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Publié le jeudi 13 juillet 2006.


Vu sur criirad.org

Tchernobyl : plainte contre X

Rebondissement dans l’instruction conduite par Mme Bertella-Geffroy

Scandale ? l’Acad ?mie des sciences.

La mise au point historique sur Tchernobyl publi ?e en 2003 par l’Acad ?mie des sciences, cens ?e r ?tablir la v ?rit ?, invalider les mesures de la Criirad et disculper d ?finitivement le Pr Pierre Pellerin a ?t ? r ?dig ?e... par Pierre Pellerin lui-m ?me !

R ?alis ?es ? la demande de Mme Marie-Odile Bertella-Geffroy, magistrate en charge de la plainte contre X d ?pos ?e par la Criirad et l’AFMT, les ?coutes t ?l ?phoniques ne laissent aucune place au doute :

MM Pierre Galle, Jean Coursaget et Raymond Paulin - les 3 ?minents professeurs qui ont sign ? l’article - ne sont que des pr ?te-noms !

Ainsi que Pierre Pellerin le d ?clare lui-m ?me en 2003 ? l’un de ses interlocuteurs, l’article devait ?tout casser ? au niveau de l’instruction et constituer ?une r ?f ?rence incontournable ?.

La Criirad a adress ? ce jour, ? M. Br ?zin, pr ?sident de l’Acad ?mie des sciences, un courrier recommand ? avec accus ? de r ?ception demandant un rectificatif public, une enqu ?te interne et un droit de r ?ponse.

Texte explicatif

1. La mise au point historique de 2003

 ? l’automne 2003, un article de r ?f ?rence paraissait dans la s ?rie des comptes rendus de biologie que publie l’Acad ?mie des sciences. Paru sous le titre Donn ?es m ?trologiques et ?valuation des risques en France lors de l’accident de Tchernobyl (26 avril 1986). Mise au point historique., l’article ?tait sign ? par trois professeurs de biophysique et m ?decine nucl ?aire :

- Pr Pierre Galle : Professeur honoraire de biophysique et m ?decine nucl ?aire (universit ? Paris XII), laboratoire de physique et chimie de l’ ?cole nationale v ?t ?rinaire d’Alfort, membre correspondant de l’Acad ?mie des sciences, membre de l’Acad ?mie de technologies, ancien pr ?sident de la SFRP.

- Pr Raymond Paulin : Professeur honoraire de biophysique et m ?decine nucl ?aire (facult ? de m ?decine de Marseille, universit ? d’Aix-Marseille II), directeur scientifique de l’Iramir, membre du groupe de recherche en radiotoxicologie.

- Pr Jean Coursaget : Pr?sident honoraire de l’institut Curie, professeur ?m ?rite de biophysique et m ?decine nucl ?aire (universit ? Paris VI), service de m ?decine nucl ?aire de l’h ?pital de l’H ?tel-dieu.

Re ?u le 17 juillet 2002 par l’Acad ?mie, le texte ?tait accept ? pour publication en juin 2003 apr ?s avoir ?t ? ?valu ? par deux autres personnalit ?s de premier plan en mati ?re de nucl ?aire et de radioprotection : Le professeur Maurice Tubiana et le professeur Andr ? Aurengo (tous deux sollicit ?s fin juillet 2002 par le r ?dacteur en chef des Comptes rendus, le Dr Jean Rosa)
R ?f ?renc ? P. Galle et al., C.R. Biologies 326 (2003) , l’article peut ?tre command ? aux ?ditions Elsevier ou consult ? sur le site de l’association des ?cologistes pour le nucl ?aire (AEPN) ? l’adresse suivante :
http://www.ecolo.org/documents/documents_in_french/Thernobyl-France-03.pdf.

Il est pr ?cis ? dans le r ?sum ? introductif que les trois auteurs ?confirment les termes de la note du 28 mai 1986 de R. Latarjet ? l’Acad ?mie des sciences ?.

Rappelons pour plus de clart ? les conclusions de cette note qui avait re ?u ? l’ ?poque ?le plein assentiment ? de l’Acad ?mie qui avait alors d ?cid ? qu’elle ?serait exceptionnellement publi ?e en t ?te du prochain fascicule de chacune des s ?ries scientifiques des Comptes rendus ?

