INFOS AMIANTE

Indemnisation des victimes professionnelles du Covid 19 – Tripode – Usine des Dunes (Dunkerque) – Bosch – réglementation : copropriétés, repérage avant travaux – risques sanitaires et environnementaux dans les écoles – Inertam

Voici les dernières “INFOS AMIANTE”

(revue de la presse écrite et autres médias)

Bonne lecture

Alain Bobbio   


Pour en savoir davantage sur la vie des associations de l’Andeva et leurs mobilisations.

http://andeva.over-blog.com/

Pour accéder au site Internet de l’Andeva

http://andeva.fr/

LE MONDE

2 juillet 2020


Les « cas sévères » de Covid-19 reconnus en maladie professionnelle

Les malades pourraient bénéficier d’une prise en charge spécifique

Raphaëlle Besse Desmoulières et Bertrand Bissuel

Il aura fallu un peu plus de trois mois au gouvernement pour esquisser les modalités permettant à des travailleurs, qui ont contracté le Covid-19 dans le cadre de leur activité, de le faire reconnaître en maladie professionnelle. Le 23 mars, après le décès de cinq médecins, Olivier Véran avait pris cet engagement « pour tous les soignants qui sont tombés malades » : « Il n’y aura aucun débat là-dessus », avait ajouté le ministre des solidarités et de la santé. Une annonce qu’il a finalement concrétisée, mardi 30 juin, dans un communiqué commun, paraphé par son cabinet, celui de la ministre du travail, Muri el Pénicaud, et du secrétaire d’Etat chargé des retraites, Laurent Pietraszewski.

La démarche de l’exécutif comporte deux volets : « une reconnaissance automatique » et systématique pour les soignants; « une reconnaissance facilitée » pour les autres professionnels « ayant travaillé en présentiel pendant la période du confinement . Dans un cas comme dans l’autre, l’objectif est d’ « éviter les procédures complexes . Seront concernées les personnes ayant développé une « forme sévère » de la pathologie liée au SARS-CoV-2. Au ministère de la santé, on précise vouloir viser les types « de coronavirus suffisamment graves pour né ;cessiter une assistance respiratoire .

Une telle mesure offre « une prise en charge des frais de soins à hauteur de 100 % des tarifs d’assurance-maladie », une meilleure couverture en termes d’ « indemnités journalières » lors des arrêts de travail et « une indemnité (…) en cas d’incapacité permanente . Enfin, si la personne meurt, une rente est versée à ses ayants droit. Pour l’heure, le ministère de la santé indique ne pas être en capacité de donner le nombre de bénéficiaires potentiels, ni le co 51;t du dispositif.

« Un pas en avant »

Seront éligibles à une reconnaissance automatique « tous les soignants des établissements sanitaires et médico-sociaux . Les personnels non soignants, qui travaillent « en présentiel dans ces structures » pourront également la réclamer, tout comme les individus « assurant le transport et l’accompagnement des personnes atteintes du Covid-19 . Même chose, enfin, pour les professionnels de santé libéraux. L’automaticité de la reconnaissance pour ces catégories d’actifs se justifie par la présomption « assez forte d’être exposé, quand on soigne des personnes infectées », affirme-t-on au cabinet de M. Véran.

Pour les autres travailleurs touchés par la maladie, un « comité unique de reconnaissance national » dédié au Covid-19 sera créé de manière à « assurer l’homogénéité du traitement » des dossiers. Les personnes qui déposent une demande ne se verront pas exiger un « taux d’incapacité permanente », qui serait lié aux séquelles causées par l’affection.

Les annonces de mardi feront l’objet d’un décret qui devrait être publié « au plus tard mi-juillet », selon l’entourage de M. Véran. Du côté des syndicats, les réactions sont très contrastées. « C’est un pas en avant, qui va dans le sens ce que nous avions demandé », confie Pierre-Yves Montéléon (CFTC). Un arbitrage dépasse même les espérances de la centrale chrétienne : le fait de ne pas conditionner la reconnaissance du Covid-19 en maladie professionnelle à l’existence de séquelles. « Les intentions sont bonnes », résume M. Montéléon.

