2020 : fin du fioul lourd sur les navires marchands et de croisière ?

jeudi 16 janvier 2020
par  Hervé Thomas
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2020 : fin du fioul lourd sur les navires marchands et de croisière ?
UNE POLLUTION PEUT EN CACHER UNE AUTRE
par Joël Martine

. Attac-Marseille, groupe Climat - Transition
. membre du Collectif Alternatives Territoriales Métropole Aix-Marseille-Provence.

Le premier janvier 2020 est entrée en vigueur l’interdiction du fioul lourd par l’OMI (Organisation Maritime Internationale, dépendant de l’ONU)1. Cette interdiction, qui en principe s’applique à tous les bateaux et sur toutes les mers, vise à arrêter la pollution chimique de l’air par les oxydes de soufre et d’autres polluants résultant de la combustion du fioul lourd. On en a beaucoup parlé à Marseille (comme à Venise et ailleurs), où les écologistes et des associations de quartier proches du port se sont mobilisé.es contre la pollution de l’air par les navires de croisière.

Un navire de croisière, c’est un hôtel flottant hébergeant quelques milliers de touristes, une petite ville qui consomme beaucoup d’électricité. Pendant leurs escales à Marseille ces navires continuent de brûler du fioul lourd pour produire cette électricité.

Marseille est le premier port de croisière français et le quatrième en Méditerranée avec 1,75 million de croisiéristes accueillis en 2018, et elle en vise deux millions en 2020, soit 14 % en plus.

L’OMI a fixé la teneur maximum en soufre dans le carburant des navires à 0,5 %, alors qu’elle est de 3,5 % dans le fioul lourd. Bonne nouvelle pour la santé, donc, mais la mesure est sans doute insuffisante. Un maximum de 0,1 % serait possible : il est déjà appliqué en plusieurs endroits du monde, les « zones de contrôle des émissions de soufre » (initiales en anglais : SECA). Bref on peut mieux faire, déjà au niveau local.

D’autre part, comme nous le verrons, la nouvelle réglementation de l’OMI autorise certains navires à continuer à brûler du fioul lourd. Quelle sera donc la portée réelle de l’interdiction ?

Cela dépendra de ce que feront les entreprises de commerce maritime et de croisières, les administrations des ports, les communes et intercommunalités, et surtout le gouvernement et le parlement, car il incombe à chacun des 173 États membres de l’OMI de prendre les mesures légales pour faire appliquer l’interdiction dans ses eaux ainsi que sur les navires porteurs de son pavillon.

En pièce jointe, vous trouverez la totalité de l’article.


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