Les Grecs : qu’ils crèvent.

par Robert Bardel
lundi 2 mars 2015
par  Robert Joumard

Ils ont fauté, pas payé leurs impôts. Qu’ils crèvent !
Ils ont voulu péter plus haut que leur cul. Qu’ils crèvent !

C’est pas comme vous madame Merkel à qui on a effacé l’ardoise de quelques centaines de milliards de marks pour quelques broutilles et dommages de guerre, mais qui avez su les faire fructifier en employant les petites mains des pays désiovétisés à quelques euros de l’heure pour construire des voitures de luxe qu’on s’arrache comme des cons. Qu’ils crèvent ces putains de Grecs !

Qu’ils crèvent !

Vous avez raison monsieur Junker. Ces pauvres types qui ne payaient presque pas d’impôts, quand vous vous acharniez à organiser l’évasion fiscale dans votre courageux pays au détriment des peuples de l’Europe dont justement les Grecs. Qu’ils crèvent ! Ils n’ont même pas été fichus d’en faire autant, alors que c’était si simple, un jeu d’enfant. Et vous si méritant que cet exploit vous a valu le titre de président de la Commission Européenne.
Vous avez mille fois raisons monsieur Junker. Nous saluons votre fermeté et votre élégance. Qu’ils crèvent ces putains de Grecs !

Vous avez raison madame Lagarde dont nous saluons la vigilance et la rigueur : 600 milliards de dette accumulée par la France de Sarkozy en quelques années de votre passage au ministère des finances, avec au bout la promotion suprême comme patronne du FMI venue couronner votre immense compétence. Qu’ils crèvent ces Grecs qui n’ont accumulé qu’une fraction de ce que vous nous avez endetté. Qu’ils crèvent. Et donnez leur une leçon de rigueur et d’intégrité, vous qui avez si bien géré les 400 millions de cadeau à Tapie en faisant éviter à celui qui était devenu l’ami de votre ami le passage devant la justice de son pays. Qu’ils crèvent ces Grecs !

Vous avez raison monsieur Draghi. Qu’ils crèvent ces Grecs, incapables d’utiliser habilement les montages budgétaires tordus et illégaux que votre employeur et maître – de la planète – Goldman Sachs leur avait pourtant si méticuleusement expliqué. Ne cédez rien monsieur Draghi, on vous en prie, on a tellement besoin de vos sous dans cette Europe en déconfiture suite aux malversations répétées et cyniques de vos petits copains de la finance. Heureusement qu’on vous a monsieur Draghi, vous qui savez si bien tenir serrés les cordons de la bourse. Serrez aussi les cordons autour du cou de ces misérables Grecs pour qu’ils crèvent !

Vous avez raison monsieur Hollande. Ne vous laissez pas attendrir par ces misérables gueux. Ne cherchez pas à jouer les intermédiaires entre ces fainéants qui passent leur vie à se prélasser au soleil et d’autres qui travaillent d’arrache-pied sous des cieux toujours gris pour notre immense bonheur de consommateur. Qu’ils crèvent ces Grecs même pas fichus de se payer une cravate, alors que vous ! Oui bon, un peu de travers, mais cravate quand même. On vous en supplie monsieur Hollande : soyez ferme, conduisez vous en capitaine de... porte-avion nucléaire.

Vous avez mille fois raison messieurs-dames Junker, Lagarde, Merkel, Draghi, Hollande. Le peuple, les peuples d’Europe, vous aiment. Ils savent qu’ils peuvent compter sur vous pour les faire crever à petits feux ces putains de Grecs et les protéger eux les peuples sages, travailleurs, rigoureux qui ne falsifieraient pas leur déclaration d’impôts pour deux ronds, ne créeraient pas d’emplois inutiles du genre conseillers fiscaux, pardon ça m’a échappé, des emplois de fonctionnaires !

Surtout pas de sentiment. Ne vous laissez pas attendrir : il faut être dur vous savez avec les faibles sinon ils vous marchent dessus. Exigez encore des sacrifices, des suicides, du chômage, des malades qui crèvent devant des hôpitaux fermés. Et rachetez, ou plutôt faites racheter par vos amis tout ce qui est à vendre. Bradez ! Expulsez ! Comportez vous en huissier d’injustice, un emploi qui vous a fait rêver, avouez le quand vous êtes sortis de votre Grande École. Dur avec les faibles et doux avec les puissants, comme vous savez si bien le faire à juste raison, parce que les puissants c’est emmerdant, ils se procurent facilement la clé de la porte de votre bureau – ils connaissent tous les huissiers – et après ils vous renversent si vous ne faites exactement ce qu’ils vous ont demandé. Alors que les Grecs, ils peuvent crever. C’est pas deux ou trois hurluberlus élus qui vont vous donner des leçons et vous intimider.

Sachez qu’on est là messieurs-dames et qu’on vous soutient à fond la caisse.
Et comme la corde soutient le pendu !


Raccourcis