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Climat et biodiversité

Publié le lundi 4 mai 2020.


La pandémie du coronavirus est une épreuve qui bouleverse notre vie et suscite bien des angoisses. Le dérèglement climatique et la baisse, voire la disparition, d’espèces végétales et animales, pourraient se révéler bien pire … Et si, peut-être, on parvient à mettre au point un vaccin contre le Covid19, par contre, il n’y aura pas de vaccin contre la crise climatique.

Nous avons vu déjà les signes précurseurs : sécheresses, gigantesques incendies, inondations, tornades, hausse du niveau des océans, chute inquiétante du nombre d’insectes pollinisateurs … Les scientifiques nous avertissent : si le réchauffement provoquait la fonte des terres gelées de Sibérie (le permafrost), nous subirions des émissions très importantes de méthane – qui accéléreraient le réchauffement- et des virus inconnus seraient libérés des glaces : ça vous rappelle quelque chose ? Crises sanitaires, famines, villes submergées, déplacements de populations … seraient au programme. Non, nous ne cédons pas à la mode du catastrophisme, c’est ce qu’annoncent les experts, en cas de dépassement de plus de deux degrés.
A la différence de l’apparition inattendue du Covid19, ces phénomènes sont annoncés depuis des années par la communauté scientifique, et il dépend de nous, citoyens, élus, pouvoirs publics, de décider des mesures pour les combattre.
Les salariés s’inquiètent légitimement sur le maintien de leur emploi, les ministres de l’économie et du travail martèlent les chiffres du PIB, tout paraît se mettre en place pour une reprise de l’activité à l’identique, sans se poser la moindre question... Ce serait remettre en route la machine infernale, ce serait un choix suicidaire !
La période que nous traversons nous a permis de nous poser des questions : de quoi vivons-nous ? Que consommons-nous ? Qu’est-ce qui est vraiment important ? Comment déterminer le « suffisant » ? N’oublions pas cette expérience, les changements dans les relations, l’entraide, la solidarité ...

Pour sauvegarder une planète vivable, pour échapper à l’accélération sans fin et sans raison de nos vies, pour retrouver le plaisir de relations humaines apaisées et celui de vivre en harmonie avec la nature, nous demandons un changement radical de cap, des mesures à la hauteur des enjeux :

- Donner toute leur place aux recherches sur la nature, sur nos relations avec elle.
- Financer un vaste plan de rénovation et d’isolation des bâtiments existants ( soit dit en passant, l’évasion fiscale, 80 à 100 Milliards d’euros chaque année, permettrait d’isoler tous les appartements de France). Cette mesure serait aussi porteuse de multiples emplois.
- Refuser la ratification du CETA comme de tout projet multipliant les transports sur cette planète, et aider les circuits courts, relocaliser les productions.
- Stopper les investissements publics dans les énergies fossiles, et annuler les autorisations de forages.
- Flécher l’argent de l’épargne populaire vers les seuls projets contribuant à la transition énergétique, écologique ou sociale.
- Favoriser le développement d’une agriculture paysanne, en réorientant les subventions vers le bio et le local. Freiner drastiquement l’artificialisation des sols.
- Supprimer les lignes aériennes intérieures et favoriser le train.

Plusieurs de ces mesures figurent dans le pré-rapport rédigé par la Conférence Citoyenne, qui a travaillé sur cette question depuis plusieurs mois : il est impératif de les prendre en compte.

pau@attac.org