Secrétaire général de Force ouvrière, Yves Veyrier estime, pour sa part, avoir été « partiellement entendu » mais attend encore des « précisions » afin de « s’assurer que ces dispositions ne conduisent pas à exclure des personnes, pour des raisons illégitimes . Catherine Pinchaut (CFDT) exprime sa déception : pour elle, l’exécutif « reste au milieu du gué » : « Tous ceux qui ont continué à travailler et qui sont tombés malades ne sont pas placés sur un pied d’égalité. C’est un régime à deux vitesses [entre les soignants et les autres] : il reste les premières et les secondes lignes. » Une critique partagée par Jérôme Vivenza (CGT). « Pourquoi cette différence ? C’est la mê ;me maladie qui a été contractée sur le lieu de travail, ça devrait être la même indemnité », juge-t-il.

Dans le monde associatif, les premiers commentaires sont défavorables. « Nous ne sommes pas du tout satisfaits », déclare même Nadine Herrero, présidente de l’Association des accidentés de la vie. Elle rappelle que son organisation plaidait en faveur d’une « solution simple, rapide et efficace », à travers la mise en place d’un fonds d’indemnisation des victimes : l’option finalement retenue va dans le sens inverse et ressemble à une « usine à gaz », selon elle.

« On reste dans un système de réparation forfaitaire qui accorde des indemnisations limitées », complète Alain Bobbio, secrétaire national de l’Association nationale de défense des victimes de l’amiante. Pour lui, le gouvernement fait, de surcroît, l’impasse sur un point important au sujet des personnels soignants, relevant de la fonction publique hospitalière et vivant en couple sans être mariés : pour ceux qui sont morts du Covid-19, leur compagnon (ou compagne) survivant(e) n’aura pas droit à une rente, contrairement aux salariés du privé sauf si la loi est modifiée en ce sens.


COMMUNIQUE DE PRESSE DE L’ANDEVA
 Vincennes, le 1 er juillet 2020  


Indemnisation des victimes professionnelles de la Covid19
Des avancées insuffisantes… Encore un effort pour la justice sociale, Monsieur Macron !


Les ministres du Travail et de la Santé ont annoncé le 1 er juillet les modalités de
reconnaissance des maladies professionnelles des personnes « atteintes de la COVID 19
dans sa forme sévère » : cette reconnaissance sera « systématique » et « automatique »
pour les soignants, avec la création d’un tableau de maladies professionnelles. Pour les
autres, elle sera « facilitée » par la Création d’un comité national unique qui examinera les
demandes de « tous les travailleurs ayant travaillé pendant la période de confinement » qui
pourront être indemnisés s’ils démontrent une « probabilité forte d’avoir été atteintes de la
Covid-19 dans le cadre de leur activité professionnelle ».


L’Andeva se félicite de ces avancées mais les annonces du gouvernement ne répondent que
partiellement à ses demandes ainsi qu’à celles des autres associations de victimes et des
organisations syndicales.


Ainsi, il eut été plus simple et plus juste de ne pas distinguer les soignants des autres
professions En établissant une r 3;paration automatique pour les premiers et un autre mode
pour les seconds, même simplifié, le gouvernement fait un choix très discutable.


De même, en refusant aux victimes une réparation intégrale de tous leurs préjudices par un
fonds d’indemnisation, le gouvernement se limite à une réparation forfaitaire dans le strict
cadre du système de réparation des maladies professionnelles – dont il reconnait lui-même la
complexité. Vu les graves défaillances de la protection des personnes à qui l’on a demandé
de continuer de travailler sans masques ni gel hydroalcoolique notamment – cette réparation
au rabais est assez scandaleuse.


Enfin, l’Andeva constate qu’il y a encore beaucoup de zones d’ombre et attend de s
engagements précis du gouvernement sur plusieurs de points fondamentaux :


– Quid des victimes contaminées « par ricochet » via leur conjoint ?