Le SCPRI s’est ?remarquablement acquitt ? de sa tache ?. ?d ?s le 30 avril, il fournissait aux Autorit ?s les ?l ?ments dont elles avaient besoin.? ; la France ?n’a subi qu’une contamination insignifiante, d’ailleurs de courte dur ?e ? et ?les retomb ?es ont ?t ? tr ?s inf ?rieures ? ce qui aurait pu justifier des contre-mesures autres que le contr ?le des denr ?es import ?es ?. ? ? aucun moment, la contamination du lait et des l ?gumes verts n’a justifi ? de mesures d’interdiction ou de restriction de consommation ?.

La mise au point historique de 2003 aboutit sensiblement aux m ?mes conclusions :

Pour Messieurs Galle, Paulin et Coursaget, dans le dossier Tchernobyl, le menteur n’est ni le Pr Pellerin, ni l’ ?tat fran ?ais, mais les journalistes qui ont invent ? le mythe du mensonge et qui l’entretiennent depuis ? chaque date anniversaire.

En 1986, le SCPRI ?tait exp ?riment ? (il avait suivi des retomb ?es des essais nucl ?aires militaires), comp ?tent (l’OMS l’avait d ?sign ? comme centre international de r ?f ?rence), bien ?quip ? (ses stations de veille ont d’ailleurs lanc ? l’alerte) et il a effectu ? un travail impressionnant (plus de 5 000 analyses suppl ?mentaires entre le 29 avril et le 31 mai).

C’est avec raison qu’il a d ?conseill ? les mesures de protection puisque l’exposition externe ?tait ?trop faible ? pour ?tre enregistr ?e et l’exposition interne par inhalation ?gale au maximum ? ?2 % de la limite annuelle r ?glementaire ?. Quant ? l’exposition interne due aux aliments contamin ?s, ?l’ingestion d’iode 131 ne pouvait atteindre la limite r ?glementaire annuelle de 100 000 Bq. ?

En ce qui concerne l’ ?valuation des d ?p ?ts au sol, les mesures du SCPRI sont fiables car il a pris en compte la contamination du sol ant ?rieure ? Tchernobyl (induite par les retomb ?es des essais nucl ?aires atmosph ?riques). Ce n’est pas le cas des autres laboratoires : ?Toutes les mesures de C ?sium 137 effectu ?es sur pr ?l ?vements post ?rieurs ? mai 1986, par carottage ? plus de 10 cm (voire 40 cm) surestiment consid ?rablement la retomb ?e de 1986, en lui ajoutant tout ou partie des grands tirs a ?riens de 1961 - 1966. ? (notons que les mesures post ?rieures ? 1986 et les carottages sur 40 cm de profondeur correspond exactement au protocole utilis ? par la Criirad)

2. L’analyse critique de la Criirad

La Criirad a proc ?d ? en 2004 ? un examen scrupuleux de la ? mise au point historique ?. Cette analyse critique r ?v ?le que tous les documents (communiqu ?s, cartes, r ?sultats...) d ?montrant les erreurs, incoh ?rences, ou mensonges du SCPRI et de son directeur ont ?t ? occult ?s : Aucune mention par exemple des ?valuations des d ?p ?ts au sol publi ?es les 7, 15 et 23 mai par le SCPRI (?valuations essentielles puisque effectu ?es pendant la p ?riode de crise qui sous- ?valuent de 2 ? 3 ordres de grandeur la contamination). Leur est substitu ?e une carte moins d ?rangeante publi ?e 3 mois plus tard par le SCPRI.

L’article n’h ?site ? pas recourir ? des proc ?d ?s peu glorieux : Il s’ouvre ainsi sur un montage d’articles du quotidien Lib ?ration qui en alt ?re le sens. Il contient des affirmations fausses et diffamatoires sur le travail du laboratoire de la Criirad sans que d’ailleurs les auteurs assument leur accusation : Ils ciblent explicitement la Criirad mais en prenant garde de ne pas la d ?signer nomm ?ment ce qui les prot ?ge de poursuites p ?nales.

Constat significatif : L’article n’apporte aucune r ?ponse aux d ?monstrations scientifiques et accusations que la Criirad formule dans ses documents : Pas un mot sur la violation du r ?glement du 31/05/86, des recommandations europ ?ennes du 6/05/86, sur le d ?faut de prise en compte des enfants, sur la falsification de la transposition de la directive Euratom de 1984, etc).

Au total, loin d’ ?tre une mise au point historique, l’article n’est qu’un plaidoyer partial et mal argument ? en faveur du directeur du SCPRI et de la fa ?on dont il a g ?r ? la crise.

Il aurait pu ?tre ignor ? mais il ?tait publi ? sous couvert de l’Acad ?mie des sciences qui lui apportait tout son poids institutionnel et sa notori ?t ? et dans le contexte de l’instruction de la plainte. Il ?tait donc n ?cessaire de r ?agir.

