Comprendre la crise financière de cet été

A la recherche des causes et des implications sur l’ordre économique mondial.
jeudi 6 septembre 2007
par  Attac Paris 12

Cet été, les marchés financiers ont connu une certaine instabilité. Cette situation de crise était prévisible, elle résulte des prises de risque excessives et des comportements spéculatifs des principaux acteurs financiers dans le contexte d’argent facile et à bon marché de ces dernières années.

Le déclenchement de la crise

Ce dérèglement des marchés financiers prend sa source aux Etats Unis par la crise du marché du crédit immobilier américain qui entraîne des faillites en chaîne et la mise à la rue de nombreux américains contraints de vendre leurs logements. La crise s’est propagée en raison du déficit extérieur énorme des Etats-Unis (3 000 milliards de $), aujourd’hui financé par l’épargne internationale grâce à la mondialisation financière. La crise a donc touché l’ensemble des banques qui avaient participé au financement très rentable de l’immobilier américain en rachetant aux banques américaines ces crédits douteux.

Comment expliquer la fragilité croissante des marchés financiers ?

La crise financière s’est intensifiée avec le développement des fonds spéculatifs. Avec des taux d’intérêt très bas, une fiscalité très favorable et un grand laxisme des autorités financières, ces fonds peuvent racheter des entreprises financées à crédit à 90 %, en avançant donc que 10% de la valeur de ces entreprises. L’objectif étant de les revendre en réalisant d’importantes plus values sur le dos des entreprises et des salariés. On assiste ainsi à un gonflement des crédits bancaires, facteurs de déstabilisation du système bancaire. Suite à la crise et au resserrement du crédit qui s’en est suivi les entreprises rachetées se retrouvent en difficultés et leurs salariés en sont les premières victimes.

Seul un contrôle étroit des marchés financiers et de leurs acteurs peut prévenir des crises financières, dont l’expérience récente montre qu’elles ont un coût économique et social élevé.
Les gouvernements ne doivent pas fuir leurs responsabilités. En particulier, il est du rôle de l’Union européenne de prendre les initiatives appropriées pour que cette tourmente ne se transforme pas en crise financière majeure.

Dans ce contexte, un contrôle étroit des marchés financiers s’impose ! Oui, mais comment ?

Attac propose :

- d’instaurer un contrôle des mouvements de capitaux permettant de limiter les phénomènes de contagion entre les pays soumis à des crises financières et les autres ;

- d’imposer des règles strictes aux investisseurs pour limiter les prises de risques excessives qui mettent en danger la stabilité financière ; par exemple, il devient nécessaire de mettre fin aux effets de levier (LBO) qui permettent aux Private Equity Funds d’acheter des entreprises en avançant que 10 % des fonds et en finançant le reste à crédit.

- d’exiger des Banques centrales qu’elles incluent la stabilité des marchés financiers parmi leurs objectifs prioritaires. Il est anachronique que la BCE exerce une vigilance étroite sur l’évolution des prix des biens et services et que la même BCE ne cherche pas à intervenir pour lutter contre l’instabilité dévastatrice des prix des actifs financiers et immobiliers.

- de fermer les paradis fiscaux par lesquels transitent près de 50% des mouvements internationaux de capitaux, et d’instaurer la levée du secret bancaire dans ces zones de non-droit de manière à permettre aux autorités d’y mener des contrôles fiscaux et judiciaires.


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