– Qui percevra une rente en cas de décès ? dans la fonction publique, elle n’est
attribuée qu’aux personnes mariées, les concubins.es, les pacsé.es n’étant pas –
sauf si la loi change – considérées comme ayant-droit.
– Quelles seront les « recommandations pour faciliter la reconnaissance des maladies
professionnelles » adressées par le gouvernement au « Comité unique national de
reconnaissance », et quelle sera la composition dudit comité ?


L’Andeva réitère sa demande au président de la République d’un système plus juste et
plus simple pour TOUTES les victimes professionnelles de la Covid19


Intersyndicale amiante du Tripode Beaulieu de Nantes
Insee, Finances Publiques et Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères
Cgt, Cfdt, Fo, Cftc, Solidaires, Asam-Unsa


COMMUNIQUÉ DE PRESSE
30 juin 2020


Tripode : la Cour Administrative d’Appel de Nantes a rendu ses arrêts ce 30 juin 2020
Cette audience concernait les 10 dossiers des agents Tripode, issus du Ministère de
l’Europe et des Affaires Étrangères, qui avaient été jugés prescrits par le Tribunal
administratif le 19 juin 2018.


La Cour Administrative d’Appel a suivi les conclusions du rapporteur public :
– Elle réaffirme la double faute de l’État en tant qu’employeur et en tant que législateur à
l’encontre des personnels ayant été exposés à l’amiante dans le Tripode Beaulieu à
Nantes ;
– Elle considère que les dossiers ne sont pas prescrits ;
– Elle a retenu les montants d’indemnisations proposés par le rapporteur public, qui sont
gradués de 2 000 à 11 000 euros en fonction du temps de présence des requérant.e.s
dans le Tripode. Mais aucun agent n’est exclu de l’indemnisation.
– 2 000 euros de frais de justice s’y ajoutent.


Me Lafforgue s’était appuyé sur la réalité des 42 maladies professionnelles reconnues
pour démontrer que le degré de gravité des maladies n’était pas en rapport avec la durée
d’exposition, constatation générale dans les expositions à l’amiante.

La Cour d’Appel ne l’a hélas pas suivi sur ce point.


L’Intersyndicale amiante Tripode se félicite de ces arrêts qui confirment que les
agents ayant travaillé dans le Tripode auraient dû et pu être protégés par l’État
législateur et employeur.


C’est une très grande victoire morale et une immense reconnaissance pour toutes
et tous les agents du Tripode qui avaient fait confiance à leur employeur lorsque
celui-ci affirmait que l’amiante n’était pas un danger pour eux.


L’Intersyndicale remercie Me François Lafforgue et Me Macouillard, du cabinet TTLA
(Teissonnière, Topaloff, Lafforgue et Andreu), qui se sont énormément investis pour
aboutir à ces succès, dont nous espérons que le Tribunal Administratif s’inspirera
dans ses jugements à venir.


Merci à nos collègues qui ont eu le courage d’entreprendre ces recours et qui voient
leur exposition reconnue -insuffisamment, pour certain.e.s.


Enfin nous demandons aux administrations de renoncer à toute forme de
contestation de ces décisions de justice.


Toutes les actualités sur le site https://www.les-amiantes-du-tripode.fr/


OUEST FRANCE (Nantes)
1 juillet 2020


Amiante au Tripode: neuf indemnisés

Exposés à l’amiante, ces agents du ministère des Affaires étrangères recevront 

jusqu’à 11 000 €.

Justice

Quinze ans après la démolition du Tripode, cet immeuble nantais saturé d’amiante, le personnel exposé à sa toxicité entre 1972 et 1993, obtient progressivement réparation de la faute de l’État dans la prévention du risque.

Dans un arrêt rendu ce mardi 30 juin, la cour administrative d’appel de Nantes a fixé les indemnisations de neuf agents du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères entre 2 000 € et 11 000 €, en fonction de la durée d’exposition à l’inhalation de fibres potentiellement cancérogènes. Les juges ont suivi les préconisations du rapporteur public à l’audience du 12 juin.

