Ce qui se passe dans ce grand pays qu’est l’Amérique ne peut laisser personne indifférent, étant donné sa puissance économique, commerciale, militaire et technologique, son influence bonne ou mauvaise sur le reste du monde, sans oublier la singularité de l’homme qui la gouverne. Le moins que l’on puisse dire est qu’il ne fait pas l’unanimité partout, par ses prises de position à l’emporte-pièce, ses extravagances, la maîtrise hésitante de la gouvernance qu’il exerce, son agressivité à l’encontre de nombreux états, sa volonté d’en découdre à propos de tout et de donner libre cours à sa colère destructrice quand le sujet l’agite.

Durant une année il a commencé à appliquer son programme avec des conséquences que l’on peut d’ores et déjà redouter.

Beaucoup de personnes pensent que son élection est un accident de l’histoire, une parenthèse qui se refermera sur lui. C’est possible mais Il est sans doute trop tôt pour dire cela dans la mesure où son action rencontre un certain écho dans le pays témoignant d’une évolution nationale de fond alimentée par les franges les plus conservatrices de la population et du parti républicain dont il est membre et porte-parole même si quelques oppositions s’y font jour à son encontre.

Ce parti républicain s’est frayé cette trajectoire conservatrice depuis Reagan. Elle a été poursuivie par les autres Présidents républicains qui lui ont succédé et moindrement quand même par les Présidents démocrates. Ils ont imprimé une tradition libérale profonde en Amérique dans laquelle Trump a puisé pour engager son programme qu’il a commencé à mettre en œuvre comme en témoigne l’énumération que nous produisons ci-dessous révélant quelques points de friction essentiels.

SUR LE PLAN SOCIAL

Trump n’a évidemment pas dérogé, Il a au contraire emballé le système :

- À l’exemple du dispositif santé qu’avait créé B.Obama en 2010 (l’Obama Car). 20 millions d’Américains les plus modestes, avaient pu souscrire une couverture maladie. Dès 2017 ; Trump qui nourrit une aversion obsessionnelle contre ce dispositif, a tenté de l’abroger et a proposé en remplacement un autre projet (le Trumpcar) qui a été rejeté par le Sénat et une partie des républicains. Il n’a pas désarmé pour autant, en levant l’obligation qu’avaient les employeurs de financer la contraception de leurs employés

- Sur le plan fiscal avec la simplification du code fiscal dont seuls les hauts revenus et les grandes entreprises n’auront pas à se plaindre.

S’agissant également des menaces ouvertes qu’il fait peser sur l’IVG avec l’intention proclamée de la supprimer. Dernièrement, il a décidé de ne plus accorder de subvention aux centres de santé dont le planning familial pratique des IVG.

S’agissant encore de l’aggravation de sa hargne raciste contre l’immigration, avec la construction d’un mur entre le Mexique et les USA, destiné à bloquer l’immigration. Comme les autres murs aussi odieux que l’histoire a enfantés jusqu’à aujourd’hui, il subira la même condamnation universelle et le même sort.

S’agissant enfin de l’interdiction faite aux émigrés d’entrer sur le territoire pour les ressortissants d’une douzaine de pays musulmans et l’expulsion de 800 000 jeunes venus aux USA avec leurs parents.

 

UN BELLICISME DANGEREUX

L’élection de Trump s’est faite pour une partie non négligeable sur l’idée que le reste du monde était responsable de la situation dégradée américaine. Par mesure de rétorsion, Il a refusé de certifier l’accord sur le nucléaire signé en 2015 par l’OTAN et la Maison Blanche. Il s’est retiré de l’ONU à propos de l’éducation, de la science et la culture prétextant que cette organisation « n’était plus onusienne » en formulant des menaces tous azimuts surtout contre la Chine et la Corée du nord, l’Iran…et contre l’Europe elle-même et ses alliés traditionnels qui sont accusés de se mettre sous la protection américaine sans engagement économique et militaire correspondant et de se comporter souvent comme des passagers clandestins sur le bateau de défense collective. C’est dans ce monde hostile, considéré souvent comme étant dangereux à l’image de l’Iran, mère de toutes les turpitudes et à l’origine des maux du moyen orient. Il faut, prétend-il, rassurer ses alliés que sont Israël et l’Arabie saoudite et se retirer de l’accord signé sur le nucléaire, sans intention de le renégocier et de l’améliorer. Il faut aussi endiguer l’influence russe.

L’EUROPE HÉSITANTE EST PERPLEXE

L’Europe commence à être agacée par la tonitruance américaine et la guerre commerciale qu’elle a ouverte un peu partout de par le monde.

