La marche de Sacco et Vanzetti

Interprétation de Georges Moustaki

 

 

Voici un poème de Louis Aragon écrit en 1955 en hommage aux vingt-trois résistants FTP-MOI (Francs-tireurs et partisans – Main-d’œuvre immigrée) du groupe Manouchian exécutés durant l’Occupation, quelques mois avant la Libération de Paris. Pour l’écrire, Louis Aragon s’est inspiré de la dernière lettre écrite par Missak Manouchian à sa femme Mélinée avant d’être fusillé. Il fait référence à l’affiche rouge placardée par les nazis en février 1944, affiche montrant les portraits des fusillés : les résistants y sont présentés comme des gangsters étrangers clandestins.

Ce poème a été mis en musique et chanté en 1959 par Léo Ferré, qui l’a fait connaître sous le titre

« L’Affiche rouge ».

L'interprétation de Léo Ferré

La vidéo

Les paroles

Vous n’avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l’orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n’éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L’affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre
À la fin février pour vos derniers moments
Et c’est alors que l’un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan

Un grand soleil d’hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le cœur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée, ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d’avoir un enfant

[Liste des noms des 23 fusillés]


    Celestino Alfonso (AR), Espagnol, 27 ans
    Olga Bancic, Roumaine, 32 ans (seule femme du groupe, décapitée en Allemagne le 10 mai 1944)
    Joseph Boczov [József Boczor; Wolff Ferenc] (AR), Hongrois, 38 ans - Ingénieur chimiste
    Georges Cloarec, Français, 20 ans
    Rino Della Negra, Italien, 19 ans - Footballeur du Red Star Olympique
    Thomas Elek [Elek Tamás] (AR), Hongrois, 18 ans - Étudiant
    Maurice Fingercwajg (AR), Polonais, 19 ans
    Spartaco Fontano (AR), Italien, 22 ans
    Jonas Geduldig, Polonais, 26 ans
    Emeric Glasz [Békés (Glass) Imre], Hongrois, 42 ans - Ouvrier métallurgiste
    Léon Goldberg, Polonais, 19 ans
    Szlama Grzywacz (AR), Polonais, 34 ans
    Stanislas Kubacki, Polonais, 36 ans
    Cesare Luccarini, Italien, 22 ans
    Missak Manouchian (AR), Arménien, 37 ans
    Armenak Arpen Manoukian, Arménien, 44 ans
    Marcel Rajman (AR), Polonais, 21 ans
    Roger Rouxel, Français, 18 ans
    Antoine Salvadori, Italien, 24 ans
    Willy Schapiro, Polonais, 29 ans
    Amédéo Usséglio, Italien, 32 ans
    Wolf Wajsbrot (AR), Polonais, 18 ans
    Robert Witchitz (AR), Français, 19 ans

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant

 Ecrit par les Petites Marguerites en 1971, un groupe de militantes féministes, sur l'air du chant des marais ("Die Moorsoldaten").

Puis ce chant devient l'hymne des femmes en luttes pour le droit à la contraception, à l'avortement et à toute forme d'oppression et de misogynie.

 

Voici l'interprétation de la "compagnie jolie môme"

La Vidéo

Les paroles

Nous qui sommes sans passé, les femmes
Nous qui n'avons pas d'histoire
Depuis la nuit des temps, les femmes
Nous sommes le continent noir.

Refrain :
Levons-nous femmes esclaves
Et brisons nos entraves
Debout, debout, debout !

Asservies, humiliées, les femmes
Achetées, vendues, violées
Dans toutes les maisons, les femmes
Hors du monde reléguées.

Seules dans notre malheur, les femmes
L'une de l'autre ignorée
Ils nous ont divisées, les femmes
Et de nos soeurs séparées.

Le temps de la colère, les femmes
Notre temps, est arrivé
Connaissons notre force, les femmes
Découvrons-nous des milliers !

Reconnaissons-nous, les femmes
Parlons-nous, regardons-nous,
Ensemble, on nous opprime, les femmes
Ensemble, Révoltons-nous !

Dernier refrain :
Levons-nous femmes esclaves
Et jouissons sans entraves
Debout, debout, debout !


   Voici, trouvées sur le site de la Choraltenative ((http://www.choralternative.org), les voix des sopranes, des alti et des hommes, que nous remercions vivement.

Télécharger les voix (MP3) :

Soprane (2.6 Mo)

Alto (1.4 Mo)

Hommes (1.0 Mo)

 

Je suis fils de..

Chanson du groupe canadien Corrigan Fest, 2007.

Paroles et musique de Xavier Pietermann

La vidéo

 

Les paroles :

Je suis fils de marin, qui traversa la mer
Je suis fils de soldat, qui déteste la guerre
Je suis fils de forçat, criminel évadé
Et fils de fille du Roi, trop pauvre à marier
Fils de coureur des bois et de contrebandier
Enfant des sept nations et fils d'aventurier
Métis et sang-mêlé, bien qu'on me l'ait caché
C'est un sujet de honte j'en ferais ma fierté.

Laï, laï, laï.

Je suis fils d'Irlandais, poussé la famine
Je suis fils d'écossais, v'nu crever en usine
Dès l'âge de huit ans, seize heures sur les machines
Mais Dieu sait que jamais je n'ai courbé l'échine
Non, je suis resté droit, là devant les patrons
Même le jour où ils ont passé la conscription
J'suis fils de paysan, et fils d'ouvrier
Je ne prend pas les armes contre d'autres affamés

Laï, laï, laï...

