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Gisti : Mineurs étrangers en danger à Calais

Communiqué du Gisti
Publié le vendredi 17 février 2006.


Mineurs ?trangers en danger

La situation des mineurs ?trangers isol ?s ? Calais, indigne depuis des ann ?es, est de plus en plus insupportable. Des dizaines de mineurs, originaires de pays qu’ils ont fui (l’Afghanistan, l’Irak, l’Iran, le Soudan...) ne b ?n ?ficient d’aucune protection. Laiss ?s ? la rue, dans le froid et sous la pluie, expos ?s ? tous les dangers, ils sont de surcro ?t harcel ?s et humili ?s quotidiennement par les forces de police, qui n’h ?sitent pas ? utiliser des gaz lacrymog ?nes pour les d ?loger des lieux o ? ils se r ?fugient.

La protection des mineurs isol ?s, quelle que soit leur nationalit ?, est cependant inscrite dans des conventions internationales que la France a sign ?, et dans les textes de loi fran ?ais : Autant de textes qui sont viol ?s de mani ?re caract ?ris ?e dans la r ?gion de Calais.

 ? Paris, les pouvoirs publics conc ?dent, dans le meilleur des cas et par ?pisodes, un accueil ? ceux de ces mineurs qui manifestent l’intention de solliciter l’asile. Cette politique s ?lective ne r ?pond ni de pr ?s ni de loin aux exigences de la r ?glementation nationale et internationale.

Les associations signataires viennent d’adresser une lettre aux
autorit ?s

afin qu’elles mettent un terme ? cette situation inacceptable, assurent
 ? ces mineurs en danger les protections pr ?vues et mettent fin aux
pratiques d ?gradantes dont ils sont victimes.

Paris, le 6 f ?vrier 2006

Organisations signataires : * C’Sur [1], CSE-10 [2], Gisti [3], LDH [4],
Mrap [5].


Voir aussi

Lettre C’Sur, CSE-10, Gisti, LDH, MRAP aux autorit ?s, 6 f ?vrier 2006 (pdf, 59 ko)

Gisti


 ? ce propos, un ?change sur les listes de discussions d’Attac. Comment rester indiff ?rent ?

Ce sont des ?tres humains que l’ ?tat Fran ?ais a choisi de pers ?cuter en toute l ?galit ?...
_ ? Calais mais aux alentours aussi... A Loon-Plage, un squatt a ?t ? ras ? en janvier, et c’est ? 30 km de Calais ; les r ?fugi ?s ne sont plus seulement sur Calais-centre mais le probl ?me de leur survie est toujours aussi crucial... L’ex-centre de Sangatte h ?berge des garnisons de CRS pay ?s ? les chasser jour et nuit : Comment le pays de la D ?claration des droits de l’Homme peut-il laisser faire ainsi les troupes de CRS ? Les citoyens fran ?ais seront-ils exterminateurs de ?sans papiers ?? Sarkosy fera-t-il de chacun d’entre nous un assassin par notre silence complice ou notre indiff ?rence coupable ? Des ?tres humains sont traqu ?s avec moins d’ ?gards que des b ?tes, tout ? c ?t ? de chez nous... Ici en France...
COMMENT NE PAS R ?AGIR ? LA LECTURE DE CE QUI SUIT ?
SBC

----- Original Message -----
From : jm centres
To : exiles10@rezo.net
Sent : Thursday, February 09, 2006 9:48 AM
Subject : [exiles10] Le quotidien des immigr ?s ? Calais

Le quotidien des immigr ?s ? Calais

Distribution alimentaire

Le midi : Dans les algecos pr ?s de l’h ?tel de ville avec 4 ou 5 b ?n ?voles pour assurer la distribution de 150 repas ; 2 sont ? l’int ?rieur et 2 ? l’ext ?rieur pour assurer la s ?curit ? ; le manque d’encadrement induit des tensions et des bagarres.

Le repas comprend du pain et de la vache qui rit.

Les gens d ?jeunent par terre autour de quelques feux de fortunes. Ils tentent tant bien que mal de r ?chauffer leur bout de pain.

Le soir : distribution devant le hangar pr ?s du phare ; repas chaud mais limit ? en quantit ? ; 4 ou 5 b ?n ?voles pour 150 repas ; nombreuses tensions ; pas de possibilit ? de faire du feu dans ce lieu.

Vestiaire

Tous les 15 jours une dizaine de b ?n ?voles re ?oivent 250 personnes dans la journ ?e ; des tickets de douches sont distribu ?s ce jour l ? ; ils peuvent prendre une douche tous les 8 jours au Secours Catholique (ouvert du lundi au vendredi).

Prestations

Les seules prestations assur ?es sont :

- Douches une fois par semaine.

- Distribution de repas deux fois par jour.

- Vestiaire une fois tous les 15 jours

Rien d’autre n’est propos ? : ni h ?bergement d’urgence, ni accueil de jour, ni soins m ?dicaux, aucune prestation administratives pas m ?me des informations.

Pas d’associations, ? part le groupuscule isol ? de b ?n ?voles ; aucune aide de la mairie ni ext ?rieure.

