SONDAGE EXCLUSIF

AFP Une manifestation contre la réforme des retraites, le 3 mars à Paris

C’est 9 points de plus qu’au mois de février.

OPINION – Les sondages se suivent et ne s’améliorent pas pour le gouvernement concernant la réforme des retraites. Pour le quatrième mois consécutif, les Français montrent leur opposition à la réforme, comme le confirme cette enquête réalisée par YouGov pour Le HuffPost. Ils sont même plus nombreux qu’au mois de février à souhaiter le retrait de la réforme, passant de 51% des Français en février à 60% ces 2 et 3 mars, dates auxquelles le sondage a été réalisé. Soit au surlendemain de l’activation de l’article 49-3 permettant au gouvernement de faire passer en force sa réforme à l’Assemblée.

En tout, 58% des Français affirment ne pas soutenir la réforme des retraites. Un chiffre qui atteint 60% chez les plus jeunes, les 18-34 ans. Sans surprise, au sein de l’électorat de gauche, le chiffre augmente. 69% des sympathisants du Parti socialiste sont opposés au texte, tout comme 89% de l’électorat insoumis.

62% des femmes veulent le retrait du texte

En revanche, net soutien chez LREM où 76% des sympathisants du parti présidentiel soutiennent le texte et encore 63% au sein de l’électorat des Républicains.

Au-delà d’être opposés au texte, 60% des Français sont favorables au retrait de la réforme. Un chiffre qui a pris 9 points en un mois puisque 51% des Français souhaitaient le retrait au mois de février.

Parmi les Français qui souhaitent le retrait, une majorité de femmes: 62% des femmes et 58% des hommes sont dans ce cas, preuve que le gouvernement n’a pas réussi à convaincre du bien fondé de cette réforme pour celles qui sont déjà largement perdantes dans le système actuel. Le chiffre est également en augmentation, elles étaient 53% à souhaiter le retrait du projet de loi en février et 48% des hommes. En mars et après l’usage du 49-3 samedi 29 février, seuls 28% des sondés soutiennent le gouvernement et ne veulent pas d’abandon du texte. Ils étaient 35% à soutenir le gouvernement le mois dernier.

72% des Français préoccupés par l’avenir de leurs retraites

Enfin, de plus en plus de Français sont préoccupés par l’avenir de leur retraite. Ils étaient 68% à se dire inquiets en février, ils sont désormais 72% préoccupés par l’avenir de leur retraite. Une nouvelle preuve que le gouvernement peine à rassurer et à convaincre.

Si l’on entre un peu plus dans le détail de ce rejet selon les régions françaises, on observe que la région parisienne -la plus riche de France- est plus en soutien que les autres: 51% des Franciliens souhaitent le retrait du texte. Le nord-est, région où le PIB par habitant est bien moins élevé qu’en Île-de-France est la plus inquiète du pays puisque près de 70% des habitants sont favorables au retrait. (69%).

Sondage réalisé en ligne du 2 au 3 mars 2020 sur un échantillon représentatif de 1009 Français de 18 ans et plus.

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François Ruffin, député La France insoumise, s’est exprimé sur la décision du gouvernement de recourir à l’article 49.3 pour faire adopter la réforme des retraites.
Interrogé sur le recours au 49.3 dans le cadre de la réforme des retraites, le député LFI François Ruffin a dénoncé un «véritable passage en force». L’élu a pointé du doigt les méthodes du gouvernement pour faire adopter son projet, n’hésitant pas à parler de «lâcheté»:
«Ils sont seuls. Seuls face au Conseil d’état, seuls face aux syndicats, seuls face aux deux tiers des Français qui rejettent cette réforme […]. Et il y a dans leur manière de faire une certaine lâcheté. Venir utiliser le 49.3 un samedi après-midi, en pleine crise du coronavirus, en espérant que cela passe en catimini. Ils ajoutent à leur solitude en France une certaine forme de lâcheté»,a-t-il déclaré au micro de CNews.

https://www.youtube.com/watch?v=ImQ34apT4O4

 
 
Ce refus du débat est un argument de plus pour
continuer la mobilisation
ce jeudi 5 mars en manifestant à 11 H 30
depuis la place jean Macé en direction de la place Bellecour.
 


Retraites

Source 2020-02-10 17:16:42


Le journal L’Humanité demande l’organisation d’un référendum sur le projet de loi du gouvernement visant à modifier le système de retraites.

Nous relayons cet appel, signé notamment par Daniel Mermet, Didier Porte et Gérard Mordillat.

Pour signer cette pétition, rendez vous sur le site change.org.

ou autre lien


Après plus de deux mois de mobilisations sociales d’une ampleur historique, une majorité de Français demande toujours le retrait de la réforme du système de retraite voulue par le gouvernement. Alors que les projets de loi commencent à être examinés à l’Assemblée nationale, tout est organisé pour contourner le débat devant la représentation nationale et inciter les parlementaires à voter à l’aveugle, avec le recours programmé à pas moins de 29 ordonnances.


Même le Conseil d’État a rendu un avis très sévère, relevant la fausse promesse d’un régime « universel », des projections financières « lacunaires », mais aussi des dispositions « contraires à la Constitution ».
Ce niveau de défiance à l’égard d’une réforme « inédite depuis 1945 et destinée à transformer pour les décennies à venir un système social qui constitue l’une des composantes majeures du contrat social », comme le souligne à juste titre le Conseil d’État, pose un problème démocratique majeur. À ce stade, seule une consultation populaire permettrait de le résoudre. Un référendum sur le retrait du projet gouvernemental doit être organisé, pour que le peuple ait le dernier mot.
Signez en ligne cette pétition sur le site change.org.

Alternatives économiques, 28 novembre 2019

Age pivot, âge minimum du taux plein, clause du grand-père… Le décryptage du langage des retraites converge vers une seule idée : les Français devront travailler plus longtemps.

Comme si la réforme des retraites n’était pas déjà suffisamment compliquée, le vocabulaire qui l’accompagne ajoute à la confusion générale. Si les Français ont bien compris que l’orientation choisie par l’exécutif était de les faire travailler plus longtemps, beaucoup n’ont toujours pas saisi les subtiles modalités de cet allongement de la durée de vie au travail.

De nouveaux concepts émergent dans le débat, à l’instar de l’âge minimum de taux plein, certains sont sortis de la naphtaline comme la clause du grand-père. D’autres encore recouvrent des nuances techniques qu’il est utile de définir. Car tous ces termes sont lourds de conséquences pour les futurs pensionnés. Parlez-vous retraite couramment ?