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À propos du film Bamako : Le Mali victime de la dette

Publié le vendredi 10 novembre 2006.


Les chiffres sont implacables : le Rapport sur le développement humain, publié chaque année par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), montre qu’en 2005 le Mali figure parmi les quatre pays les plus déshérités du monde. L’IDH (Indicateur de développement humain) le situe en effet en 174e position sur 177 États pour lesquels l’ONU dispose de données. Seuls le Burkina Faso, la Sierra Leone et le Niger sont encore plus pauvres que lui. Pourtant le pays dispose d’importantes richesses, par exemple l’or (et bientôt le pétrole), ou encore une abondante production de coton, de riz et de mil, sans compter un élevage bovin, caprin et ovin traditionnellement exportateur. Certes, il y a les années de sécheresse liées au climat sahélien, mais elles ne suffisent certainement pas à expliquer l’extrême misère d’un pays qui, de plus, n’a connu aucune véritable guerre depuis son indépendance, sinon un bref affrontement avec le Burkina Faso en 1985 et quelques conflits avec les Touareg.

Un peu de g ?ographie et d’histoire

La plupart d’entre nous connaissent mal la g ?ogra ?phie de l’Afrique. Pour situer facilement le Mali sur une carte, il suffit de se rappeler la fronti ?re m ?ridionale de l’Alg ?rie, sorte de grand triangle en forme de V trac ? en plein Sahara. De la pointe de ce triangle, part une verticale s ?parant deux ?tats : ? l’ouest le Mali, ? l’est le Niger. Autant dire qu’une vaste partie du territoire malien, tr ?s peu peupl ?e, se situe en zone d ?sertique, tandis que l’essentiel de la population vit au sud, en particulier sur les rives du fleuve Niger, o ? se trouve la capitale, Bamako, avec son million d’habitants. Les autres villes importantes, situ ?es dans le secteur sud-ouest pour la plupart, sont Kayes, S ?gou, Mopti et Sikasso. Au total, le territoire du Mali occupe 1 241 238 km2, pour une population de plus de 13 millions d’habitants. On estime qu’environ 90 % des Maliens sont musulmans.

L’une des faiblesses du pays, c’est son manque d’acc ?s ? la mer. Ce ne fut pas toujours le cas dans l’histoire, ? l’ ?poque o ? le Mali ?tait au centre d’un vaste empire, et o ?, pendant des si ?cles, les caravanes montaient et descendaient sans rel ?che le cours du Niger, faisant ?tape dans les villes mythiques de Gao et de Tombouctou. La colonisation fran ?aise commence ? la fin du XIXe si ?cle, men ?e par le g ?n ?ral Gallieni. Annex ? ? l’Afrique occidentale fran ?aise (AOF), le pays s’appelle d’abord Haut-S ?n ?gal-Niger, puis Soudan fran ?ais (1920). Toute activit ? politique y est interdite jusqu’ ? la fin de la seconde guerre mondiale, et il faut attendre 1946 pour que se mettre en place le parti du Rassemblement d ?mocratique africain (RDA). En 1956, le Soudan fran ?ais devient une r ?publique autonome de la Communaut ? fran ?aise. Il fonde en 1959, avec le S ?n ?gal, la F ?d ?ration du Mali, qui proclame son ind ??pendance le 20 juin 1960. Trois mois plus tard, la f ?d ?ration ?clate, et le Soudan ex-fran ?ais devient la R ?publique du Mali le 22 septembre 1960.

Son premier pr ?sident est Modibo Ke ?ta. Sans chercher vraiment ? se rapprocher du bloc sovi ?tique, il conduit une politique orient ?e vers le socialisme, dont les succ ?s sont g ?ch ?s par des probl ?mes mon ?taires : le franc malien, cr ?? en 1962, est d ?valu ? en 1963 puis en 1967, apr ?s quelques ann ?es d’inflation galopante dont la population a fait les frais [1]. Profitant de l’insatisfaction g ?n ?rale, le militaire Moussa Traor ? organise un coup d’ ?tat en 1968 et devient ? son tour pr ?sident de la R ?publique. Il m ?ne pendant plus de vingt ans une dictature sanglante, avec la b ?n ?diction de la France et des IFI (Institutions financi ?res internationales), jusqu’ ? son renversement en 1991 par un autre militaire, le g ?n ?ral Amadou Toumani Tour ?. Condamn ? ? mort pour ses crimes politiques et pour d’importants d ?tour ?nements de fonds, Moussa Traor ? est aujourd’hui en libert ?, apr ?s une gr ?ce pr ?sidentielle accord ?e en 2002.

