Lancement de la campagne Apple #iPhone Revolt

Il y a un pépin dans Apple

 

Le 3 novembre Apple va lancer en grande pompe l’iPhone X afin de célébrer le dixième anniversaire de la “révolution” initiée par la commercialisation du 1er iPhone en 2007. En dix ans, 7 milliards de smartphones ont été produits dans le monde et ont contribué à façonner notre quotidien. L’impact inouï de cet objet sur l’esprit et les usages des consommateurs, sur l’environnement, la vie privée ou la santé en fait un véritable symbole de notre époque. Il est également un des symboles de ses dérives : extraction polluante de métaux, exploitation des travailleurs, course à la consommation, évasion fiscale, obsolescence programmée…

Les iPhone d’Apple illustrent parfaitement cette ambivalence : ils servent à signer des pétitions pour le climat alors qu’ils sont composés d’or, de tantale et de tungstène extraits en partie dans des zones de conflits. Leurs concepteurs travaillent dans des bureaux écologiques ultramodernes en Californie, quand les ouvriers chinois qui les fabriquent travaillent dans des conditions indignes et manipulent des produits toxiques. Ils arrivent toujours plus tôt dans les mains de nos enfants alors qu’on commence à peine à évaluer les effets pervers de l’omniprésence des écrans sur leur développement cérébral et leurs relations sociales. Le prix des iPhone ne cesse d’augmenter alors qu’Apple réalise une marge de près de 40% et a accumulé un pactole indécent de plus de 200 milliards d’euros dans les paradis fiscaux. Apple vante, à grands renforts de marketing, la haute technologie de ses smartphones mais ils résistent difficilement à une chute, sont volontairement non réparables ou modulables et sont rendus ou déclarés obsolètes en quelques années. La marque à la pomme promet une politique de recyclage ambitieuse, mais la majorité des composants des iPhone ne sont pas recyclés et finissent souvent dans des décharges illégales en Afrique ou en Chine.

Dix ans après la sortie du premier iPhone, la vraie “révolution” serait que des multinationales de l’électronique comme Apple produisent des smartphones socialement, écologiquement et fiscalement soutenables. La sortie de l’iPhone X, un événement commercial planétaire relayé par les médias, les réseaux sociaux et les fans de la marque à la pomme est le moment parfait pour montrer l’envers du décor, interroger Apple sur ses pratiques, informer sur les multiples impacts des smartphones et ouvrir plus largement un débat public sur leur omniprésence.

Malgré son statut de marque la plus puissante du monde, Apple joue très gros avec ce lancement. C’est l’occasion pour les consommateurs d’interpeller la marque à la pomme au sujet de leurs véritables besoins en matière d’usages, de protection de l’enfance, de durabilité et de réparabilité. C’est aussi l’occasion pour les médias de dépasser le matraquage marketing qui accompagne la sortie des nouveaux iPhone et d’enquêter sur le côté obscur de la production des dernières nouveautés technologiques. Ce serait autant de grains de sable dans une mécanique apparemment bien huilée et mettrait la pression sur les pouvoirs publics afin qu’ils mettent un terme à la course au moins disant fiscal et aux atteintes aux droits humains et environnementaux.

Et pourquoi pas d’amorcer un changement plus profond de nos représentations et de nos attitudes par rapport aux géants du web et des technologies, premier pas vers une reprise de contrôle sur nos vies.

Pour aller plus loin : http://www.iphonerevolt.org

Liste des premiers signataires :

Christophe Alévêque, humoriste

Ugo Bardi, Professeur de Chimie physique à l’université de Florence

Christelle Baunez, directrice de recherche CNRS en neurosciences

Vera Baur, sociologue

Philippe Bihouix, ingénieur-conseil centralien

Dominique Bourg, philosophe, professeur à l’école Polytechnique de Lausanne

Manuel Cervera Marzal, sociologue

Didier Chatenay, directeur de recherche CNRS

Eve Chiapello, sociologue

Annick Coupé, militante associative

Alain Damasio, écrivain de science-fiction

Antoine Deltour, lanceur d’alerte des LuxLeaks

Fabrice Flipo, philosophe des sciences et techniques

Bernard Friot, sociologue

Susan George, écrivaine

Bernard Guerrien, économiste

Ozgur Gun, économiste

Emilie Hache, philosophe

Raphaël Hallet, lanceur d’alerte des LuxLeaks

Danièle Linhart, sociologue

L’1consolable, rappeur

Dominique Méda, philosophe et sociologue

Guillaume Meurice, humoriste

Mr Mondialisation, chroniqueur WEB

Maxime de Rostolan, ingénieur en agroécologie

Bernard Stiegler, philosophe

Annie-Thebaud Mony, directrice de recherche Inserm

Sophie Wahnich, directrice de recherche CNRS, histoire et science politique

Les organisations signataires :

Levent Acar, co-fondateur de i-boycott.org

Camille, réseaux anti-pub

Florent Compain, président des Amis de la Terre France

Sandra Cossart, directrice des programmes de l’association Sherpa

Laurent Degousée, SUD Commerce

Stéphane Enjalran, secrétaire national de Solidaires

Khaled Gaiji, porte-parole de Résistance à l’agression publicitaire

Franck Lalieux, CGT Apple Retail France

Mireille Martini, Finance Watch

Louise Moulin, collectif citoyen « Les Engraineurs »

Raphaël Pradeau, porte-parole d’Attac France

Laetitia Vasseur, co-fondatrice de HOP (Halte à l’obsolescence programmée)

François Xavier Ferrucci, secrétaire général de Solidaires Finances Publiques

Liste d’échange entre les comités locaux.

Pour toute demande de désinscription, merci d’envoyer un courriel à <attac.technique@attac.org>.

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