Fait rare, les «  troubles dans les conditions d’existence  » se sont ajoutés au «  préjudice moral d’anxiété  » pour le requérant le plus indemnisé qui justifiait d’un suivi médical pénalisant. 79 agents de l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) et 60 du ministère des Finances attendent, ces prochains jours, l’arbitrage du tribunal administratif.

Satisfaite de cette «  très grande victoire morale  », l’Intersyndicale amiante Tripode «  demande aux administrations de renoncer à toute forme de contestation de ces décisions de justice  ».


 AFP Infos Françaises

30 juin 2020


Amiante: l’Etat condamné à indemniser dix ex-agents de la tour Tripode à Nantes

Rennes, 30 juin 2020 (AFP) – – La justice a condamné mardi l’État à verser 49.000 euros d’indemnisations à dix ex-agents du ministère des Affaires étrangères qui avaient été exposés, dans les années 1970 à 1990, aux poussières d’amiante de la tour Tripode de Nantes.

La cour administrative d’appel de Nantes a retenu le préjudice de l’anxiété et annulé les dix jugements rendus en première instance, le 19 juin 2018, par le tribunal administratif de Nantes.

Les indemnisations prononcées vont de 2.000 à 11.000 euros.

Construit à la fin des années 1960, le “Tripode”, immeuble situé sur l’Ile de Nantes, a h 3;bergé à compter de 1972 des services du ministère des Affaires étrangères, de l’Insee et du Trésor.

Il a été réalisé avec un recours massif à une protection en amiante, matériau très prisé à l’époque pour sa résistance à la chaleur, précise la cour dans un communiqué de presse.

Ce matériau a cependant été interdit d’utilisation à partir de 1997 en raison des graves risques pour la santé, notamment des risques de cancers à très mauvais pronostic (poumon, pl 2;vre), que faisaient courir aux occupants l’inhalation de micro-fibres d’amiante.

Les maladies liées à l’exposition à l’amiante peuvent survenir au bout d’une période de latence de 15, 20 voire 40 ans. La tour Tripode a été évacuée à partir de 1993 pour être désamiantée puis démolie en 2005.

En première instance, le tribunal avait rejeté les demandes des agents, les estimant tardives compte tenu des règles régissant la prescription des dettes de l’État, rappelle la cour d’appel.

En effet, alors qu’ils avaient été informés depuis 2007 du risque encouru, les intéressés n’avaient saisi l’administration d’une réclamation indemnitaire qu’en 2016.

Les juges d’appel ont considéré de leur côté “qu’à compter de 2015, le risque lié à l’exposition à l’amiante a été réévalué pour être qualifié d’intermédiaire”.

“Dans ces conditions, la probabilité de déclarer une maladie pouvait être regardée comme accrue, de même que l’anxiété des personnes concernées. En conséquence, la cour considère que l’année 2015 constitue le nouveau point de départ du décompte de la prescription, de quatre ans, des dettes de l’État, et juge recevables les demandes indemnitaires”, précise le communiqué


LA VOIX DU NORD (Dunkerque)

1 juillet 2020


Dernière ligne droite pour la reconna issance de l’usine des Dunes comme site amianté

Par Benjamin Cormier dunkerque@lavoixdunord.fr LEFFRINCKOUCKE. Ils ne baisseront pas la garde. Pas maintenant. Les salariés victimes de l’amiante de l’usine des Dunes ont une nouvelle fois manifesté leur colère devant le site, hier matin, en bloquant l’accès des véhicules tout en laissant les salariés accéder à leur poste de travail. Le dossier est toujours le même. Des travailleurs attendent de leur direction qu’elle leur fournisse les contrats de travail et les documents certifiant leur exposition à l’amiante durant leur période d’activité, des documents indispensables pour monter de s dossiers devant la justice en préjudice d’anxiété. Cette bataille a été engagée suite à la reconnaissance, en décembre 2018, par le tribunal administratif de Lille, de l’usine des Dunes comme site amianté pour la période comprise entre 1966 et 1985. Vingt-six personnes, âgées d’environ 59ans, sont encore concernées à ce jour. «Elles seraient en droit de partir en préretraite, mais ne peuvent le faire, précise Claude Tange, représentant de l’ADVASUD-CGT(1). Car la direction a fait appel de la décision. Elle pe rsiste, en refusant de délivrer les documents, à faire croire qu’il n’y a jamais eu d’amiante…»