Dernièrement l’Amérique a activé les taxes sur les exportations européennes d’acier et d’aluminium, respectivement à 25 % et 10 %. Trump concentre ses attaques contre l’UE, malgré les réticences dans son parti et les désaccords de ses principaux partenaires économiques qui critiquent les décisions du président américain et pointent les risques d’une guerre économique. Elle implique d’ores et déjà bien sûr la France et son marché automobile.

L’UE également regrette les sanctions prises contre l’Iran et se dit déterminée à protéger les opérateurs économiques engagés dans des affaires légitimes avec ce pays.

L’ÉCOLOGIE ET ENVIRONNEMENT / LES CADETS DES SOUCIS DE D.TRUMP

Une grande partie du programme « environnement » de Trump découle de sa volonté d’abroger les mesures appliquées par B.OBAMA. Ainsi a-t-il déclaré que l’Amérique avait la chance d’avoir des ressources naturelles incroyables, notamment d’énormes réserves de gaz naturel et de pétrole offshore. Oui bien sûr et qu’à cela ne tienne, il compte bien les exploiter malgré les interdits formulés dans les traités internationaux

  • Il met donc fin à la guerre du charbon, prétendument pour favoriser l’indépendance énergétique nationale.

  • Il autorise les forages en mer et l’exploitation des ressources de l’Arctique

  • Le pétrole coule dans le Dakota nord malgré l’opposition des tribus indiennes

  • Il autorise les pipes line

  • Il accélère le processus d’obtention du permis de construction et d’infrastructures lié aux oléoducs.

  • Il annule des directives incorporant le changement climatique dans la planification stratégique du Pentagone

  • Il supprime la partie du budget recherche sur le changement climatique pour le programme de protection des grands lacs et l’aide aux états. Soit la suppression de 3 200 emplois

  • L’agence de protection de l’environnement est amputée de 2,6 milliards DE DOLLARS

  • Dans l’accord de Paris, Obama s’était engagé à réduire les émissions des gaz à effet de Serre de 26 % à 28 %. Trump a renoncé à ces engagements, mais les USA ne pourront sortir de l’accord de Paris, au plus tôt qu’en 2020. Cela modérera un peu ses intentions.

  • Malgré les positions anti climat développées par Trump, l’opposition au Gouvernement s’est fortement développée parmi les entreprises, de nombreux Maires et élus se sont dressés contre lui, 17 états ont rejoint « l’alliance pour le climat » dont les états de New York, Washington et la Californie qui représentent le 1/5 de la population américaine

 

ACCORD DE PARIS SUR LE CLIMAT

Trump a décidé de retirer les USA de l’accord de Paris. C’est évidemment un non-sens grave car partout sur la planète la transition économique mondiale vers l’énergie renouvelable est en marche. Il fait perdre encore plus de temps à son pays. 195 pays l’ont signé et les ¾ l’ont ratifié.

L’administration, là où elle est bousculée par une opposition forte, n’a pas encore tranché. Trump a accordé un nouveau délai pour produire la recherche vers d’autres orientations.

L’AMÉRIQUE / PREMIÈRE PUISSANCE MILITAIRE MONDIALE.

Carte d’identité :

  • Budget annuel : 600 milliards de dollars/an. Augmentation en 2018 : + 10 %, soit 60 milliards de dollars.

  • Premier budget militaire au monde. Il est égal à 40 % du total de tous les budgets militaires au monde.

  • 1,4 million de soldats (1,109 000 hommes + 204 300 femmes).

  • Trump et le militaire

  • Mise en œuvre de politique étrangère agressive et militariste de la part des Américains.

  • « Nous sommes la plus grande force militaire au monde, plus forte que jamais ! » déclarait, avec enthousiasme. D.Trump. De quoi se laisser aller à des provocations contre divers pays :

Cas de la Corée pour sa politique nucléaire. Après la 2e guerre mondiale, la Corée a été divisée en deux parties inconciliables : La Corée du nord sous l’autorité de l’URSS et la Corée du sud sous l’autorité américaine. Il en résulta la guerre de Corée, de

Elle fut d’une violence inouïe avec l’utilisation massive de l’aviation américaine qui a brûlé méthodiquement toutes les villes au nord et au sud : Le général Mac Arthur révéla qu’il s’est agi « d’un désastre qui lui retourna l’estomac ».

Corée du nord : 1,3 million de morts - Corée du Sud : 3 millions de morts. Américains 33 000 morts – Chine : 600 000 morts.

