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Commerce mondial, commerce local

Publié le lundi 4 mai 2020.


L’épidémie de covid 19 a mis en évidence l’importance du commerce mondial et ses failles, la dépendance des pays envers la Chine, l’Inde, les Etats Unis etc…, dépendance voulue par les multinationales à la recherche de toujours plus de profits à moindre coût, sans calculer le prix écologique de celle-ci, et le danger de la perte d’autonomie des états.

Il est évident qu’il faut revoir les traités de libre-échange en cours ou en discussion, sur des bases plus démocratiques et respectueuses des besoins humains et de la bio diversité. Actuellement des ALE (accords de libre-échange) sont en cours avec l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les Etats Unis, ainsi qu’avec de nombreux pays d’Afrique. Ces discussions se font sans transparence démocratique, les parlements européens n’y participent pas ; les résultats des négociations sont difficiles à obtenir par les parlementaires. Le traité avec le Canada doit être ratifié par les parlements de l’UE, bien qu’une partie de celui-ci soit déjà mis en application. Les traités suivants ne seront pas soumis aux parlements, la Commission Européenne étant seule habilitée à conclure.

Il faut donc que les peuples puissent reprendre la main sur ces traités.

- Soumettre à un audit à participation citoyenne tous les traités bilatéraux et
multilatéraux sur les investissements et sur le commerce et en suspendre
l’application durant la durée de l’audit. Abroger tous les traités qui seront jugés illégitimes et / ou abusifs.
- Désobéir aux dispositions de l’OMC et résilier tous les accords de libre-échange, de partenariat et d’investissements avec les pays du Sud.
- Soutenir les mesures pour la souveraineté alimentaire et la production écologique et socialement juste.
- Sortir de l’OMC et appeler à une campagne internationale contre cette institution ainsi que ses deux congénères, Banque Mondiale et FMI, pour leur remplacement par des institutions démocratiques de solidarité.
- Mettre fin aux mécanismes de règlement des différends qui permettent aux grandes entreprises de réclamer des sommes colossales aux États si ceux-ci prennent des mesures d’intérêt général qui diminuent les bénéfices d’intérêts capitalistes privés.
- Instituer une procédure d’arbitrage acceptée et légitime qui consiste à poursuivre les entreprises transnationales dans sa juridiction nationale et à augmenter leur pénalisation financière en fonction de la gravité de leur violation de la souveraineté des peuples, des normes sociales et environnementales.
- Sanctionner fortement les entreprises qui ne respectent pas les droits humains et les normes environnementales.
- Soutenir l’initiative en faveur d’un traité juridiquement contraignant obligeant les entreprises transnationales à respecter les droits humains dans tous leurs aspects :
civils, politiques, économiques, sociaux et culturels.
- Lever le secret autour des accords de commerce et d’investissements qui permettent aux entreprises de se substituer de plus en plus aux peuples et aux États pour protéger leur liberté d’action et leurs investissements.
- Instituer des circuits courts et promouvoir l’agriculture biologique dans chaque pays, en visant l’indépendance alimentaire.
- Encourager l’exercice de la souveraineté populaire dans les pays du Sud pour développer avec eux un commerce équitable qui respecte la justice sociale et environnementale et mettre en place de réels mécanismes de coopération qui mettent fin au pillage et favorisent l’émergence de leurs économies.

pau@attac.org