Jugement fin juillet

Mercredi 24 juin, les salariés sont ainsi allés défendre encore une fois leur point de vue devant les magistrats. «On a reposé la question: Comment expliquer que 800 personnes aient été reconnues amiantées par la sécurité sociale et que 200 soient décédées des suites d’un mésothéliome s’il n’y avait pas d’amiante? C’est aberrant…» Le jugement définitif de la cour d’appel de Douai sera rendu d’ici trois semaines. «Si on gagne, normalement, la direction devra se conformer à la décision. Il ne devrait plus y avoir de contestation possible», espère Claude Tange, président de l’ADVASUD-CGT. Il annonce qu’une mobilisation sera aussi organisée dans quelques jours devant la médecine du travail. «Elle non plus n’a pas fait son travail en ne délivrant pas les certificats d’exposition à l’amiante.» Enfin, la préfecture sera interpellée par l’association sur la situation actuelle de l’usine: «L’aciérie (qui a fermé, comme le laminoir, lire ci-dessous) est en cours de démontage, sans même qu’il y ait eu de désamiantage… 7;, note le syndicat. (1)Association de défense des victimes de l’amiante de la sidérurgie de l’usine des Dunes.


COURRIER PICARD

1 juillet 2020


JUSTICE

Dernière ligne droite pour les ex-Bosch


Pour eux, c’est un jour historique. Ce mardi 30 juin, les ex-salariés de Bosch, à Beauvais, font face à la chambre sociale de la cour d’appel de Douai (Nord). S’ils ne sont qu’une quinzaine du voyage, c’est à cause des règles sanitaires. Mais leur avocate, Me Barbara Vrillac, porte la demande de 400 anciens employés exposés aux risques de l’amiante. Au terme d’un très long parcours juridique, tous font valoir un «préjudice d’anxiété», cet état de reconnaissance instauré en 2010 par la Cour de cassation, qui permet de demander des indemnités en réparation de l’inqui&# 233;tude permanente de tomber malade. «On passait un coup de soufflette pour dire c’est propre» Me Barbara Vrillac Pour chacun de ses protégés, Me Vrillac demande 20000 euros. Tout en sachant que d’autres salariés du groupe, à Drancy et en Anjou, n’en ont obtenu que 8 000. «Mais ils attendent depuis si longtemps…», souligne-t-elle, à l’intention du tribunal. «Et puis, ils ont déjà perdu 25 collègues. Dont 10 depuis la Cour de cassation.» L’avocate fait référence à cette décision de la plus haute juridiction qui en janvier 2018 a cassé un arrêt de la cour d’appel d’Amiens qui avait débouté ses clients. Depuis, Bosch a tenté de saisir le Conseil constitutionnel d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC). En vain. Désormais, on ne peut plus revenir en arrière. Il n’y a plus qu’à fixer le montant des indemnités. La chambre sociale a mis sa décision en délibéré au 25 septembre. Il y a vingt ans, partaient les premiers salariés en pré-retraite amiante (ACAATA). Depuis, les avocats s’affrontent sur un terrain d’une extrême complexité. Me Sylvie Gallage-Alwis, conseil de Bosch, rappelle que le site était la propriété d’Allied-Signal (devenue Honeywell). Les installations avaient été vendues à Bosch, fabricant de maîtres-cylindres pour les systèmes de freinage.

