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Pour une nouvelle politique européenne

Publié le lundi 4 mai 2020.


Au lendemain de la guerre, en créant la Communauté européenne du charbon et de l’acier (1951), puis la Communauté européenne (1957), six nations unissaient leur destin. A cette fin, elles ne se contentaient pas de supprimer les obstacles à la circulation des personnes, des marchandises et des capitaux, à l’intérieur du Marché commun qui les réunissait et elles ne réduisaient pas celui-ci à un espace de libre-échange : la régulation publique et l’intérêt général y avaient leur place. Elles s’attaquaient à la réduction des disparités interrégionales et à l’harmonisation progressive des institutions à l’intérieur de l’espace communautaire. Elles mettaient en place une barrière tarifaire commune qui consacre l’identité de cette dernière dans son environnement, en même temps qu’ ;elle régule ses échanges avec l’extérieur. Cette phase constructive aura été une période de grands progrès économiques et sociaux impulsés par le développement des échanges intracommunautaires et par la coopération des structures publiques et privées agissant en complémentarité.

Pour de nombreux Européens, la construction européenne apparaît désormais davantage comme un facteur de confiscation démocratique et de reculs sociaux, à mesure que les institutions européennes promeuvent des politiques néolibérales contre les intérêts des peuples européens. Dans de nombreux pays européens, les mouvements sociaux s’opposent à la logique de profit qui semble désormais inscrite au cœur du projet européen, en mettant en avant une autre idée de l’Europe, solidaire, écologique, démocratique.
La crise du covid 19 met en lumière les fractures grandissantes entre les pays du nord (Pays-Bas, Allemagne, Danemark etc…) et les pays du sud. Nous n’avons pas vu la solidarité entre les pays de l’UE pendant la crise grecque, pendant la crise des réfugiés et des migrants (qui n’est toujours pas réglée), on ne la voit pas maintenant dans le refus d’aide à l’Italie et à l’Espagne.
Il faut donc repenser l’Europe sur de nouvelles bases, sinon les citoyens se détourneront définitivement de celle-ci et se révolteront.
Pour de nouvelles bases de l’Union Européenne :

- La solidarité doit être une valeur et une norme.
- La coopération doit être un objectif et une norme supérieure et non la
concurrence.
- Les services publics doivent être inscrits comme objectifs et affranchis des
règles de la concurrence.
- Le libre-échange ne répond pas au bien commun et ne doit pas être un
principe de l’Union.
- La politique commerciale commune doit faire l’objet d’un contrôle
démocratique.
- La politique économique et monétaire doit promouvoir la transition
écologique et l’emploi et lutter contre le dumping social et fiscal.
- La BCE et les banques centrales nationales doivent rendre des comptes aux
gouvernements et aux élus.
- L’Union doit pouvoir contrôler les mouvements de capitaux.
- Les citoyens doivent avoir un véritable droit d’initiative dans les politiques de l’Union.
- La commission ne doit pas avoir le monopole de l’initiative des lois
européennes.
- Les traités constitutifs doivent réellement pouvoir être révisés.
- Il faut établir une véritable politique étrangère de l’union européenne.

pau@attac.org