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Les chiffres de la pauvret ?

L’indicateur de d ?veloppement humain (IDH) est un indica ?teur composite mesurant trois dimensions du bien- ?tre humain : revenu, sant ?, ?ducation. Les donn ?es ne sont donc pas exhaustives, mais permettent une ?valuation assez fiable du d ?veloppement compar ? des diff ?rents pays. Les donn ?es ci-dessous, concernant le Mali, sont celles de l’IDH 2005.

- PIB par habitant : 371 dollars
- Personnes vivant avec moins d’un dollar /jour : 72,3 %
- Personnes vivant avec moins de deux dollars/jour : 90,6 %
- Taux d’analphab ?tisme des adultes (15 ans et plus) : 81 %
- Taux de scolarisation dans le primaire : 45 % (filles : 39 %)
- Population priv ?e d’acc ?s ? un point d’eau am ?nag ? : 52 %
- Consommation annuelle d’ ?lectricit ? par habitant : 33 kw/h
- Part du PIB consacr ?e ? la sant ? publique : 2,3 %
- Nombre de m ?decins : 4 pour 100 000 habitants
- Personnes souffrant de malnutrition : 29 %
- Esp ?rance de vie en ann ?es : 47,9
- Taux de mortalit ? infantile : 122 ‰
- Taux de mortalit ? (enfants de moins de 5 ans) : 220 ‰

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Depuis 1991, le Mali suit la voie de la ?bonne gouvernance ? pr ?n ?e par les ?tats du Nord, la Banque mondiale et le FMI (Fond mon ?taire international) : son pr ?sident, Alpha Oumar Konar ? (1991-2002), a instaur ? le multipartisme et s’est engag ?, plus encore que son pr ?d ?cesseur, dans la lib ?ralisation de l’ ?conomie, ap ?pliquant ? la lettre les pr ?ceptes du ?consensus de Washington ? : abaissement des barri ?res douani ?res, lib ?ralisation des march ?s financiers, privatisations. Le tout avec des r ?sultats particuli ?rement amers pour la population malienne, dont la situation n’a cess ? de se d ?t ?riorer, surtout apr ?s la d ?valuation du franc CFA en 1994. Pr ?sident de la R ?publique depuis 2002, Amadou Toumani Tour ? (celui-l ? m ?me qui avait renvers ? Traor ? onze ans plus t ?t) ne semble pas dispos ? ? in ?verser la tendance, malgr ? quelques vell ?it ?s louables.

L’engrenage de la dette

On l’oublie souvent, la plupart des anciennes colonies fran ?aises se sont retrouv ?es endett ?es d ?s leur ind ?pendance : Ce sont elles qui ont d ? acquitter le solde des emprunts contract ?s par la France quelques ann ?es auparavant. Pour injuste qu’elle f ?t, cette dette ?tait cependant supportable. Ainsi, malgr ? les d ?boires mon ?taires de Modibo Ke ?ta, la dette ext ?rieure malienne ne d ?passait pas 55 milliards de francs CFA en 1968. Elle s’ ?l ?ve aujourd’hui (fin 2004) ? 1 705 milliards, toujours en francs CFA. M ?me en tenant compte de la d ?valuation de 1994, l’ascension est verti ?gineuse.