À la fin de la guerre, abasourdie par ce qu’elle venait de vivre, une rage folle et la haine s’emparèrent de la population : Le pays était complètement détruit, humilié, tout était à reconstruire… Mais fallait-il s’engager dans une stratégie nucléaire vengeresse, susceptible d’exiger des sacrifices énormes et durables pour le peuple. C’est difficile de répondre à une telle question. En tous les cas ça n’est pas à Trump de le faire avec sa politique militaire belliqueuse qui le disqualifie complètement.

Trump a relancé les provocations dès son arrivée au pouvoir dénonçant Kim-Song1, l’actuel Président, qui développe des investissements nucléaires : menaces – provocations réciproques – escalade avec le risque d’embrasement ultime.

Kim Song 1 si l’on en croit Trump, aurait entamé la dénucléarisation de son pays (?). Cela vaudrait les meilleures conclusions du moment.

 

Cas de l’Iran pour l’accord signé avec de grandes puissances visant à contrôler l’usage pacifique du nucléaire.

  • Conformément à ses engagements pris durant sa campagne électorale, Trump a annoncé son intention de sortir de l’accord sur le nucléaire signé par l’Iran et diverses grandes puissances. Ce qu’il a fait ce 8 mai. Ainsi fut anéanti l’énorme travail de négociation qui avait permis d’aboutir à ce très important accord. Il lui permit en même de se dissocier des politiques menées par OBAMA en ce domaine. Une confrontation directe se trouve ainsi engagée lourde de dangers considérables qui en découlent dans tous les domaines.

  • L’Iran sera empêchée de vendre son pétrole, qui représente une part importante du marché mondiale. Il s’ensuivra une augmentation énorme de son prix qui entraînera une baisse de la croissance mondiale.

  • Toute société s’étant engagée commercialement avec l’Iran se verra interdite d’accès aux USA à moins de rompre préalablement ses contrats iraniens. La France a beaucoup à perdre avec ces mesures coercitives dans la mesure où l’Iran lui a passé commande de 100 airbus.

  • L’accord devait permettre des retombées économiques énormes pour l’Iran. Moyennant quoi elle avait accepté les contraintes contractuelles relatives au nucléaire (démontage de la majorité de ses centrifugeuses et abandon de la quasi-totalité de son uranium enrichi)

Il faut s’attendre dans ces conditions à ce qu’elle relance son programme nucléaire à plus forte raison si intervient un clash politique national très conservateur qui favoriserait une course aux armements atomiques dans tout le Moyen Orient qui déboucherait inévitablement sur un remodelage politique et militaire dans les pays eux-mêmes et régionalement. Tous les processus de paix engagés et tous les espoirs qu’ils avaient fait naître dans tous les pays concernés livrés à de multiples conflits, seraient stoppés.

Et il ne serait pas impossible que Trump réapparaisse dans le désordre général qu’il aura sciemment créé.

CAS DE LA SYRIE qui est au cœur d’affrontements graves impliquant de nombreuses grandes puissances occidentales, suite à une attaque chimique attribuée à Bachar el Hassad, ce qui a entraîné une réaction répressive violente de la part des USA et de ses alliés (dont la France), sans autre forme de certitude quant à la responsabilité réelle de B. El Hassad. La Syrie est devenue le centre de tensions extrêmement graves pouvant ouvrir la porte au risque nucléaire. Aussi convient-il que toute sanction ne résulte pas de décisions précipitées prises hors du cadre de droit et de concertation de l’ONU. Nous avons de ce point de vue à redouter les mêmes dangers des 2 côtés du conflit, peut-être même un peu plus du côté américain si un coup de chaleur toujours possible venait à saisir Trump l’extravagant.

  • Création d’une 6e branche de l’armée américaine qui sera spécialisée dans l’espace (corps d’armée spatiale). Les USA sont signataires du traité de l’espace en vigueur depuis 1967. Mais Trump déclare cependant « Il ne suffit pas d’avoir une simple présence américaine dans l’espace, il doit y avoir une domination américaine dans l’espace ».

  • Cas de l’Afghanistan devenu le premier conflit au monde de par sa longévité et sa violence

Après avoir pris l’engagement pendant la campagne électorale, de retirer les troupes américaines de l’Afghanistan, Trump a finalement renoncé et au contraire, il a augmenté très sensiblement leur importance afin de faire pression sur les forces ennemies et d’aboutir à des négociations.

Un an après cette nouvelle stratégie, il faut bien admettre l’évidence de l’échec malgré une débauche de violence sur l’ensemble du territoire avec le triste bilan de 2 300 civils morts durant l’année 2017… et l’espoir ouvert pour les talibans de se placer en position de force le moment venu de l’ouverture des négociations. Au début de 2018, de nombreuses attaques ont été lancées par l’état islamique et des talibans.

