y aurait 3 manières de distribuer un RU : en euros, en monnaie locale et par la liberté d’accès au Service Public.

C’est cette dernière solution qu’il est venu présenter.

Le RU démonétarisé à travers la gratuité. Ceci pour désintoxiquer le capitalisme dans notre monde en crise. Une crise systémique qu’il faut considérer comme une réunion de plusieurs crises.

La gratuité concernerait le service public (au singulier). Un service public dont tout le monde pourrait jouir ne représenterait pas un revenu de survie mais plutôt permettrait de vivre bien. Cette option d’étendre la gratuité ne serait pas une roue de secours mais plutôt une autre façon de faire société ensemble. Il n’y a pas de biens ou services qui doivent être marchands, qu ‘ils soient vitaux ou autres. Tous les services peuvent être gratuits. Il faut redonner la conscience aux usagers, la conscience du bon usage.

Ne pas rendre gratuit tout ce qui existe mais repenser notre société et lui donner une forte valeur sociale, politique, écologique et démocratique.

Par exemple : gratuité des cantines scolaires (avec une organisation locale autour de l’installation d’un producteur..), des transports en commun ( comme à Aubagne : réduire les inégalités entre anciens qui étaient exemptés de payer et jeunes qui ne payaient pas ; liberté de déplacement ; choix écologique), de l’eau vitale, des services funéraires ( la mort comme commun de l’humanité), des Maisons municipales de la santé ( repenser la santé physique, psychique et sociale, s’organiser vers des collectifs de patients).

Moyens financiers possibles !! Les investissements dans l’armement, dans la publicité…sont colossaux !!

Desserrer l’étau de l’économisme qui mène au sentiment que «  le plus est le mieux ».

Il faut chercher des solutions en dehors du mythe de la croissance.

Le service public doit être vu comme la 1ère richesse d’un individu et non pas les biens personnels. Il faut s’inscrire à l’échelle de la planète ! Même si nous n’avons comme patrimoine que 5000euros, nous appartenons déjà aux 50 % les plus riches de la planète !!!

Les solutions doivent être valables pour toute l’humanité. Le combat est planétaire, le nord et le sud doivent converger.

Le pouvoir d’achat n’est pas le pouvoir de vivre.

Reprendre confiance dans le combat d’émancipation.

Il y a deux façons de faire de la politique : la peur qui mène au populisme, et l’espoir qui mène à l’émancipation.

Il y a aussi deux façons de faire la gratuité : qu’elle soit réservée aux plus pauvres ( contrôles, flicages…), qu’elle soit réservée à tous comme émancipation vers l’égalité.

L’argument choc contre la gratuité est souvent la ‘dévalorisation’ : ce qui n’a pas de prix, n’a pas de valeur… Considérons la valeur du commun universel : le partage, la solidarité !

Prise de Parole de Michel Maillet, responsable CGT.

Au sein de la CGT on a réfléchit à la version monétarisée, elle représente l’assistanat des plus pauvres et mène à une diminution des emplois.

A travers le Revenu Universel, comment est considéré le « travail » ?

Pour nous, le travail est émancipateur et créé entre autres des services pour les besoins des populations. Nous ne devons pas dévaloriser le travail ! Nous travaillons sur les statuts du travail salarié, nous voulons que les droits soient attachés à la personne et transférables entre les entreprises. Nous voulons une Sécurité sociale professionnelle, dans l’entreprise, qui maintienne les revenus si maladie et arrêt. Et enfin, le RU ne peut être bénéfique que s’il ne soit pas en dessous du seuil de pauvreté. Impact à redouter : la baisse des salaires.

Réponse de Paul ARIES

Je suis pour «  travailler moins pour travailler tous ». Le plein emploi social est positif mais sortant d’une idéologie productiviste.

Attention, le travail peut être émancipateur mais aussi aliénant !

Le rapport au travail dans les milieu populaire : Le 1er, le plus important, est le rapport aux collègues, et le 2ème est l’utilité.

Il n’y a que dans le milieu aisé que le 1er est le salaire !

Il faut donc libérer le travail !

Le problème de monétariser ou bien de la sécurité sociale professionnelle est que ça va redonner du pouvoir d’achat dans le même contexte et donc la consommation sera toujours tournée vers par exemple la ‘malbouffe’ ! Comment concilier la Sécurité sociale pro. Et changer la société et notamment écologique ?

La solution est d’inventer d’autres modes de vie. Il faut rendre visibles les milieux populaires et les alternatives.

Par exemple, à Aubagne la gratuité des transports a montré qu’on pouvait faire autrement, a remplacé les contrôleurs par des animateurs dans les transports, la culture y a sa place, les échanges aussi et le bon vivre…

Au départ les Comités d’Entreprise proposaient des nouvelles façons de faire du tourisme, plus maintenant ! Ils nourrissent les agences de voyage.

Il y a des alternatives, certains proposent l’Accueil paysan par exemple !

En lien avec l’actualité aux Etats-Unis, lorsqu’on n’a pas d’alternatives on perd des voix ( Clinton).

Considérons l’état de la planète et de ses ressources ! Nous avons déjà dépassé le seuil !!

De la jouissance d’avoir et de consommer nous devons aller vers la jouissance d’ »être » !

Avant de consommer il n’y a pas rien !!

Et puis par soucis d’équité, et pour l’égalité, nous devons aussi installer la condition d’un revenu maximal autorisé.

Interventions du public

– Place du mot emploi ? Parler d’ » activité »

Quelle est la place de l’activité rémunérée ? Est-elle plus importante que l’autre activité (domestique par exemple?).

Questionnement sur le Revenu monétarisé, le Temps de travail, la retraite.

– Réponse de Paul Aries : il faut se poser la question de l’utilité de notre activité.

Ne soyons pas dans un combat défensif. Ne défendons que les valeurs. Nous devons être partageux.

Nous avons plein de choses à faire en dehors du travail. Comme venir à cette conférence par exemple et ça n’est pas moins utile !!.

Au niveau du RU monétarisé, s’il ne s’élevait qu’à 500euros, les sommes d’argent à sortir seraient énormes et nous ne savons pas du tout si ça résoudrait quelque chose. En tous les cas, le système monétaire serait toujours là et 500euros n’est pas viable !

– Réponse de Michel Maillet : Le sujet du temps de travail est essentiel. Nous devons aussi considérer la place des nouvelles technologies et leur rôle dans le travail. Elles réduisent la part de travail humain.

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