Le 13 avril 2005, la Criirad demandait donc publiquement l’audition des trois auteurs par Mme Bertella-Geffroy, premier juge d’instruction pr ?s le TGI de Paris, en charge de la plainte d ?pos ?e par la Criirad et l’AFMT.

Extrait du communiqu ? Criirad du 13/04/2005

La Criirad souhaite que les auteurs soient invit ?s ? s’expliquer sur le contenu et les objectifs de leur publication. En effet, toutes les anomalies identifi ?es visent ? d ?gager la responsabilit ? du SCPRI et ? discr ?diter le travail scientifique des laboratoires qui ont mis en cause ses ?valuations.

Compte tenu de l’instruction judiciaire en cours, la publication d’un tel article par l’une des plus hautes institutions scientifiques fran ?aises n’a rien d’anodin (ni, peut- ?tre, de fortuit) [1].

La Criirad consid ?re en cons ?quence que cette audition est n ?cessaire pour la clarification du dossier, tant du point de vue de l’argumentaire scientifique que de l’identification des groupes de pression. Cette mise ? plat pourrait en outre dissuader toute autre organisme ou personnalit ? de recourir ? la diffusion d’affirmations non fond ?es pour compliquer, voire entraver, les investigations en cours.

3. Le verdict des ?coutes t ?l ?phoniques

Le 9 juillet 2003, sur la base d’un rapport de la police judiciaire indiquant qu’il pourrait ?tre utile de mettre sur ?coutes les lignes t ?l ?phoniques appartenant ? M. Pierre Pellerin, Mme Bertella-Geffroy, d ?livrait une commission rogatoire visant ? l’interception et l’enregistrement des communications pour les parties concern ?es par son instruction.

En tant que partie civile, la Criirad a analys ? la transcription des enregistrements qui figure dans les proc ?s verbaux ?tablis par la brigade des affaires sanitaires et des libert ?s publiques (police judiciaire). Les bandes magn ?tiques qui servent de support sont conserv ?es sous scell ?s.

Ces documents d ?montrent que le Professeur Pierre Pellerin est le v ?ritable auteur de la mise au point historique et qu’il comptait sur la caution de l’Acad ?mie des sciences pour accr ?diter sa d ?fense.

Sur le v ?ritable auteur de l’article :

Pierre Pellerin d ?clare ? plusieurs reprises et ? diff ?rents interlocuteurs qu’il a r ?dig ? la quasi-totalit ? de l’article, les signataires n’intervenant qu’au niveau de la relecture.

Il l’indique le 16 juillet 2003 au cabinet juridique qui suit son dossier dans des termes tr ?s explicites : ?J’aimerais avoir votre avis sur ce document que je ne signe pas mais que j’ai r ?dig ? ? 98 % et que mes coll ?gues Coursaget, Galle et Paulin prennent sous leur enti ?re responsabilit ?. C’est entendu que c’est eux qui l’ont r ?dig ? avec mon aide ?.

C’est ?galement ce qu’indique une conversation entre le Pr Pellerin et son ?pouse : Avertie en son absence par le Pr Coursaget de la publication de l’a mise au point historique sur Internet, elle en informa ? son tour Pierre par ces mots : ?ton papier est sorti sur Internet ?.

S’il n’y avait que cela, on ne pourrait compl ?tement exclure que Pierre Pellerin s’attribue ? tord la paternit ? de ce travail, par vantardise ou toute raison. L’un des entretiens t ?l ?phoniques qu’il a avec le professeur Pierre Galle - l’un des 3 auteurs officiels de l’article - l ?ve toute ambigu ?t ?. En effet, craignant d’ ?tre interrog ? par la Justice sur le contenu de la mise au point historique, Pierre Galle demande au professeur Pellerin de lui indiquer o ? il ?tait cens ? trouver les r ?sultats de mesure qu’il aurait utilis ?s pour la r ?daction de l’article. Il faut qu’il puisse d ?montrer que c’est lui qui est ?all ? les v ?rifier ? tel endroit ?. Et Pierre Pellerin de l’informer qu’il aurait pu r ?cup ?rer les informations ? la biblioth ?que nationale et ? la biblioth ?que d’EDF.

