Récit d’une journée presque banale en Tunisie

par le porte-parole du RAID Attac Tunisie
mardi 26 octobre 2004
par  Webmestre

Ce matin, du 23 octobre 2004, le dispositif de surveillance, établit par la police politique autour de ma maison, vient d’être renforcé ; six voitures « banalisées » y ont élu demeure.

Le 2ème congrès de RAID Attac Tunisie est prévu pour ce soir, au siège du FDTL (Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés). Et, en tant que Porte parole de cette association, c’est donc sur ma famille et moi-même, que la pression de la police politique allait s’exercer.

Personne au RAID Attac Tunisie n’a d’illusions sur les intentions du pouvoir à l’égard de notre congrès. D’ailleurs, une première tentative, au cours du mois de juin dernier, fut interdite manu militari.

Mais, il était tout à fait clair dans nos esprits qu’il ne faut pas s’accommoder de la répression. En fait, ou nous reprenons l’initiative, ou nous nous résignons et nous acceptons la place que nous laisse l’arbitraire ; c’est-à-dire rien. Notre choix est clair ; ne jamais baisser les bras !

Vers 16 h, je suis sorti pour raccompagner ma fille en ville. J’ai à peine parcouru une centaine de mètres en voiture que l’une des équipes en faction devant chez moi m ?a rattrapé, m’a arrêté et puis m’a posé des questions sur mon programme du reste de la journée. J’ai tout simplement répondu que j ?avais un congrès à 20 h. Puis, je suis reparti avec trois voitures pour me tenir compagnie.

A 18 h, M. Ben Hafsa, membre du Secrétariat du Raid Attac Tunisie, est arrivé chez moi et nous sommes partis tous les deux, dans sa voiture, vers la station de train de Borj Essedria. Nous fûmes aussitôt rejoint par toute la horde, qui nous a encerclé et obligé de nous arrêter. Ils étaient pas moins d’une quinzaine d’agents, tous en civile sauf un en uniforme ! Il est chargé de nous demander les papiers de la voiture ! Notre arrestation devait durer 15 minutes, après quoi on nous a rendu les papiers sans aucune explication.
Nous réussîmes à prendre le train de 18 h 25 pour Tunis. 50 minutes plus tard nous arrivâmes à la gare centrale, non loin du siège du FDTL. À notre décente du train, nous fûmes accueillis par un comité d’accueil assez musclé ; il devait bien y avoir une trentaine d’agents de la police politique en civile. Impossible de faire un pas de plus ; nous sommes purement et simplement refoulés. On nous intime l’ordre de repartir par où nous sommes venus ! Une fois dans le train, j’ai appris (téléphone portable), que le siège du FDLT a été hermétiquement bouclé par des centaines d’agents en civil, que tout le monde sans exception, invités et membres de Raid Attac Tunisie, ont été refoulés par la force.

La menace du recours à la force planait sur nos têtes durant toute la soirée. Il était clair que les ordres de la police étaient de nous barrer le passage et d’interdire la tenue du 2ème congrès de notre association, par tous les moyens, et surtout, si besoin est, en usant de la force. Mais, comme il n’était pas dans notre intention, ni dans nos moyens, de forcer le passage, nous n’avons, heureusement, déploré aucun blessé, ni aucune arrestation.

De retour à la station de Borj Essedria, nous trouvâmes un nouveau comité d’accueil autour de notre voiture. Le chef du district de la police politique (Irchède) s’est alors adressé a M. Ben Hafsa pour lui ordonner de prendre sa voiture et de son aller, en précisant que je ne suis pas autorisé à monter avec lui. Enfin, il a placé l’un de ces gorilles contre la portière de la voiture pour m’empêcher de l’ouvrir. Nos protestations n’y ont rien changé.

Une demi heure plus tard, chaque partie campait toujours sur sa position. Pour nous, il n’était pas question qu’on se plie à cette nouvelle ignominie. Nous avons donc pris la décision de monter ensemble dans la voiture à n’importe quel prix, même si on devait nous briser les os, ou nous arrêter, pas question de se plier. Devant notre détermination, le chef du district de la sûreté de Grombalia, qui est venu sur place, nous a ouvert le passage.

Dernier acte. Arrivés dans la ville de Slimène (25 km au sud de Tunis), nous nous sommes installés dans le bistrot que nous fréquentons d’habitude. 4 agents de l’Irchède se sont alors attablés à notre table ! Nos protestations n’y ont rien changé. Nous devons apprendre par la suite que nous sommes interdit de consommation, ce sont les ordres du chef du Irchède de Grombalia (qui se targue d’avoir une maîtrise en droit !). Là encore, nous avons du batailler pour imposer qu’on nous ramène deux cafés et qu’on nous foute enfin la paix, pour le reste de la soirée au moins.

Tunis, le 24 octobre 2004
Fathi CHAMKHI (Universitaire)
Porte parole de Raid Attac Tunisie


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