L’essentiel de cette dette a ?t ? contract ? pendant la dictature de Moussa Traor ?, avec la b ?n ?diction de la France, du FMI et de la Banque mondiale. Les quelques chiffres ci-dessous, cette fois-ci en dollars US, sont particuli ?rement frappants :

- 1970 : 249 millions de dette ext ?rieure publique
- 1980 : 727 millions
- 1990 : 2467 millions
- 1999 : 3183 millions

 ? quoi il faut ajouter le service de la dette, pass ? de 16 millions de dollars en 1980 ? 106 millions en 1999 (soit 57 milliards de francs CFA). Et comme le Mali est un d ?biteur particuli ?rement scrupuleux, il rembourse, mais pour cela il doit faire appel ? de nouveaux pr ?ts des institutions financi ?res, que celles-ci s’empressent d’accorder, pourvu que le pays mette en place des plans d’ajustement structurels permettant, selon la formule consacr ?e, ?d’assainir le secteur public ? : baisse drastique du nombre de fonctionnaires et de leur salaire, assouplissement de la l ?gislation du travail, lib ?ralisation du secteur bancaire, des prix et du com ?merce, suppression des taxes ? l’importation, le tout accompagn ? d’une cascade de privatisations.

Certes, depuis l’an 2000, le Mali b ?n ?ficie de l’initiative PPTE (Pays pauvres tr ?s endett ?s) entra ?nant une diminution du service de la dette. De plus, en 2005, le G8 s’est engag ? ? ce que les institutions finan ?ci ?res annulent le montant de la dette multilat ?rale du Mali, soit 1060 milliards de francs CFA. Belle promesse, mais qui jusqu’ ? pr ?sent n’a pas ?t ? suivie d’effets ! Il est temps de passer des promesses aux actes, et d’annuler sans contrepartie la totalit ? de la dette du Mali et de l’ensemble des pays pauvres. Songeons que, si le Mali voulait rembourser seul l’ensemble de sa dette, il lui faudrait 106 ann ?es, soit le sacrifice de quatre g ?n ?rations.

L’engrenage des privatisations

Sans citer ici toutes le privatisations d ?j ? r ?alis ?es ou programm ?es, on insistera sur quelques exemples particuli ?rement d ?sastreux. Tout d’abord celui de la R ?gie des chemins de fer du Mali (RCFM), brad ?e en 2003 ? un consortium franco-canadien pour la somme de 5 milliards de francs CFA, alors que l’entreprise ?tait ?valu ?e ? 150 milliards. Ce service public assurait le transport des voyageurs sur la partie malienne de la ligne Dakar-Koulikoro. Mais les nouveaux propri ?taires, en fonction de crit ?res de rentabilit ?, ont jug ? bon de privil ?gier le fr ?t par rapport aux voyageurs. R ?sultat : 612 cheminots licenci ?s et 26 gares ferm ?es sur 36. Finies les relations intervillageoises et la vente de denr ?es ? l’arr ?t du train.

Autre exemple catastrophique, celui de la soci ?t ?  ?nergie du Mali (EdM), charg ?e de la production et de la distribution d’ ?lectricit ? et d’eau potable. ? l’initiative de la Banque mondiale, la gestion de cette soci ?t ? est confi ?e en 2000 ? Saur International, filiale du groupe Bouygues, qui s’engage ? r ?duire les prix ? la consom ?mation et ? d ?velopper les infrastructures, notamment en ?lectrifiant 97 localit ?s et en construisant une nouvelle station de pompage ? Kabala. Aucun de ces engagements n’est tenu. Bien au contraire, les prix de l’eau et de l’ ?lectricit ? explosent, et la Saur n’h ?site pas ? traquer les mauvais payeurs. En 2003, le pr ?sident Tour ? exige et obtient une baisse des tarifs de 10 %, mais, deux ans plus tard, constatant que les investissements promis n’avaient pas ?t ? r ?alis ?s, il rompt le contrat qui le liait ? la Saur, au grand dam de la Banque mondiale.

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Quelle dette ? Quels cr ?anciers ?