L’usine avait changé de mains

Au terme du contrat-cadre passé entre les deux sociétés, «Allied avait conservé tout le passif amiante, assure l’avocate. Je pourrais m’arrêter là», souffle-t-elle, estimant que les salariés auraient été «plus prudents» en poursuivant également Honeywell qui existe toujours. L’avocate des salari 3;s se souvient bien de ce contrat américain. La vérité, selon elle, le cessionnaire (Bosch) n’était dégagé du passif amiante que pour les États-Unis où les fibres étaient interdites depuis plus longtemps qu’en France. Au terme d’un exposé très technique, Me Vrillac se fait plus claire: «Regardez les témoignages. C’était du n’importe quoi. L’entreprise savait qu’il y avait des risques de cancer, la poussière était partout, jusque dans les bureaux à l’étage. On passait un coup de soufflette pour dire : c’est propre. Mais rien n’était fait pour protéger les salariés.» PASCAL MUREAU


LE MONITEUR (site web)
30 juin 2020


Ce qui change au 1er juillet 2020

Traditionnellement, le 1er juillet, de nouvelles mesures s’appliquent au secteur du BTP. En ce début d’été, le droit d’accès en ligne des copropriétaires aux documents de gestion de l’immeuble est précisé, des repérages amiante s’imposent sur certaines installations, des volumes bonifiés de CEE dans le cadre d’un contrat de performance énergétique sont octroyés… Passage en revue de ces nouvelles règles. 

Copropriétés Une documentation sur la gestion de l’immeuble accessible en ligne 

La loi Elan (article 205) est venue modifier l’article 18 , I, dernier alinéa de la loi Copropriété du 10 juillet 1965. A partir du 1er juillet, les extranets concernant la gestion de l’immeuble ou des lots, que les syndics de copropriété professionnels sont tenus de mettre en place, doivent comporter un contenu minimal déterminé par décret. Certains documents doivent être accessibles à tous les copropriétaires; d’autres à chaque copropriétaire pour son lot; et d’autres enfin aux seuls membres du conseil syndical. Entrent par exemple dans la première catégorie le règlement de copropriété, les contrats d’assurance de l’immeuble, l’ensemble des contrats et marchés en cours signés par le syndic; et dans la deuxième, le montant de la part du fonds de travaux rattachée au lot du copropriétaire arrêté après approbation des comptes du syndicat par l’assemblée générale annuelle . 

Texte de référence : décret n° 2019-502 du 23 mai 2019 relatif à la liste minimale des documents dématérialisés concernant la copropriété accessibles sur un espace sécurisé en ligne Amiante 

Une nouvelle p hase pour le repérage avant travaux 

Un décret n° 2019-251 du 27 mars 2019 a décalé l’entrée en vigueur du repérage avant travaux (RAT) de l’amiante, initialement fixée le 1er octobre 2018 (décret n° 2017-899 du 9 mai 2017). Déjà effective pour les immeubles bâtis depuis le 1er mars 2019, cette obligat ion de RAT s’applique à compter du 1er juillet 2020 aux “installations, structures ou équipements concourant à la réalisation ou la mise en oeuvre d’une activité”- l’arrêté devant définir plus précisément les modalités de ce repérage n’étant cependant pas encore paru. 

Prochaine échéance, le 1er octobre 2020 pour les “autres immeubles tels que terrains, ouvrages de génie civil et infrastructures de transport”. Texte de référence : décret n° 2019-251 du 27 mars 2019 relatif au repérage de l’amiante avant certaines opérations et à la protection de s marins contre les risques liés à l’inhalation des poussières d’amiante


LE MONDE (site Web)

29 juin 2020

« Pour une école plus résiliente face aux risques sanitaires et environnementaux »

Collectif

Alors que la crise sanitaire a selon eux « mis en évidence l’inadaptation du bâti et de l’environnement scolaire », des responsables associatifs demandent, dans une tribune au « Monde », la tenue d’« états généraux de l’environnement scolaire ».

Le Monde (site web)
societe, lundi 29 juin 2020 – 18:30 UTC +0200 1021 mots
« Pour une école plus résiliente face aux risques sanitaires et environnementaux »

Collectif
Alors que la crise sanitaire a selon eux « mis en évidence l’inadaptation du bâti et de l’environnement scolaire », des responsables associatifs demandent, dans une tribune au « Monde », la tenue d’« états généraux de l’environnement scolaire ».

