Dans l’université et la recherche aussi nous vivons une époque formidable !

lundi 30 novembre 2020
par  Hervé Thomas
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Dans l’université et la recherche aussi nous vivons une époque formidable !

Anne-marie Daune-Richard. 30.11.2020

Nombre d’entre nous ont, à juste titre, le regard fixé sur la loi de « sécurité globale ». Mais que cela ne nous empêche pas de regarder comment, dans des espaces moins éclairés par les médias, se met en place le monde d’après régi par un ordre sécuritaire et une pensée unique.

Parlons de ce lieu dédié à la pensée et au savoir, à la raison et au débat, à la formation à l’esprit critique : l’enseignement supérieur et la recherche. Le projet de loi de programmation de la recherche lourdement critiquée mais votée en procédure accélérée il y a quelques jours par l’Assemblée et le Sénat met à mal l’avenir de notre recherche par des réformes qui, entre autres, organisent la précarité des personnels et laissent les augmentations budgétaires aux bons soins des gouvernements de la mandature présidentielle d’après 2022 (1). Mais ici je veux attirer l’attention sur la dimension sécuritaire de cette loi et plus globalement sur le contrôle qui pèse sur le monde académique.

Au lendemain de l’assassinat de Samuel Paty, Jean-Michel Blanquer, Ministre de l’éducation, a affirmé que «  l’islamisme de gauche faisait des ravages » dans les universités françaises. Réitérant ses propos, il a ensuite déclaré qu’il fallait « combattre » les courants intellectuels issus des universités américaines qui regardent la société à travers le prisme de l’origine ethnique, de la religion ou du sexe — plutôt que l’idéal républicain français d’égalité — parce qu’ils risquent de « fracturer » la société et créent une « vision du monde qui converge avec les intérêts des islamistes ». Et quelques jours plus tard, Julien Aubert député du Vaucluse, dresse une liste nominative de sept universitaires, dont un président d’université, qui ont en commun d’avoir dit sur les réseaux sociaux le dégoût que leur inspire l’idée même de « dérives intellectuelles idéologiques », et publie leurs photos de profils et leurs comptes Twitter personnels. Enfin le 25 novembre, ce même Julien Aubert avec Damien Abadd collègue député de l’Ain et président du groupe les républicains, adressent une lettre au président de l’Assemblée nationale lui demandant de créer une mission d’information sur «  les dérives intellectuelles idéologiques dans les milieux universitaires »….

Dans le projet de loi sur la recherche était prévu un article affirmant « Les libertés académiques s’exercent dans le respect des valeurs de la République ». Il a été finalement modifié car le principe d’indépendance des enseignants-chercheurs dans l’exercice de leurs fonctions d’enseignement et de leurs activités de recherche est un principe fondamental reconnu par les lois de la République. Ainsi, en 1984, le Conseil constitutionnel déclare que «  les fonctions d’enseignement et de recherche non seulement permettent mais demandent, dans l’intérêt même du service, que la libre expression et l’indépendance des personnels soient garanties par les dispositions qui leur sont applicables ». Enfin, pour ne pas laisser les étudiants en reste, ce même projet de loi pénalise de manière extravagante d’éventuelles manifestations ou protestations étudiantes sur les campus : un an de prison et 7 500 euros d’amende et la peine s’alourdit à trois ans d’emprisonnement et 45 000€ si le délit est considéré comme ayant été commise en réunion….

(1) J’apprends qu’un groupe de député.e.s et sénateurs.trices ont décidé de saisir le conseil constitutionnel sur cette loi.


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Retraité.e.s en colère

Une pétition en ligne a été mise en place par les 9 organisations de retraité/es qui se sont réunies ce 11 avril : http://www.retraitesencolere.fr/ pour demander une loi de finances rectificative avec la suppression de l’augmentation de la CGS, la fin du gel des retraites et leur revalorisation. Une manière de maintenir la pression et de ne rien lâcher...