La coque

Fond de cale d’un bateau retourn ? et mont ? sur pilotis de deux m ?tres de haut. Ils rentrent dedans par de grands hublots ; ils ne peuvent pas tenir assis dedans ; la pr ?sence de rats est largement envisageable : l’espace sous la coque est une vraie d ?charge ? ordures.
Les gens nous ont racont ?s que les flics venaient tous les matins et ils les gazaient avec des lacrymog ?nes puissants. Ils viennent m ?me certaines nuits, jusqu’ ? 6 fois par nuit, pour les gazer, les r ?veiller, leur faire peur, les contr ?ler. Harc ?lement physique et moral en continu.
Aux abords de la coque, il y a des hangars ; des jeunes irakiens se r ?chauffaient pr ?s d’un feu. On a pris le temps de discuter avec eux : Ils se plaignaient des pers ?cutions et cherchaient aupr ?s de nous des r ?ponses ? ces agissements permanents de la police.
Ce soir l ? on a vu une voiture de flic patrouillant. Notre pr ?sence a peut- ?tre contribu ? ? ce qu’ils ne les contr ?lent pas.

La jungle

Nous sommes all ?s dans la jungle de nuit (22 h 30 ? minuit).

On a fait la route du centre ville ? la jungle ? pied. On a emprunt ? le m ?me chemin qu’eux. On y acc ?de en marchant sur les rails (difficile et incontournable). 45 minutes de marche.

Population majoritairement africaine. Des abris de fortunes : palettes de bois, b ?ches en plastique, r ?cup ?ration de quelques chaises. Ils font des feux autour desquels ils s’entassent.
Les lieux ?taient d ?sert ?s ? notre arriv ?e dans le ?camp ? ; notre pr ?sence les faisait fuir ; d ?s qu’ils entendent des pas, des voix, ou qu’ils voient la lumi ?re de la lampe torche ils fuient. Il faut prendre le temps de parler pour les rassurer et de les faire revenir doucement. La police vient tous les jours, matins et nuits pour les gazer, d ?truire leur campement en br ?lant le peu d’affaires qu’ils poss ?dent (v ?tements et leurs abris).

Certains creusent des trous pour se cacher et dormir l ?.

Sauf Conduit

Beaucoup de personnes nous ont pr ?sent ? des saufs conduits, ne comprenant pas ce que cela signifiait ; toujours en attente d’informations et de r ?ponses.

Les actions de la Police

15 unit ?s de CRS ont ?t ? d ?bloqu ?es uniquement pour pallier  ?les probl ?mes ? des immigr ?s. Ils sont log ?s dans un VVF sur l’ancien camp de Sangatte (la coh ?rence ??) : Gazage, humiliations, insultes, railleries.

Ils d ?chaussent les gens, leur enl ?vent leur ceinture et les abandonnent loin de la ville et les laissent revenir ? pied.

Ils br ?lent leurs affaires des bidonvilles au centre de Calais ont ?t ? d ?truit pour cause d’insalubrit ? sans aucune autre solution propos ?e pers ?cutions : Plusieurs fois par jour et par nuit ils les contr ?lent, les pourchassent, les arr ?tent, les gazent.

Rafles r ?guli ?res

Omnipr ?sence : Ils tournent en permanence.

Contact avec les immigr ?s

Bon accueil, pas d’animosit ?, pas de violence ? notre encontre ; plusieurs nous ont propos ? de partager leur repas ; ils nous laissaient toujours une place pr ?s du feu.

Ils ne comprenaient pas bien notre pr ?sence. Ils fondaient beaucoup d’espoirs en nous, ils pensaient qu’on venait leur proposer des solutions.

Ils parlaient tous des pers ?cutions des flics. Certains nous demandaient pourquoi ils agissaient comme cela alors qu’ils ne cherchent m ?me pas l’asile.

Ils sont ?parpill ?s entre deux lieux de distribution.

La pr ?sence des mineurs est importante mais difficilement chiffrable. ? vue de nez environ une centaine. Le comportement de la police envers les mineurs n’est pas diff ?rents que celui avec les adultes. Ils ne sont pas prot ?g ?s, aucune solution ne leur est propos ?e.

Pas de dispositif d’aide aux mineurs.

Inaction des services sociaux de la ville.

On a ?t ? choqu ? et plus qu’hallucin ? de ce que l’on a vu. Les conditions de vie sont plus que d ?plorables et ? la limite du soutenable.

Il est particuli ?rement difficile de trouver les mots justes pour d ?crire toute l’horreur de ce que l’on a vu.

Les gens sont effray ?s, ils ont peur de la police qui les traque, ils ont un sentiment d’ins ?curit ? permanent.

Les pers ?cutions permanentes qu’ils subissent les affaiblissent et les fragilisent ?norm ?ment.

Ils vivent reclus comme des b ?tes dans la jungle.

Rafles, gazages, nous rappellent ?trangement des situations d ?j ? v ?cues par le pass ?. L’humain n’est aucunement pris en compte, en gros tout le monde s’en fout !

Des humiliations permanentes

Destructions d’une population faible qui ne demande qu’ ? quitter la France de surcro ?t !!

Il faut le voir pour le croire, nous vous invitons ? vous y rendre le plus vite possible pour que l’on puisse trouver des solutions pour les immigr ?s de Calais et pour informer le plus de monde possible. Il faut vraiment faire bouger les choses !!

Ne les oublions pas !

[1Collectif de soutien d’urgences
aux r ?fugi ?s

[2Collectif de soutien des exil ?s du Xe arrondissement de Paris

[3Groupe d’information et de soutien des immigr ?s

[4Ligue des droits de l’homme

[5Mouvement contre la racisme et pour l’amiti ? entre les peuples


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