Ce n'étais pas ma guerre, alors j'ai déserté
J'ai fui dans les forêts et je m'y suis caché
Refusant de servir de chair à canon
Refusant de mourir au loin pour la nation
Une nation qui ne fut jamais vraiment la mienne
Une alliance forcée de misère et de peine
Celle du génocide des premières nations
Celle de l'esclavage et des déportations

Laï, laï, laï, laï .

Je n'aime pas le lys, je n'aime pas la croix
Une est pour les curés, et l'autre est pour les Rois
Si j'aime mon pays, la terre qui m'a vu naître
Je ne veux pas de Dieux, je ne veux pas de maître
Je ne veux pas de Dieux, je ne veux pas de maître

Laï, laï, laï...


Complainte des faucheurs de Colmar

Paroles écrites par un groupe de faucheurs volontaires de Colmar, sur l’air de « La complainte de Mandrin », air traditionnel dauphinois qui raconte l’histoire de Louis Mandrin qui organisait un réseau de contrebande à la fin du XVIIIe siècle.

En août 2010, des "faucheurs volontaires" avaient détruit une parcelle de vigne transgénique expérimentale de l'Inra de Colmar. Cette vigne avait été génétiquement modifiée (GM) pour résister au court-noué, une maladie virale transmise aux pieds de vigne par des vers microscopiques du sol (nématodes).

Cette chanson explique les fondements de cette action.

Les paroles :

Nous étions plus d’soixante. Qu’il pleuve ou bien qu’il vente
Arrachant un essai de pieds de vigne, vous m’entendez ?
Arrachant un essai de pieds d’vigne modifiés

Les chercheurs de Colmar. Et leurs idées bizarres
Avaient encore joué aux apprentis, vous m’entendez ?
Avaient encore joué aux apprentis sorciers

Ils ont changé les gènes
Du raisin que l’on aime
Pour le faire résister au virus du, vous m’entendez ?
Pour le faire résister au virus du court-noué [nwé]

Parc’que le vrai mobile. De c’t’essai inutile
C’est d’les faire accepter ces OGM, vous m’entendez ?
C’est d’les faire accepter par tout’ la société

On est avec la science. Quand elle est en conscience
Ce qui n’nous convient pas c’est les choix de, vous m’entendez ?
Ce qui n’nous convient pas c’est les choix de l’INRA.

Détruire les paysans. Privatiser l’vivant.
Vers ces choix d’société nous n’voulons pas, vous m’entendez ?
Vers ces choix d’société nous n’voulons pas aller.

N’est-il pas légitime. Le peuple qui s’exprime ?
Faut-il rester assis dans cette démo, vous m’entendez ?
Faut-il rester assis dans cette démocratie ?

Bella Ciao

Paroles anonymes (1943). Musique traditionnelle.

Ce chant est une variante d'une chanson des cueilleuses de riz de la vallée du Pô en Italie.

Il est devenu l'hymne des résistants italiens au fascisme de la Seconde Guerre Mondiale puis du mouvement ouvrier.

La vidéo :

Les paroles

Una mattina mi sono alzato
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
una mattina mi sono alzato
E ho trovato l'invasor

O partigiano portami via
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
O partigiano portami via
Ché mi sento di morir

E se io muoio da partigiano
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
E se muoio da partigiano
Tu mi devi seppellir

E seppellire lassù in montagna
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
E seppellire lassù in montagna Sotto l'ombra di un bel fior


Tutte le genti che passeranno
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
E le genti che passeranno
Mi diranno: che bel fior

E quest' è il fiore del partigiano
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
Quest'è il fiore del partigiano
Morto per la libertà.

 

Une partition

Télécharger la partition en pdf

 

Les Chœurs de l'Ut s’appelaient à l’origine tout simplement « la chorale d’Attac » parce que c’était le souhait de certains adhérents, notamment d’Aline qui exprimait encore plus le désir de former une chorale de chants rebelles. Elle a été emportée depuis par la maladie et c’est pour elle que nous devons non seulement continuer à exister mais aussi à nous développer.

Ce projet a pris forme au début de l’année 2016, lors de l’assemblée générale d’Attac Vienne.

Parmi les nombreux sympathisants présents, se trouvait Simone, une chef de chœur qui nous correspondait, avec une longue expérience, et qui pouvait donc faire répéter régulièrement notre petit groupe d'une dizaine de personnes. La première répétition a eu lieu chez ceux qui disposaient d’un espace suffisant puis dans la cave de « chez Youssef ».

Notre groupe a perdu des membres, en a regagné d’autres et l’intérêt et la qualité se sont accrus grâce notamment à notre accordéoniste et chanteur Jean-Marie qui nous a rejoint. Nous avons quitté la cave de Youssef pour répéter dans la boulangerie « les Copains » et répétons régulièrement tous les quinze jours nos chants rebelles et révolutionnaires.

Rencontres de Chorales, fête de la musique, soirées de poésie et de chants, nous sommes preneurs pour élargir notre répertoire, le renforcer et l’améliorer. La route est tracée, faisons vivre les « Chœurs de L'ut ». Merci à tous ceux qui l'animent.. Sans cette solidarité, cette amitié, cette résistance, nous n’existerions pas.

Dominique

 

La chorale d'Attac VPR, choeur de l'ut, était invitée à un rassemblement régional de chorales militantes à Barnave, petit village de la Drôme, proche de Die, face à la belle montagne du Glandasse, les 8, 9 et 10 juin.