Quand on ?voque la dette des PED (pays en d ?veloppement), il s’agit essentiellement de dette ext ?rieure publique (contract ?e par les ?tats aup ?s de pr ?teurs ?trangers au pays). On peut distinguer trois types de dette publique, selon la nature des cr ?anciers :
- Dette multilat ?rale : Le cr ?ancier est une institution fi ?nanci ?re multilat ?rale (FMI par exemple).
- Dette bilat ?rale : Le cr ?ancier est un autre ?tat (pour assurer le recouvrement de leurs cr ?ances, la plupart des ?tats pr ?teurs ont constitu ? le Club de Paris).
- Dette priv ?e : Le cr ?ancier est un organisme priv ?, g ??n ?ralement une banque (ces cr ?anciers sont regroup ?s au sein du Club de Londres).

S’agissant du Mali, la dette priv ?e est nulle (trop risqu ? pour les banques !). La dette multilat ?rale constitue 57 % de l’endettement global (dont 34 % pour l’Association internatio ?nale de d ?veloppement, Aid, composante de la Banque mondiale, 13 % pour la Banque africaine de d ?veloppement et 6 % pour le FMI). La dette bilat ?rale (43 %) se r ?partit en 30 % pour le Club de Paris et en 13 % pour la Chine, l’Arabie Saoudite et le Kowe ?t.

Pr ?cision : On ne confondra pas la dette globale avec le service de la dette, c’est- ?-dire ce que l’emprunteur doit rembourser chaque ann ?e (annuit ?s de la dette, auxquelles s’ajoutent les int ?r ?ts).

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Mais le groupe Bouygues est toujours bien pr ?sent au Mali. Par l’interm ?diaire de la Soci ?t ? malienne d’exploitation (Somadex), il g ?re l’une des principales mines d’or du pays, celle de Morila, exploitant ? la fois l’or et les ouvriers, qui travaillent dans des conditions ?pouvantables (utilisation de cyanure sans aucune protection), tandis que les syndicalistes et les gr ?vistes sont licenci ?s et pourchass ?s. D ?cid ?ment, la colonisa ?tion a la vie dure, et la Fran ?afrique est toujours bien l ?!

Tout aussi grave, les menaces qui p ?sent sur la petite paysannerie (soit plus de 70 % de la population active du Mali), avec notamment la privatisation rampante de l’Office du Niger (ON), qui g ?re la production de riz dans la r ?gion de S ?gou, sur 82 000 ha de surfaces irrigu ?es. Outre la compression pr ?visible des effectifs, on essaie de mettre en place une r ?forme fonci ?re qui, ? terme, mettra fin ? l’usufruit dont jouissent les paysans sur les terres de l’ON, au b ?n ?fice de gros investisseurs. Mais ce n’est pas tout…

Le coton : de l’espoir ? l’inqui ?tude

Une autre privatisation est en effet pr ?vue pour 2008, celle de la Compagnie malienne de d ?veloppement et des textiles (CMDT), h ?riti ?re de l’ex-Compagnie fran ?aise de d ?veloppement et des textiles (CFDT), qui organise la production, la transformation et la commercialisation du coton. L ? encore, c’est la Banque mondiale qui est ? l’origine de cette privatisa ?tion, qui permettrait selon elle de rendre le coton malien plus comp ?titif.

Il faut savoir qu’aujourd’hui le coton fait vivre, directement ou indirectement, 3,5 millions de personnes, soit plus du quart de la population malienne. Il repr ?sente ? lui seul environ 50 % des exportations du pays, mais sa culture ne pr ?sente presque aucun des inconv ?nients constat ?s sur d’autres continents : elle est pratiqu ?e sur de petites parcelles, en rotation avec les cultures vivri ?res (ces derni ?res occupent plus de 70 % des terres cultiv ?es en zone cotonni ?re) ; elle ne demande aucune irrigation, sinon celle des pluies ; l’usage d’engrais et de pesticides est forc ?ment limit ?, faute de moyens financiers.

