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Reprendre le contrôle de la finance

Publié le lundi 4 mai 2020.


Les leçons de la crise de 2008 n’ont pas été retenues : les Etats ont fourni des milliards d’euros pour sauver le système bancaire, sans effets notables sur l’économie réelle, ces milliards sortis de nos poches se perdant dans les sables de la Finance. Les grandes banques conservent des centaines de filiales dans les Paradis Fiscaux, qui leur permettent d’organiser l’évasion fiscale, ce qui coûte, chaque année environ 1000 Milliards d’euros aux budgets des Etats de l’UE, dont 80 à 100 Milliards au budget de la France. Pour avoir une idée de ce que cela représente, et puisque c’est le sujet du moment, 80 Milliards d’euros, ce serait le coût de la construction de 100 hôpitaux, ou un contrat de 25 ans pour 10 000 infirmières , et ceci chaque année !

Nous devons reprendre le contrôle du système bancaire pour le mettre réellement au service d’activités économiques reconnues utiles, socialement et écologiquement, et non au service d’activités spéculatives.

Une première mesure : démanteler les plus grandes banques, en séparant activités de dépôts et activités d’affaires (dont les risques se répercutent sur les épargnants, ou sur l’Etat, comme en 2008), interdire les filiales dans les Paradis Fiscaux, et enfin, en arriver à leur socialisation. Socialisation, ce n’est pas nationalisation : c’est le contrôle des banques par des conseils qui regrouperaient représentants de l’Etat, mais aussi représentants des forces économiques locales, des usagers, des syndicats …
Il faut aussi mettre fin à la circulation sans contrôle des capitaux, en taxant les transactions financières, de façon à sanctionner la spéculation débridée qui sème le chaos dans l’économie réelle, interdire les pratiques les plus risquées (ventes à découvert, opérations sur des secteurs stratégiques comme l’alimentation ou l’énergie ...)

Chacun sait que la crise actuelle provoquera de très graves difficultés économiques, et, inévitablement, une crise financière. Nous ne devons plus laisser les clés au secteur financier, qui a clairement montré qu’il n’a qu’un but : l’accumulation sans limite des profits, et dont on voit qu’il nous mènerait au désastre ! Si la BCE finançait directement les dépenses publiques – ce que vient de décider la Banque d’Angleterre – cela permettrait de ne plus avoir recours aux marchés financiers et donc de ne plus dépendre de ceux-ci. Une décision capitale, sortant enfin de l’orthodoxie néo-libérale, permettant dans l’immédiat de concrétiser la solidarité entre pays de l’UE, et pour l’avenir en marquant la volonté par le politique de reprendre le contrôle de la finance !

pau@attac.org