Attac Nîmes

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Communiqué d’Attac France

Pour information

Le 31 janvier 1963, le sergent-chef Eyadema assassinait Sylvanus Olympio, le père de l’indépendance togolaise. S’en sont suivies quatre décennies de dictature et de pillage des ressources du pays (les phosphates notamment).

Le 5 février 2005, sitôt annoncé le décès du dictateur, son clan a promu d’une manière expéditive à la présidence l’un de ses fils, après avoir tripatouillé la constitution avec l’aide de Debbasch, ex-doyen de la faculté de droit d’Aix, ex-conseiller très libéral de Giscard, condamné naguère pour avoir détourné 500 000€ de la Fondation Vasarely quand il en était président, et reconverti en constitutionnaliste mercenaire.

Durant deux semaines, la diplomatie élyséenne, ne dérogeant pas aux vieilles méthodes de la « Françafrique » a tenté de jouer du fait accompli en faveur du pouvoir illégal, espérant ainsi obtenir un nouveau bail pour la dictature.

Mais ce scénario s’est heurté très vite à la résistance du peuple togolais. La troupe a tiré, et tué des manifestants. Malgré cela, la résistance se poursuit, qui exige le retour à la légalité. En France, se développe une mobilisation importante, rarement réalisée face à une dictature africaine.

L’Union européenne et l’Union africaine ont dénoncé le coup de force militaire, et exigent des élections libres au Togo. Leur fermeté a fait reculer les putschistes : un scrutin présidentiel devra se tenir dans les soixante jours. Mais le clan Eyadema manœuvre actuellement pour confisquer le futur scrutin et légitimer sa dictature. Il faut donc que la communauté internationale aide le peuple togolais à déjouer ces manœuvres et imposer un scrutin démocratique, sincère et rigoureusement contrôlé.

En France, c’est Jacques Chirac qui dirige, seul, les relations franco-africaines, officielles ou parallèles. Le 5 février, il se vantait encore d’avoir Eyadema pour ami personnel. L’Elysée doit comprendre que c’est le moment de tourner la page, parce que les peuples africains constatent amèrement le rôle des gouvernements successifs de la France dans l’oppression dont ils sont victimes, aujourd’hui au Togo ou en Côte d’Ivoire, comme hier au Tchad, en Cerntrafrique ou au Congo.

Les peuples africains veulent être eux-mêmes maîtres de leur destin. Il faut bannir tout soutien français aux dictatures « françafricaines », sinon le coût sera de plus en plus lourd pour les peuples d’Afrique et pour la France.

Attac soutient les mobilisations en cours et assure de sa solidarité le peuple togolais.

Le Bureau d’Attac-France,
Montreuil, le 1 mars 2005

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