Cette tribune est parue dans « Le Monde de l’éducation ». Si vous êtes abonné au Monde, vous pouvez vous inscrire à cette lettre hebdomadaire en suivant ce lien.

Durement ébranlée par la crise due au Covid-19, l’école doit devenir plus résiliente face aux risques sanitaires et environnementaux pour accueillir tous les élèves dans des conditions satisfaisantes et leur offrir un environnement sain, qui corresponde à l eurs besoins. Pendant les deux mois de confinement, l’école ne s’est faite qu’à distance, creusant les inégalités malgré l’engagement des personnels éducatifs.

Puis, quand la reprise scolaire a été annoncée, les règles du protocole sanitaire et l’exiguïté des locaux, conçus pour offrir 2,40 mètres carrés à chaque élève, n’ont permis qu’à une minorité d’enfants de retourner en classe. Au 4 juin, seuls un quart des écoliers et un cinquième des collégiens avaient pu le faire, et souvent à un rythme très partiel. Le protocole sanitaire a donc dû être remanié et allégé en urgence pour rendre possible la scolarisation de tous les enfants.

« Ecole caserne »

La crise n’a fait que révéler la saturation des classes et mis en évidence l’inadaptation du bâ ti et de l’environnement scolaire, sur le plan sanitaire mais aussi pour le bien-être et les apprentissages des élèves.

Souvent hérités des modèles de « l’école caserne » ou de l’architecture « Pailleron », les établissements scolaires ne prennent pas suffisamment en compte la dimension pédagogique de l’espace extérieur. Au retour du confinement, plusieurs pays ont recommandé de développer les classes dehors (notamment le Danemark et la Belgique) parce que dehors l’air est moins confiné, le virus moins dangereux et l’espace ouvert libère des contraintes. Enseigner à l’extérieur est vu désormais comme une solution « pertinente » par la rectrice de l’académie de Poitiers et cela est d’ailleurs une « possibilité encouragée » dans le protocole sanitaire publié le 18 juin. Alors donnons-nous les moy ens de développer ce modèle pour tous. Quand l’école en plein air n’est pas possible, en milieu urbain par exemple, débitumons et végétalisons les cours et les abords des établissements scolaires, pour permettre à la jeunesse de se reconnecter à la nature.

Par ailleurs, l’air extérieur, même aux abords des écoles, reste pollué. L’étude réalisée par l’association Respire montre que 464 établissements dépassent les valeurs légales pour le monoxyde d’azote (NO2) en Ile-de-France ; 100 % des établissements de Paris et de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne) dépassent les seuils de particules fines (PM2,5) recommandés par l’Organisation mondiale de la santé. En zone urbaine, cette pollution provient essentiellement du trafic routier, qu’il faut donc diminuer, en particulier aux abords des établ issements.

La crise due au Covid a montré combien ces abords étaient négligés, avec des trottoirs étroits et souvent tellement encombrés qu’ils ne permettent ni le respect des distances de sécurité sanitaire pour les parents ni un accès confortable et sécurisé aux écoles. C’est pourquoi il faut apaiser l’entrée des établissements, en créant un parvis piétonnier et convivial autour de l’entrée. Cela de manière participative, car les parents doivent avoir leur mot à dire dans la transformation à venir des écoles. Dans les zones rurales, des champs traités aux pesticides jouxtent les écoles…

Un « new deal » du bâti scolaire

L’état du bâti scolaire met aussi en danger la santé des élèves et des personnels. Selon Santé publique France, au moins vingt agents et enseignants de l’& #233;ducation nationale développent chaque année un cancer incurable en raison d’une exposition à l’amiante sur leur lieu de travail. Plusieurs rapports ont récemment montré que nos établissements scolaires contiennent encore énormément d’amiante et que la législation en vigueur est très mal appliquée : 46 % des écoles primaires ne possèdent pas de dossier technique amiante (DTA) et 22 % des écoles diagnostiquées contiennent des matériaux amiantés dégradés. Comment est-il encore possible d’accepter une telle mise en danger des personnels et des élèves ?

