Pain, viande, sucre, maïs, riz, tous plus chers avec la flambée du pétrole

jeudi 25 octobre 2007
par  AttacParis12

Par Luc OLINGA AFP - Lundi 22 octobre, 09h06
NEW YORK (AFP) - La flambée du pétrole ne frappe pas que les automobilistes au portefeuille : elle pousse aussi à la hausse le prix des céréales, et donc des aliments les plus consommés au monde - pain, maïs, riz et pâtes - mais aussi par ricochet sucre, viandes, lait, oeufs et beurre.

La hausse des prix du brut, qui a établi la semaine écoulée un nouveau record de 90 dollars le baril, dope le développement des bio-carburants de substitution tirés du maïs ou du blé, expliquent les analystes.
L’éthanol ou le biodiesel deviennent un débouché croissant des grandes cultures, d’où une hausse générale des prix des productions végétales et animales, a récemment souligné la FAO, l’agence des Nations unies en charge des questions agricoles et alimentaires.

De l’ordre de 152 dollars en moyenne la tonne jusqu’en 2006, le blé vaut désormais 204 dollars la tonne, soit une hausse de plus de 25%, et va encore progresser lors de la campagne 2007/2008, selon la FAO et l’OCDE, le club des pays les plus riches de la planète.

Le maïs a lui bondi de 26%, passant de 103,6 dollars la tonne entre 2001-2006 à 140,4 dollars la tonne en 2006/2007, et devrait se hisser à 158,9 dollars cette année. Au Mexique, où cette céréale constitue la base de l’alimentation, le prix des tortillas (galettes) a bondi de 60%.

Cette progression substantielle touche aussi les huiles végétales (+11%), le sucre (+14%) et le riz (+23%).
Elle pousse à la hausse les prix de tous les aliments de base, y compris le lait et la viande, les céréales étant utilisés pour nourrir le bétail.
En Chine, le prix des porcs a augmenté de 20% en un an, tandis que celui du boeuf a crû de 6%, selon la FAO.

Aux Etats-Unis, le prix de gros du poulet sera cette année en moyenne de 10% plus haut qu’en 2006, selon le ministère de l’agriculture. Une douzaine d’oeufs y coûtera 21% de plus et le lait sera 14% plus cher.
Les prix du beurre, du fromage, du lait et de la viande vont aussi croître d’au moins 15% en 2008, souligne la FAO.

"Nous avons atteint des niveaux jamais vus. Ce qui est sûr c’est qu’on va aller encore plus haut, mais on ne saurait dire jusqu’où", explique Joe Victor, analyste chez Allendale. Les consommateurs "doivent s’attendre à des prix élevés du pain, pâtes, viande, graines, céréales au moins jusqu’à l’hiver 2008", souligne-t-il.

Le phénomène risque de se poursuivre en raison de l’utilisation encore plus élevée en 2007/2008 des céréales, du sucre, des graines oléagineuses et des huiles végétales pour la production des biocarburants.
Alors que seulement 16% de la récolte 2006 des céréales américaines avait servi à produire de l’éthanol, cette année près d’un tiers de la récolte de céréales y sera destinée, souligne US Agri.

"Les prix de la plupart des céréales vont poursuivre leur augmentation en raison de la demande conjointe de l’industrie agroalimentaire et de l’industrie énergétique", avance Bill Nelson, analyste chez A.G Edwards.
La production annuelle d’éthanol américaine à partir du maïs devrait doubler entre 2006 et 2016, tandis que dans l’Union européenne, les volumes d’oléagineux (principalement de colza) destinés à la production de biodiesel devraient passer d’un peu plus de 10 millions de tonnes (Mt) à 21 Mt au cours de la même période, d’après l’Institut français du Pétrole (IFP).
Sur les cinq dernières années, la croissance mondiale de la production de biocarburants a été de l’ordre de 15% par an, selon l’IFP.

Les prix des céréales restent par ailleurs soutenus par des facteurs conjoncturels comme la faiblesse du dollar ou la sécheresse, qui a compromis la récolte des pays comme l’Australie et le Brésil.



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