Autrement dit, le Mali, comme les autres pays producteurs d’Afrique de l’Ouest et du Centre (AOC), notamment le Burkina Faso, le B ?nin et la C ?te d’Ivoire, fournit un coton propre , d’excellente qualit ? et tr ?s bon march ?. Gr ?ce ? ce coton, le niveau de vie des popula ?tions s’est peu ? peu ?lev ?, du moins jusqu’aux ann ?es 1990. Mais, ? cause de la surproduction mondiale, le cours du coton s’est effondr ? en quelques ann ?es : de 261,7 cents/kilo en 1980, il est pass ? ? 181,9 cents en 1990, puis ? 110,3 cents en 2001. Le probl ?me, c’est que cette baisse des prix n’est pas v ?cue de la m ?me fa ?on par les producteurs du Nord et par ceux du Sud. Les ?tats-Unis, qui sont le plus gros exportateur mon ?dial de coton, subventionnent massivement leurs agriculteurs, comme le fait d’ailleurs l’Union europ ?enne pour ses cotonniers d’Espagne et de Gr ?ce. Ces sub ?ventions, qui sont en grande partie ? l’origine de la surproduction et donc de la baisse des cours, sont en principe incompatibles avec les r ?gles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Mais voil ?, les r ?gles ne s’appliquent pas de la m ?me fa ?on selon que vous serez puissant ou mis ?rable. Et, lorsqu’en 2003 quatre ?tats de l’AOC ont soulev ? le probl ?me ? la conf ?rence de l’OMC de Canc ?n, tous les participants ou presque leur ont donn ? raison, d’un ton souvent compatissant, mais aucune d ?cision n’a ?t ? prise.

Pour en revenir ? la prochaine privatisation de la CMDT, celle-ci suscite de larges inqui ?tudes. Jusqu’ ? pr ?sent, le Mali a su conserver un sage ?quilibre entre le coton et les cultures vivri ?res. Mais cet ?quilibre est fragile, et on peut tout craindre de l’app ?tit de groupes priv ?s qui favoriseraient le remembrement des terres et la monoculture. D’autant qu’une autre menace plane sur le coton malien : celle des apprentis-sorciers fabricants d’OGM, en particulier Monsanto et Syngenta, d ?j ? install ?s dans le pays gr ?ce ? la Banque mondiale, et qui ont mis au point avec elle un ?Projet de d ?veloppement de la culture de coton g ?n ?tiquement modifi ? au Mali ?.

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Banque mondiale et FMI

La Banque mondiale et le Fonds mon ?taire international (FMI) sont les plus connues des Institutions financi ?res inter ?nationales (IFI). Toutes deux ont ?t ? cr ??es ? la fin de la seconde guerre mondiale par les accords de Bretton Woods (juillet 1944).
La premi ?re s’appelait alors Bird (Banque internationale pour la reconstruction et le d ?veloppement), et avait pour but de favoriser la reconstruction de l’Europe et des autres pays meurtris par la guerre par des pr ?ts ? long terme. Elle a ensuite ?largi son champ d’action ? l’ensemble de la plan ?te et des activit ?s ?conomiques. Concernant l’Afrique et plus g ?n ?ralement les pays les plus pauvres, elle a cr ?? en 1960 l’Aid (Association internationale de d ?veloppement), qui est aujourd’hui le principal cr ?ancier du Mali.

Quant au FMI, sa t ?che ?tait de veiller ? la stabilit ? du syst ?me financier international, pr ?tant ? court terme ? des pays ayant des probl ?mes temporaires de balance des paiements.
Par la suite, les deux institutions, avec des nuances diffi ?cilement perceptibles, se sont faites les chantres de la mon ?dialisation lib ?rale, notamment ? partir des ann ?es 1980, conditionnant leurs pr ?ts ? l’acceptation de plans d’ajustement structurel. Au FMI comme ? la Banque mon ?diale, les ?tats sont repr ?sent ?s par le principe ?un dollar = une voix ?. Autrement dit, les ?tats les plus riches, ? com ?mencer par les ?tats-Unis, disposent d’un pouvoir exor ?bitant leur permettant de dicter leur loi au reste du monde.

La plupart des initiatives de la Banque mondiale et du FMI se sont sold ?es par des ?checs souvent retentissants, que ce soit en Argentine pour le FMI ou en Afrique subsaharienne pour la Banque mondiale. D’o ? l’id ?e centrale du film Bamako : Pourquoi ne pas mettre en proc ?s ces deux institu ?tions pour l’ensemble des d ?g ?ts qu’elles ont provoqu ?s ? travers le monde ?

