REVOLTANTE CONDAMNATION DE L’ANCIEN MAIRE DE RIACE (Italie) à plus de 13 ans de prison le 30 septembre 2021

vendredi 15 octobre 2021
par  MEAD Christine
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Domenico Lucano avait accueilli dans son village des centaines de migrants, on lui reproche des violations des règles de la concurrence, un détournement d’argent public et de l’aide à l’immigration irrégulière.
La peine est quasiment le double des réquisitions du Procureur qui étaient déjà très lourdes (7 ans).

Il n’est pas le seul condamné ; d’autres membres de son association « Cita futura » aussi, notamment sa compagne. Tous ont fait appel de ce jugement inique, un jugement politique inspiré par l’Extrême Droite, mais aussi par la mafia qui, elle, fait pression, menace, détourne, trafique et exploite, y compris des exilé.e.s.

"Tou.te.s ces militant.e.s de l’humanisation du monde" comme le dit si bien le Réseau hospitalité, ont été condamné.e.s alors qu’aucun ne s’est enrichi personnellement de l’aveu même du Procureur.

Elu maire en 2004, Domenico Lucano, ancien communiste, a accueilli des centaines de migrants et recréé de la vie et de l’activité économique dans son village de RIACE, en Calabre, 1 800 habitants : ça a été un plein succès avec quelques subventions et beaucoup d’ingéniosité et de volonté. Son village était l’exemple d’un accueil très réussi et durable.
Manifestement, les habitants étaient contents de lui puisqu’il était régulièrement réélu…

Matteo Salvini, leader d’extrême-droite devenu le 1er juin 2018, Ministre de l’intérieur, entreprend de casser ce symbole d’un accueil réussi.

Le 2 octobre 2018, Domenico Lucano est suspendu de ses fonctions et arrêté : on lui reproche une aide à l’immigration illégale parce qu’il aurait célébré des mariages « blancs ».
Et dans un Sud de l’Italie encore gangréné par la MAFIA avec sa violence, sa main-mise sur les pouvoirs locaux, et y compris sa main-basse sur des marchés publics, sans en respecter les obligations (cf décharges sauvages), alors que Domenico LUCANO s’est démené pour le bien-être de tous, très loin de tout enrichissement personnel, c’est à lui qu’on reproche de ne pas avoir fait d’appel d’offres pour le ramassage des ordures de son village et de l’avoir confié à des coopératives dont faisaient partie notamment des migrants.

Il n’a peut-être pas respecté toutes les formes, il le reconnaît, mais l’idée reste quelque chose à défendre : faire travailler les habitants du coin, les entreprises locales au lieu de faire des appels à la concurrence européens …
Favoriser un système économique local d’échanges, correct sur le plan des emplois et salaires, déclarés, mais avec une priorité au local pour faire revivre la vie locale avec les nouveaux arrivants.

Le 13 octobre 2018, Salvini poursuit sa tentative de destruction de toute la solidarité construite sur place et ordonne de contraindre les 200 migrants bénéficiant encore du Programme national de protection des demandeurs d’asile et réfugiés, à quitter RIACE !

Devant le tollé provoqué par ce déplacement forcé :

  • "Honte. Ce n’est pas l’Italie", pour l’ancien Premier ministre, Enrico Letta.
  • Pour l’Association nationale des Partisans d’Italie : "Pour des raisons de décence, sur un territoire aussi beau et difficile que la Calabre, souvenez-vous que c’est la mafia qui devrait être poursuivie, et non un honnête homme comme Lucano".
  • L’ancienne présidente du Parlement italien, Laura Boldrini : "Les priorités de Salvini en Calabre sont d’envoyer ailleurs les familles et les enfants et de démanteler un modèle d’intégration qui a fonctionné et qui est reconnu partout dans le monde"

Salvini avait légèrement fait marche arrière : finalement, les départs des migrants seront volontaires, mais s’ils restaient sur place, ils ne percevraient plus d’aide.

Quant à Domenico Lucano, il était assigné à résidence, puis libéré, mais avec interdiction de se rendre dans son village !

Le 30 septembre 2021, c’était donc le jugement en première instance, aboutissement de cette procédure.
La réaction de Domenico Lucano à l’annonce du verdict : "Je n’ai pas de mots, je ne m’y attendais pas" (...) "J’ai passé ma vie à défendre des idéaux, à me battre contre les mafias. Je me suis toujours mis du côté des déshérités, des réfugiés qui ont débarqué. J’ai imaginé que je pouvais contribuer à la rédemption de ma terre. Je dois prendre acte que c’est fini."

On peut déjà soutenir Domenico Lucano en signant et faisant signer la pétition :
https://chng.it/xmGvJFL4fx
Les soutiens sont nombreux dans le monde.
Ici celui des Villes signataires de la charte de l’ANVITA : https://www.anvita.fr/fr/nos-actual...
Personne ne peut être dupe !
Ne laissons pas les solidaires seul.e.s devant de telles injustices !

Article écrit par Christine Mead.


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