Ciné-débat, jeudi 8 avril 20h30, "le temps des grâces" avec le réalisateur

, par  attac92clamart , popularité : 45%

Ciné-débat avec ATTAC et l’AMAP de Clamart le jeudi 8 avril 20h30 au cinéma de Clamart, en présence du réalisateur de "le temps des grâces".

Au fil des interviews d’agiculteurs, d’ingénieurs, de chercheurs, ... le film suit le cheminement des questions qui en amènent d’autres et qui sont toutes liées entre elles : on ne peut traîter l’une sans considérer les autres. Le problème est global.
Le film est pédagogique par son retour sur l’histoire de l’agriculture depuis l’après-guerre et l’explication de ce que ces évolutions ont produit au cour des décennies, en évitant l’éceuil du procès en modernité : la mécanisation et l’industrialisation ont été un grand soulagement pour les paysans des années 50, mais aujourd’hui les sous-sols sont détruits.

Ce film touche à la question de l’Utopie. L’utopie d’une agriculture industrielle dont on ne peut que constater l’échec et l’utopie de l’avenir qui souhaitons le, nous ouvre d’autres perspectives.
Bonus 1 : on peut subsituer au mot "agriculture", d’autres mots qui ont eu un devenir similaire. Par exemple, culture.

Bonus 2 : ce film sera projeté à Clamart pendant toute la semaine du 7 au 13 avril (mais le débat avec le réalisateur ne sera que le 8 avril !!!). Toujours à Clamart, "Solutions globales, pour un désordre global" de Coline Serreau du 28 avril au 4 mai (à Malakoff, débat avec Coline Serreau le jeudi 6 mai).

 

 

 




"Le Temps des grâces" : l’agriculture industrialisée, le progrès sans contrôle

Voici un film qui rend intelligent. Vous y entrez par un petit bout : la crise des petites exploitations agricoles en France. De là, une vaste et passionnante opération de dépliage se produit, qui embrasse dans un même mouvement l’histoire, la géopolitique, la science, l’urbanisme, l’économie, la littérature, la théologie, questionnant de manière neuve, à la fois globale et extrêmement précise, le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui.

Ancien critique de cinéma aux Inrockuptibles, le réalisateur, Dominique Marchais, a sillonné la France pour filmer ses paysages et donner la parole à une large palette d’interlocuteurs : agriculteurs, ingénieurs agronomes, chercheurs, intellectuels... Avec eux, il relie un écheveau de problématiques ayant trait à l’agriculture française contemporaine qui sont habituellement appréhendées comme autant questions autonomes : uniformité plane des paysages agricoles, uniformisation et perte du goût des aliments, disparition des petites exploitations, développement frénétique des zones pavillonnaires, pollution chimique, élevage hors-sol, exploitation du Sud par le Nord...

Une question conduit à une autre et chacune résonne finalement avec toutes. C’est ce qui rend le film impossible à résumer, et qui incite, pour donner une idée de ce qui s’y joue, à citer un exemple : le bocage. Sa destruction, engagée de longue date pour cause de rentabilité économique, constitue un désastre paysager et écologique. Son inexorable disparition, un temps freinée par le contrat territorial d’exploitation, a repris en 2007 avec l’abolition de celui-ci. Mais comment reconstruire un paysage de bocage, même avec des subventions, alors que de nouveaux lotissements essaiment tous les jours sur tout le territoire ? Rien de durable ne peut s’envisager, comprend-on à l’issue de ces deux heures d’exposé, sans une refonte globale du système économique et politique dans lequel nous vivons aujourd’hui.

Destruction du sous-sol

Le film ne fait pas le procès de la modernité. Il revient au contraire sur les raisons sociales qui ont conduit à l’industrialisation de l’agriculture, et sur le progrès que celle-ci a constitué pour les paysans et pour l’ensemble de la population dès la fin du XIXe siècle, puis, de manière accélérée, à partir des années 1950. Il pointe en revanche, avec beaucoup de pédagogie, l’impasse à laquelle elle a conduit. La destruction du sous-sol qui en a résulté se traduit par le fait que l’espérance de vie d’une vigne, qui était jadis de 100 ans, s’est réduite à 40 dans le meilleur des cas, souvent 25. Quand on sait qu’une vigne ne commence à produire du bon vin qu’à partir de 20 ans, on peut sans exagérer parler de drame.

Rendre la terre fertile à nouveau, retrouver un équilibre écologique doit passer par une volonté politique assez forte pour s’opposer aux lobbies agrochimiques. Comme le résume une microbiologiste : "Le microbe travaille gratuit. Le vivant n’est pas brevetable. Le durable n’est pas rentable. La nature a une gratuité qui est gênante aujourd’hui."