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Quel avenir pour le Mali ?

On l’aura compris ? la lecture de ce qui pr ?c ?de, l’avenir du Mali ne passe certainement pas par les rem ?des du FMI et de la Banque mondiale, dont les plans d’ajustement structurel ont largement contribu ? ? l’appauvrissement du pays. Il ne passe sans doute pas non plus par la copie de mod ?les occidentaux, surtout lorsque ceux-ci ont d ?j ? montr ? leurs limites et leurs dangers dans les pays du Nord. C’est le cas de la d ?centralisation, qui est devenue aujourd’hui le cheval de bataille du gouvernement malien, et dont la France d ?couvre depuis quelques ann ?es les effets pervers.

Il est largement temps de se dire que l’avenir du Mali passe par les Maliens eux-m ?mes, et que nous n’avons pas de le ?ons ni de ?conseils ?clair ?s ? ? leur donner. Il suffit d’ailleurs de constater la situation actuelle des pr ?tendues d ?mocraties occidentales pour s’en convaincre. Quant ? la corruption, qui serait para ?t-il la gangr ?ne de l’Afrique, l ? encore nous sommes bien mal plac ?s pour donner aux autres des le ?ons. D’autant que si les politiciens v ?reux sont un jour ou l’autre jug ?s et condamn ?s en Afrique, ils le sont tr ?s rarement en France et dans les autres pays du Nord.

Il faut en finir avec l’infantilisation des peuples afri ?cains aux relents colonialistes. Le peuple malien lutte depuis plusieurs ann ?es contre les privatisations qui se succ ?dent. Il est sans doute plus conscient que nous des dangers de la mondialisation lib ?rale, car il la subit de plein fouet et n’en tire jamais le moindre profit. Le fait que le dernier Forum social mondial se soit tenu en partie ? Bamako (janvier 2006) montre ? quel point les Maliens se sentent concern ?s par les probl ?mes de la globalisation.

C’est donc ? eux de prendre en mains leur destin ?e, ce qui ne signifie pas pour autant que nous ne pouvons pas les y aider : La France est l’un des principaux cr ?an ?ciers du Mali, soit ? titre personnel, soit en tant que membre de la Banque mondiale ou du FMI. Nous devons faire pression sur nos ?lus et notre gouverne ?ment pour que la dette insupportable du Mali soit annul ?e sans contrepartie, tout comme celle des autres pays les plus pauvres du monde.

Principales sources

1. Livres et revues
- Damien Millet, ?ric Toussaint : 50 questions, 50 r ?ponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale (CADTM, Syllepse, 2002).
- Collectif : La menace vient du Nord, enqu ?te sur le coton (Oxfam Solidarit ?, 2004).
- Collectif : Le Petit Alter, dictionnaire altermondialiste (Attac, Fayard, Mille et une nuits, 2006).
- Collectif : Atlas alternatif (Le Temps des Cerises, 2006).
- Le Monde diplomatique, avril 2006 : Au Mali, les producteurs de coton disent ?non ? (Roger Gaillard).

2. Sites web
- Wikip ?dia  : portail du Mali.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Mali
- CADTM, archives par pays, Mali.
http://www.cadtm.org/fr.mot.php3?id_mot=23
- PlaneteBleue.info : le Mali et Bouygues.
http://eau.apinc.org/article.php3?id_article=422
- PNUD : Rapport mondial sur le d ?veloppement humain 2005
http://hdr.undp.org/reports/global/2005/francais/
- PNUD, bureau du Mali.
http://www.ml.undp.org/
- Site des Nations unies au Mali
http://www.un.org.ml/snu/fr/mali.htm
- Pr ?sidence de la R ?publique du Mali
http://www.koulouba.pr.ml/
- L’Essor, quotidien d’informations du Mali
http://www.essor.gov.ml/
- Le Forum social mondial ? Bamako
http://www.fsmmali.org/
- Cad Mali
http://www.cadmali.org/

Document r ?alis ? par Jean Tosti, Attac 66
(novembre 2006)

[1Le franc CFA a ?t ? r ?tabli au Mali en 1984


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