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Communiqué des signataires de l’appel national 16 juin 2010

Un verdict couperet pour les retraites : la répartition guillotinée
Publié le vendredi 18 juin 2010.


Commencée sur la base d’un mensonge grossier « il n’y a qu’une solution, travailler plus », la contre-réforme Sarkozy-Fillon-Parisot s’achève en prévoyant un nouveau hold-up sur la richesse produite par les travailleurs...

Ainsi, le gouvernement a-t-il tranch ? comme ses pr ?d ?cesseurs l’avaient fait en 1993 et en 2003, en n’ ?coutant que le chant du Medef et restant sourd ? toutes les propositions ?manant de la soci ?t ? ne rentrant pas dans sa logique. Avant m ?me qu’il entame un simulacre de concertation tout ?tait dit : hors de l’obligation de travailler toujours plus, point de salut pour les retraites, et surtout pas de quartier pour les retrait ?s. Refusant de reconna ?tre que le niveau moyen des retraites par rapport aux salaires avait recul ? de 15 ? 20 % parce que nombre de salari ?s ne pouvaient d ?j ? pas satisfaire ? l’obligation actuelle de cotiser 40,5 ans et parce que les deux tiers d’entre eux ?taient d ?j ? hors emploi ? 60 ans, il va encore aggraver cette baisse du niveau des pensions en portant la dur ?e de cotisation ? 41,5 ans en 2020.

Alors que l’ ?ge moyen de cessation d’activit ? est inf ?rieur ? 59 ans, le gouvernement recule l’ ?ge l ?gal de d ?part ? 62 ans d ?s 2018, ce qui est encore plus rapide que ce qui ?tait envisag ?, et, de mani ?re parall ?le, celui auquel on peut partir ? taux plein, c’est- ?-dire sans d ?cote. Seront particuli ?rement p ?nalis ?s, non seulement ceux qui auront commenc ? ? travailler t ?t, mais aussi de nombreux salari ?s, essentiellement des femmes, qui devront attendre plus longtemps, en situation de pr ?carit ?, l’ ?ge du taux plein pour ne pas subir de d ?cote. Annonc ? comme devant ?tre une ? r ?forme juste ?, le projet pr ?sent ? ne comporte rien qui soit ? m ?me de r ?duire les in ?galit ?s de pensions entre les hommes et les femmes et au contraire, celles-ci ne pourront que se creuser. Donnant pleine satisfaction au patronat, il n’envisage de prendre en consid ?ration la p ?nibilit ? du travail qu’au cas par cas et ce sera au salari ? de faire la preuve m ?dicale que son m ?tier ? ?t ? p ?nible. La retraite devient vraiment une affaire de gestion individuelle dans laquelle le droit collectif ? la protection dispara ?t.

Poursuivant la m ?me tactique politicienne de division du salariat, les fonctionnaires sont encore montr ?s du doigt et p ?nalis ?s, alors que, ? qualification ?gale, le niveau de leur pension est ?quivalente ? celle des salari ?s du priv ? comprenant le r ?gime g ?n ?ral de base et le r ?gime compl ?mentaire. L’augmentation du taux de cotisation pour les fonctionnaires n’est en fait qu’une fa ?on d ?guis ?e de baisser leur salaire.
Par petits bouts, ? tour de r ?le, toutes les cat ?gories voient leurs conditions se d ?grader, chaque recul de l’une servant ? justifier le recul de la suivante, avec une double, voire triple peine pour les femmes, les travailleurs pr ?caires et ceux qui sont rest ?s longtemps au ch ?mage. En condamnant les salari ?s ?g ?s ? travailler toujours plus tard, on aggrave les difficult ?s d’entr ?e dans la vie active des jeunes. L’Insee vient d’ ?tablir que dans le contexte de la crise, le taux de ch ?mage des jeunes s’est encore accru, de m ?me que la proportion de salari ?s, hommes et femmes, en sous emploi.
Commenc ?e sur la base d’un mensonge grossier ? il n’y a qu’une solution, travailler plus ?, la contre-r ?forme Sarkozy-Fillon-Parisot s’ach ?ve en pr ?voyant un nouveau hold-up sur la richesse produite par les travailleurs. Le gouvernement et le patronat ont ni ? la possibilit ? de trouver de v ?ritables sources de financement suppl ?mentaire parce qu’ils entendaient conserver ? l’acquis ? des classes poss ?dantes au cours des derni ?res d ?cennies. La baisse historique de la part salariale dans la richesse produite est ent ?rin ?e. Pourtant, la soumission ? cotisation des revenus financiers distribu ?s par les entreprises ? leurs actionnaires et cr ?anciers permettrait de r ?unir des ressources sup ?rieures au d ?ficit de toutes les caisses de retraite, et cela d ?s aujourd’hui et pour demain. Le gouvernement se contente de pr ?voir un pr ?l ?vement sur le capital ridiculement bas de 3,7 milliards en 2010 alors que le d ?ficit annonc ? d ?passe 32 milliards.

Au-del ? des contrev ?rit ?s que gouvernement et patronat ass ?nent quotidiennement en mati ?re de financement des retraites, ce qui est en jeu, c’est la place du travail dans la vie, la place des travailleurs et des retrait ?s ? qui il n’est reconnu que le devoir d’exister comme subordonn ?s ? l’exigence du capital et uniquement comme tels. Ce qui est en jeu aussi, c’est le type de d ?veloppement humain qui est promu : ? la nouvelle contre-r ?forme des retraites correspond un mod ?le d’o ? est exclue la possibilit ? d’utiliser les gains de productivit ? pour r ?duire la dur ?e du travail et dans lequel la soci ?t ? est vou ?e ? jamais au productivisme.

Tout cela serait simplement absurde si cela n’intervenait pas dans un moment caract ?ris ? par une crise majeure, in ?dite par les multiples dimensions qu’elle comporte, du financier ? l’ ?conomique, du social ? l’ ?cologique, et du politique au culturel. En un mot, la destruction progressive des retraites par r ?partition est la figure de proue de la strat ?gie des classes dominantes cherchant ? faire d’une pierre deux coups : faire payer la crise aux salari ?s, aux retrait ?s et aux populations les plus fragiles, et trouver de nouveaux espaces ? la marchandisation et ? l’accumulation financi ?re. Ce n’est pas simplement absurde, c’est mortif ?re pour la soci ?t ?.

http://www.exigences-citoyennes-retraites.net

Contacts presse : J-M Harribey 06 85 71 25 82, Christiane Marty 06 86 25 23 88, Willy Pelletier 06 75 25 77 76


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