Refusons la privatisation ferroviaire et le dumping social

lundi 31 mai 2021
par  Dominique SATABIN
popularité : 5%

Rassemblement à Marseille le 3 juin 2021
de 11 h à 14 h – Gare St Charles

Cet article est extrait de l’appel de la Fédération Sud Rail à ce rassemblement

Le Conseil Régional PACA a fait le choix de soumettre à des appels d’offres une partie des Trains Express Régionaux (TER).

Le lot n°1 concerne la ligne Marseille-Nice, le lot n°2 reprend les lignes Les Arcs-Vintimille, Cannes-Grasse et Nice-Breil. L’exploitation de ces lots est prévue respectivement pour décembre 2024 et janvier 2025 - pour une durée d’au moins 10 ans contre 5 ans pour la convention TER actuelle -, mais leur attribution est prévue dès cet été.

Le cadre légal qui définit l’ouverture à la concurrence des transports ferroviaires ne fait pourtant pas des appels d’offres une obligation, et d’ailleurs d’autres régions n’ont pas fait ce choix. Il est en effet possible de procéder par « dérogation », ce qui permet une attribution directe et le maintien d’un service public intégré.

Le choix de la majorité politique du Conseil régional PACA est essentiellement idéologique. Il est l’aboutissement d’un long combat contre le service public ferroviaire.

Dès 2018, alors que les appels d’offres ferroviaires étaient illégaux, Renaud Muselier, président du Conseil Régional, a voulu marquer les esprits en appelant des opérateurs ferroviaires à manifester leur intérêt pour concurrencer la SNCF. Pour se justifier, l’Autorité Organisatrice des Transports régionaux en PACA n’a pas hésité à commander un audit à la société Transdev (déjà concurrente de la SNCF dans les transports urbains et postulante dans le ferroviaire) qui a promis une « baisse de coûts » d’environ 30% et une amélioration significative des services...

Cette « expertise » a ainsi permis à la Région PACA de décider de façon unilatérale de diminuer les dotations financières à l’opérateur SNCF (environ 50 millions d’euros par an), ce qui a engendré une forte baisse de la qualité de service : suppression de centaines d’emplois de cheminot-e-s (600 en 10 ans), fermetures de guichets et de gares, chute du nombre de circulations quotidiennes (de 700 à environ 500), abandon de certaines lignes (Breil - Cuneo, Aix - Pertuis) ... Cette dégradation de la qualité de service a légitimement produit un mécontentement des usagers et permet de vendre à l’opinion le modèle de la privatisation.

La SNCF collabore elle-même à cette entreprise de déconstruction du service public ferroviaire, en procédant à des réorganisations incessantes et en postulant aux appels d’offres à travers des filiales du groupe, créées pour l’occasion, qui permettent d’organiser le dumping social pour les cheminot-e-s, en validant l’hypothèse libérale selon laquelle l’entreprise publique coûterait trop cher.

Ce modèle libéral pour le ferroviaire repose essentiellement sur deux leviers : conditionner les circulations ferroviaires à leur rentabilité et mettre en œuvre la régression sociale pour les cheminot-e-s, au mépris de la sécurité ferroviaire, des conditions d’accès et d’utilisation. Tout ça pour permettre d’enrichir de grands groupes privés et leurs actionnaires, peu soucieux de l’intérêt général, de la préservation de notre environnement et de la santé publique !

Ce qui est prévu pour les trafics régionaux de voyageurs s’est déjà réalisé pour le fret. Ainsi, l’ouverture à la concurrence du fret ferroviaire en 2006 a eu pour conséquence des camions toujours plus nombreux chaque année sur les routes, qui saturent et dégradent le réseau routier ainsi que l’atmosphère avec les gaz à effet de serre. Cette politique aveugle a détruit des milliers d’emplois, engendré la fermeture de 3000 gares fret et supprimé plus de 1000 kilomètres de lignes ferroviaires ! Le bilan des fossoyeurs du rail est le suivant : en 2021, 89% des marchandises transitent par la route et seulement 9% sur le rail (tous opérateurs confondus).

Le rassemblement du 3 juin 2021, de 11h à 14h en gare St Charles à Marseille, contre la privatisation ferroviaire et le dumping social est l’occasion pour les cheminot-e-s et leurs organisations syndicales de s’opposer à des transferts de personnels synonymes de régression sociale, mais cette opposition n’est en aucun cas réductible à un « patriotisme d’entreprise » ou une simple défense corporatiste. La revendication de maintien dans la SNCF ne doit pas signifier un statu quo, mais un « moindre mal » évitant le morcellement du réseau ferroviaire et permettant d’aller demain vers la revendication d’un véritable service public des transports.

Ce rassemblement est donc aussi et surtout le moyen de revendiquer le maintien et le développement d’un service public ferroviaire entendu comme « bien commun », pour répondre aux urgences sociales et écologiques, garantir un modèle social et solidaire qui associe les citoyen-ne-s, les associations, les syndicats et les collectivités à la gestion et au développement du train et de l’ensemble des modes de transports et de leurs infrastructures.


Agenda

<<

2021

 

<<

Août

 

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
2627282930311
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
303112345
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois

Annonces

Retraité.e.s en colère

Une pétition en ligne a été mise en place par les 9 organisations de retraité/es qui se sont réunies ce 11 avril : http://www.retraitesencolere.fr/ pour demander une loi de finances rectificative avec la suppression de l’augmentation de la CGS, la fin du gel des retraites et leur revalorisation. Une manière de maintenir la pression et de ne rien lâcher...