Après ces deux mois de confinement suivis d’une reprise scolaire très partielle, il devient urgent de repenser globalement notre modèle et d’exiger la tenue d’états généraux de l’environnement scolaire. Finançons un véritable « new deal » pour diagnostiquer et réhabiliter les établissements d’enseignement. Les collectivités locales ne peuvent assurer à elles seules tous les investissements nécessaires.

Sortir du confinement doit être l’occasion de sortir de la classe, mais aussi de transformer profondément l’école de demain pour la rendre plus résiliente. Développons le modèle de l’école en plein air, ensauvageons les espaces extérieurs pour réduire l’effet des canicules et favoriser l’épanouissement des élèves. Il est urgent de réfléchir au sens que nous donnons à l’éducation devant les crises annoncées, qui nous ont saisis pour le moment dans une impréparation extrême. Les élèves doivent recevoir une formation plus adaptée à l’époque que nous vivons. Réclamons des mesures pour rendre l’école plus respectueuse de son environnement et plus ouverte sur la nature, parce que les élèves sont aussi des enfants et des jeunes adultes, qui ont besoin d’être en contact avec le vivant, de s’émerveiller pour grandir et préparer le monde à venir. Transformons l’école pour qu’elle ne mette pas en danger leur développement physique et cognitif.

Liste des signataires : Rodrigo Arenas et Carla Dugault, co-présidents FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves), Olivier Blond, directeur de Respire; Maryse Chrétien, présidente de l’AGEEM (Association générale des enseignants des écoles et classes maternelles publiques); Muriel Fifils, membre fondatrice du collectif Tous Dehors France et fondatrice de l’école Caminando; Laurence Hansen-Love et Laure Pillot, membres du collectif Enseignant.e.s pour la planète; Julie Ricard, présidente du RPPN (Réseau de p 33;dagogie par la nature); Cyril Verlingue, président de l’association Urgence Amiante Ecoles


BOURSIER (site web)

1 juillet 2020


Europlasma : mise en chauffe de l’usine de traitement des déchets d’amiante Inertam

A l’issue de cette mise en chauffe d’une dizaine de jours, l’installation d’Europlasma recommencera à traiter les déchets d’amiante à Morcenx…

Europlasma annonce la mise en chauffe de son usine de traitement des déchets d’amiante Inertam, située à Morcenx dans les Landes. Après près de 1 an de travaux de modernisation et d’optimisation représentant un investissement de plus 5 millions d’euros, le protocole de redémarrage de l’usine Inertam est enclenché avec la montée en température progressive des équipements.

A l’issue de cette mise en chauffe d’une dizaine de jours, l’installation recommencera à traiter les déchets d’amiante. L’objectif de production es t fixé à 2.400 tonnes sur le second semestre 2020.

“Malgré un contexte difficile inhérent à la crise sanitaire, je tiens à souligner l’engagement demeuré intact des entreprises sous-traitantes qui a permis de réaliser les travaux dans les délais impartis. Je veux également chaleureusement remercier les salariés d’Inertam et de tout le groupe qui se sont impliqué ;s corps et âme pour écrire la première page de la nouvelle histoire industrielle d’Europlasma”, commente Jérôme Garnache-Creuillot, Président Directeur Général. “L’attachement de ces femmes et de ces hommes à leur entreprise, leur volonté de contribuer au développement d’une solution technologique soucieuse de la préservation de la santé publique et respectueuse de l’environnement, constituent le fondement des réussites à venir dans le traitement des déchets dangereux et leur valorisation le cas échéant. Enfin je remercie les actionnaires, les autorités locales et les clients d’Inertam dont la confiance est restée intacte et qui se sont montrés compréhensifs en tou tes circonstances. Sans leur soutien, rien n’aurait été possible”


Les articles ci-dessus sont communiqués pour information. Ils ne reflètent pas nécessairement le point de vue de l’Andeva.

Pour ceux qui ne souhaitent plus recevoir ces envois, le signaler à :
alain.bobbio@gmail.com

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