Isabelle Regnier

 

Bandes annonces et vidéos

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18939829&cfilm=173265.html

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18939830&cfilm=173265.html

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18947606&cfilm=173265.html

 

 

 

 

http://www.capricci.fr/fiche.php?id_film=12

Festival de Locarno 2009 Etats Généraux du Documentaire de Lussas 2009 Viennale 2009 Festival EntreVues de Belfort 2009 Festival de Vendôme 2009

Synopsis

Une enquête documentaire sur le monde agricole français aujourd’hui, à travers de nombreux récits : agriculteurs, chercheurs, fonctionnaires, écrivains... Un monde qui parvient à résister aux bouleversements qui le frappent - économiques, scientifiques, sociaux - et qui, bon gré mal gré, continue d’entretenir les liens entre générations. Un monde au centre d’interrogations majeures sur l’avenir.

 

http://www.bakchich.info/Le-temps-de-la-revolution-agricole,08460.html

Le temps de la révolution… agricole, par Gregory Salomonovitch

Présenté dans le cadre des Etats généraux du documentaire de Lussas, Le Temps des Grâces, de Dominique Marchais, offre un regard engagé sur l’agriculture française et le rôle des paysans aujourd’hui en France.

 Avec Le Temps des Grâces, Dominique Marchais réalise un tour de France des campagnes françaises et dresse un état accablant de l’agriculture moderne. Tour à tour, agriculteurs, éleveurs, microbiologistes, chercheurs, fonctionnaires, ainsi que l’excellent écrivain Pierre Bergounioux (voir extrait vidéo), apportent leur pierre à l’édifice de ce plaidoyer pour l’écologie.

Au gré des rencontres de Dominique Marchais se dessine l’euphorie de la modernisation des techniques agricoles, initiée dans les années 50 et ses atouts dans l’amélioration des conditions de travail des ouvriers de la terre. Cette époque de grands desseins fait aujourd’hui place aux inquiétudes et à une certaine nostalgie d’acquis perdus, que ce soit en termes de savoir-faire ou de respect de la nature. L’exode rural et les difficultés financières ont mis fin aux exploitations à taille humaine pour faire place à d’immenses champs de plusieurs centaines d’hectares. On assiste alors à une rationalisation des productions au détriment de la biodiversité.

Le Temps des Grâces est bel et bien un appel à une prise de conscience, argumenté et justifié par des raisons tant sociales qu’économiques. Plus proche de Raymond Depardon que de Yann Arthus-Bertrand, Dominique Marchais donne la parole aux hommes et aux sensibilités, sans nous faire culpabiliser, mais en essayant de comprendre ce qui nous a amené à négliger notre terre.

Au cours de cette promenade dans les campagnes françaises, le réalisateur ne se contente pas de remonter le temps en évoquant un passé où l’homme vivait davantage au rythme de la nature, il se tourne aussi résolument vers l’avenir en rencontrant ceux qui, optimistes, se battent pour trouver des solutions pérennes.

La nature gêne par sa gratuité

En Champagne, Lydia et Claude Bourguignon, microbiologistes des sols, constatent chaque jour la dégradation des sols agricoles et viticoles. Les vignes qui autrefois vivaient une centaine d’années meurent aujourd’hui au bout de 20 à 25 années. Fait dommageable lorsque l’on sait qu’une vigne produit le meilleur raisin au bout d’une vingtaine d’années… Ici encore, pour un pays dont la renommée repose en partie sur le vin, le film révèle, à l’instar de Mondovino, une aberration économique. Quelle hypocrisie pour un pays comme la France, principal exportateur de vins, champagnes et autres produits d’appellations contrôlées, que de continuer à ruiner ses terres, matière première pour des productions de qualité, au détriment de son économie. Que penser également des formations des futurs agriculteurs à qui l’on apprend à doser des engrais sans chercher à comprendre qu’il existe des solutions naturelles - et gratuites, échappant par la même à toute source de profit -, par l’utilisation des microbes et la mise en place d’un écosystème naturel ?

Le Temps des Grâces est un constat dramatique, qui laisse néanmoins entrevoir de l’espoir. Ce documentaire interpelle les politiques mais surtout le citoyen, lorsque le pouvoir doit venir du bas, face aux lobbies de l’agro-alimentaire et à un État qui s’est laissé déposséder. C’est un hommage à la nature, aux campagnes françaises mais aussi un véritable appel à la prise de conscience. D’autant qu’à ces pratiques productivistes s’ajoute le changement climatique. Le 14 août dernier, une cinquantaine de viticulteurs, chefs cuisiniers, œnologues, ont signé un appel dans Le Monde pour une prise de conscience rapide des effets dommageables de ses facteurs sur la production viticole française.

 

http://www.film-documentaire.fr/Temps-graces.html,film,25692 

Une enquête documentaire sur le monde agricole français aujourd’hui, à travers de nombreux récits : agriculteurs, chercheurs, fonctionnaires, écrivains... Un monde qui parvient à résister aux bouleversements qui le frappent – économiques, scientifiques, sociaux... – et qui, bon gré mal gré, continue d’entretenir les liens entre générations. Un monde au centre d’interrogations majeures sur l’avenir.

Distinction(s)

2009 : États généraux du film documentaire - Lussas (France) - Sélection Incertains regards

 

Voir en ligne : lieu : Cinéma Jeanne Moreau et théatre Jean Arp à Clamart

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