Chapitre 4 : Quelles résistances à l’Europe néolibérale ?

vendredi 5 juillet 2019
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Attac/Fondation Copernic - Cette Europe malade du néolibéralisme, 2019.

Les deux derniers chapitres du livre traitent des résistances possibles et nécessaires à l’Europe néolibérale, de la désobéissance aux traités européens pour reconstruire l’Europe.

Attac Paris centre, 20/06/2019)

1. Chapitre 4 – "Quelles résistances à l’Europe néolibérale ? »

Deux pistes :

1.1. Face à l’austérité
Face aux politiques d’austérité, les différents cadres d’alliance (mouvements sociaux, CES - Confédération européenne des syndicats - …) n’ont pas pu ou su résister. Une des raisons principales est le défi que représentait la remise en cause des politiques mises en œuvre après la crise financière de 2008 ainsi que les contradictions et divisions entre mouvements sociaux et syndicats.
Cependant, des mobilisations populaires ont émergé en 2011 avec les Indignés et les Occupy, Podemos 2014, Syriza 2015, Labour Party 2015, Nuit debout en 2016, la France insoumise – 20 % au présidentielles en 2017, les gilets Jaunes en 2018.

1.2. Le municipalisme : les villes rebelles et refuges
Ce mouvement se développe en Grèce depuis 2008 et conduit à des expériences autogestionnaires à l’échelle des quartiers.
Il débute en Espagne en 2015 avec les élections municipales et la conquête de mairies : Barcelone, Madrid, Valence … D’autres villes-refuges voient le jour : Paris, Lesbos et Lampedusa.
Un des enjeux principaux est l’enjeu démocratique : les citoyens peuvent déposer des propositions soumises à référendum si elles reçoivent un nombre suffisant de signatures. Ces villes esquissent à l’échelle de leur ville des politiques d’accueil que les dirigeants refusent à l’échelon national [1], mais n’existeraient pas sans la coopération et le soutien des communautés locales. En Espagne, les programmes défendus avaient pour thématique centrale celle de l’urgence sociale.
En juin 2017, une réunion internationale de municipalités alternatives s’est tenue à Barcelone sous le nom de Fearless Cities. [2]
Ces « villes sans peur », pour engager la construction d’un contre-pouvoir à une échelle globale, qu’elle soit nationale, européenne ou internationale, se sont appuyées sur les mouvements sociaux et les populations afin de relocaliser et démocratiser le pouvoir au niveau des municipalités.
La constitution de listes alternatives et citoyennes semblent réunies en France pour les élections municipales de 2020.

1.3. Et maintenant ?
La question est de savoir quelle est la capacité à s’organiser au niveau de l’UE ? La CES (Confédération européenne des syndicats), seule structure réellement intégrée aux processus institutionnnels de l’UE a une très faible capacité d’action. Les mouvements sociaux moins institutionnels sont aujourd’hui dispersés pays par pays. L’Alter Summit (espace réunissant des syndicats et mouvements sociaux, citoyens, féministes, écologistes) n’est pas porteur d’une dynamique suffisante.
L’UE cherche à « européaniser » les partis en les incitant à se regrouper : PGE (parti de la gauche européenne) pour la plupart des partis à la gauche de la social-démocratie (2004) et « Maintenant le Peuple » regroupant la France Insoumise, Podemos et Bloco (2018).

Un problème rencontré est la transformation des formes d’engagement et de mobilisation. La très forte activité sociale au moment des manifestations et occupations ne permet pas aux syndicats et associations de se renforcer.
Il y a un autre problème : ce sont les questions d’orientation politique qui divisent mouvements sociaux, syndicats et partis politiques comme, par exemple, le thème de l’immigration.
Le débat porte aussi sur le modèle de développement, le productivisme et les questions environnementales. En rapport avec la question climatique, plusieurs syndicats et forces politiques de gauche continuent à défendre le nucléaire en France et le charbon en Allemagne.
Il n’y a pas vraiment de projet de société comme au XXème siècle.
Il faut remettre en cause le productivisme et penser un autre modèle de développement face au capitalisme néolibéral.

Un long encart sur le climat et écologie termine le chapitre : la nécessaire réduction de 80 à 95° des émissions de GES (Gaz à Effet de Serre) en Europe d’ici à 2050, le refus du paquet-climat-énergie de s’attaquer aux soubassements énergétiques d’une économie insoutenable[3].

Ed.

[1] Le Monde
[2] https://local.attac.org/13/laciotat/les-mouvements-sociaux-dans-le-monde/article/rencontre-municipaliste-des-fearless-cities-a-barcelone-vers-un-maillage
[3] Didier Epsztajn - " Entre les lignes, entre les mots "


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