Sur l’importance de l’article

Elle appara ?t clairement dans diverses conversations t ?l ?phoniques qu’a Pierre Pellerin, en particulier avec son ancienne collaboratrice au SCPRI. Mlle Gahinet. Il lui indique le 16 juillet 2003 qu’il y a dans l’article publi ? par l’Acad ?mie des sciences ?beaucoup plus que ce qu’il ne faut pour r ?pondre ? la Justice ? et que d ?s que e texte sera publi ? par l’acad ?mie des sciences ?cela va tout casser ? (au sens de casser la proc ?dure). D ?s la semaine suivante, il lui pr ?cise : ?Maintenant que ce papier est adopt ? par l’Acad ?mie des sciences, c’est une r ?f ?rence incontournable ?...

4. Conclusions et demandes de la Criirad

En 1986, des fautes graves ont ?t ? commises dans la gestion des retomb ?es radioactives de Tchernobyl : sous- ?valuation consid ?rable des niveaux de contamination, surveillance incorrecte de la cha ?ne alimentaire, raisonnements fallacieux sur les normes de contamination des aliments, absence de prise en compte de la vuln ?rabilit ? des enfants, etc.

Ce qui frappe, 20 ans plus tard, c’est la persistance de la d ?sinformation et des manipulations. Ceci est d’autant plus inqui ?tant que ces dysfonctionnements impliquent les plus hauts niveaux de la hi ?rarchie scientifique.

Certaines personnalit ?s sont parfaitement conscientes de ce qu’elles font et de la fa ?on dont elles alt ?rent la v ?rit ?. D’autres, bien plus nombreuses, participent de la tromperie ? leur insu. Il n’en reste pas moins que si leur responsabilit ? est moindre, elle n’en est pas moins pos ?e : Comment se fait-il en effet que les contrev ?rit ?s les plus manifestes soient reprises sans aucune v ?rification pr ?alable, comme si la signature d’un texte par une personnalit ? connue, haut plac ?e dans la hi ?rarchie, court-circuitait tout esprit critique.

La Criirad avait demand ?, d ?s 2005, l’audition de Messieurs Galle, Coursaget et Paulin afin qu’ils s’explique sur le contenu de leur article. Sachant maintenant qu’ils n’en sont pas les v ?ritables auteurs mais de simples pr ?te-noms, elle attend avec encore plus d’int ?r ?t leur audition. Si l’on en croit les d ?clarations de Pierre Pellerin, les trois professeurs ?taient parfaitement au courant du subterfuge. Apr ?s examen des proc ?s-verbaux d’enregistrement des communications t ?l ?phonique, l’implication de Pierre Galle ne fait aucun doute. Le niveau d’information des deux autres personnalit ?s reste ? v ?rifier.

La Criirad a par ailleurs adress ? le 12 juillet 2006 un courrier recommand ? ? Monsieur ?douard Br ?zin, le pr ?sident de l’Acad ?mie des sciences, ainsi qu’aux membres de cette institution, en demandant :

  1. un correctif public sur la v ?ritable identit ? de l’auteur de l’article. Il importe que les lecteurs sachent qu’il s’agit en fait d’un plaidoyer pro domo et non d’un texte neutre.
  2. Une enqu ?te interne visant ? d ?terminer le niveau d’information et d’implication de tous ceux qui sont intervenus dans l’ ?valuation et la publication de l’article. Au cours d’une communication t ?l ?phonique avec une responsable du CEA dat ?e de juillet 2003, Pierre Pellerin pr ?cise que ?les deux [secr ?taires] perp ?tuels actuels ont dit que ce document sera co ?te que co ?te publi ? ? mais sans pr ?ciser s’ils ?taient partie prenante du subterfuge ou s’ils avaient ?t ? abus ?s.
  3. Un droit de r ?ponse en sa faveur. En effet, l’Acad ?mie des sciences a largement donn ? la parole - m ?me involontairement - , au Pr Pellerin pour d ?velopper ses th ?ses. Si l’Acad ?mie des sciences est soucieuse d’ ?quit ? et de pluralisme, elle devrait accorder ? la Criirad un espace d’expression ?quivalent, qui lui permettrait de r ?pondre, sur le plan scientifique, aux principaux arguments d ?velopp ?s dans la mise au point historique.

    La Criirad souhaite en particulier pouvoir apporter des correctifs sur

    1. l’ ?valuation des d ?p ?ts au sol ;
    2. la surveillance de la cha ?ne alimentaire ;
    3. les limites de dose et d’incorporation.

Nous souhaitons ?galement aborder plusieurs points essentiels que la mise au point historique passe compl ?tement sous silence.

[1Cf. ?galement l’article du Professeur Aurengo - ?calculs et mod ?les ? l’ ?preuve des faits : l’exemple de Tchernobyl ? - diffus ? sur le site de l’Acad ?mie de M ?decine.


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