Dernièrement un changement de commandement des forces de l’OTAN à Kaboul est intervenu alors que le Général Nicholson a obtenu un cessez-le-feu à l’occasion duquel Trump a donné son feu vert à des négociations de paix directes avec les talibans.

Dans un discours confus, il a annoncé qu’il allait à nouveau renforcer les contingents américains et les passer de 8 400 à 15 000 soldats. Étant donné le rapport de force existant, aucune des armées en présence ne semble pouvoir l’emporter, à moins que les Américains réussissent à stabiliser les forces afghanes ennemies. Mais actuellement les forces américaines n’ont pu stopper les attaques des talibans, elles les ont simplement diminuées.

  • Cas de l’Europe :

Menaces nouvelles de Trump imposant des taxes à niveaux inédits… qui vont entraîner des représailles dissuasives sur 200 milliards de produits d’importation sur lesquels sera appliquée une taxation supplémentaire de 10 %. Il pourrait taxer potentiellement la majorité des importations chinoises. Ce qui va progressivement entraîner des conséquences négatives sur les résultats des producteurs américains. De nombreuses informations en portent témoignage dans les médias. Le doute quant aux attentes s’installe : 455 000 emplois américains sont menacés. Hausse des prix des produits de base. Crainte d’une guerre commerciale mondiale entraînant une baisse de la croissance économique mondiale. Crainte des agriculteurs américains d’être durement touchés par les mesures punitives chinoises…

D’autre-part, Trump a également envisagé l'extension de ses mesures au reste du monde, en tarifant les pays qui refuseraient de pratiquer un commerce équitable. Il attend de ces mesures qu’elles fassent entrer beaucoup d’argent dans les caisses des États-Unis. Bref ! il veut prendre en otage le monde entier et le soumettre à ses diktats !

L’Europe a monté d’un cran en menaçant d’imposer une taxe sur les importations de voitures UE.

Mr. JC Junker, Président de la commission UE indique qu’il envisage de mettre en place des contre-mesures sur droits d’importation des produits américains (Arley D. Jean Lewis, Bourbon)

Les réactions se multiplient dans le reste du monde : l’Australie se dit préoccupée par un ralentissement de la croissance mondiale. L’Allemagne estime que les Usa se trompent en misant sur un repli sur soi et le protectionnisme. La Grande Bretagne est préoccupée par les menaces américaines…

  • Cas de la Chine. Elle est la 2e puissance économique mondiale et souhaite moderniser sa puissance économique en conséquence. Ce qui inquiète les autres puissances régionales (Japon, Inde, Philippines). La Chine cependant n’a jamais participé à une guerre depuis 1979. et demeure le plus gros contributeur pour le maintien de la paix de l’ONU. Ses dépenses militaires la placent au premier rang en Asie avec un budget de 215 milliards de dollars. Les autorités américaines considèrent qu’elle est devenue une concurrente importante dans le domaine économique et surtout qu’elle représente un grand danger avec pour point de friction la mer de chine qui est une région stratégique pour le commerce international, que la chine cherche à accaparer.

  • Cas de la Russie.

Trump considère que les tensions USA/Russie sont les pires ayant jamais existé avec des risques d’affrontement générés par les tensions existant en Syrie. Mais la situation ne peut être comparée avec celle qui existait au temps de la guerre froide où il y avait 2 blocs idéologiquement antagonistes qui ne se sont jamais affrontés directement ayant parfaitement compris que leurs statuts de supères puissances nucléaires ne leur permettaient pas de faire usage de leur armement qui devait rester une force de dissuasion. Et bien sûr ils n’ont pas été assez idiots pour déroger à cette règle. Mais ont suscité des conflits régionaux par délégation dans des pays moins importants et de toute façon sans engagement nucléaire. Aujourd’hui les conflits pouvant devenir potentiellement nucléaires sont plus nombreux et on le constate, avec à leur tête des personnages pouvant être des irresponsables. ON mesure les dangers qui menacent.

Création d’une 6e branche de l’armée américaine qui sera spécialisée dans l’espace (corps d’armée spatiale). Les USA sont signataires du traité de l’espace en vigueur depuis 1967. Mais Trump déclare cependant « Il ne suffit pas d’avoir une simple présence américaine dans l’espace, il doit y avoir une domination américaine dans l’espace ».

ISRAËL : Les USA reconnaissent Jérusalem comme étant la Capitale d’Israël. Ils ont également décidé d’y transférer leur ambassade dans Jérusalem Est. Voilà qui va aider à dénouer la crise Israëlo/Palestinienne ! Mais cela n’entérine pas ce qui reste du domaine de la provocation chez Trump.

Georges

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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