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"Opération Banlieues", de H. Belmessous : compte-rendu d’ouvrage, par Jean-Pierre Perrin-Martin (janv. 2011)


"Opération Banlieues"

Editions La Découverte – 200 pages – 15 ?. - Sous-titre : "Comment l’État prépare la guerre urbaine dans le cités françaises."

Hacène BELMESSOUS n’exagère-t-il pas ?

En juillet 2007, le "Livre Blanc" sur la Défense et la Sécurité nationale détermine un concept de "Défense globale de notre pays" qui supprime la frontière entre Défense nationale et Sécurité. En juin 2008, lors du débat au Parlement français, François FILLON assure que « nous avons intégré les enjeux du "Front intérieur". Dorénavant, dans leurs missions de protection, les forces armées, les forces de police, de gendarmerie, de sécurité civile se verront assigner des objectifs conjoints. ».

À Sissone, en Picardie, depuis 2006, les militaires s’entraînent aux actions en zone urbaine. Les instructeurs s’interrogent : « Existe-t-il une menace suffisante en zone urbaine, pour qu’on engage la Force armée contre elle ? »

À Saint-Astier, en Dordogne, depuis 1969, fonctionne un Centre d’entraînement des élèves gendarmes et des officiers des escadrons mobiles, dans "une fausse ville avec ses artères larges, ses rues plus resserrées, ses impasses, des commerces, une grande place et des… immeubles H.L.M.". Réalisme pour des exercices exécutés de nuit , "ces gaz qui piquent, aveuglent, cette sono qui projette des cris…" et utilisation d’un lanceur de balles de défense en caoutchouc.

Des militaires résistent "à la transformation de leur culture militaire en culture militaro-policière". « Existe-t-il une menace suffisante au sein de la population française pour qu’on envoie la force armée contre elle ? » Un rapport daté du 30 novembre 2006 s’inquiète des conséquences capacitaires éventuelles d’un emploi accru des forces terrestres sur le terrain national.

Depuis le 3 août 2009, les gendarmes sont passés "dans la Maison d’en face", le Ministère de l’Intérieur . Cette fusion, ils n’en voulaient pas. « On reste du maintien de l’ordre » assure un chef d’escadron.
Des policiers aussi contestent l’Opération Banlieues : « En sécurité publique, on ne parle pas de "bandes" mais de "groupes" ».

« À bien examiner les discours justifiant la Bataille d’Alger et ceux préparant la guerre dans les banlieues françaises, on relève des convergences étonnantes. » Hacène BELMESSOUS n’exagère-t-il pas ? Robert LACOSTE disait à MASSU, en janvier 57 : « Massu, je vais vous confier l’ordre dans ce département. Vous aurez tous les pouvoirs. Avec votre division, vous allez reprendre tout en main. »

Des armes nouvelles, dites "non létales", se multiplient : Des lasers éblouissants, une lumière vive émise par lampe stroboscopique à base fréquence et haute intensité provoquant un effet incapacitant, un lanceur de balles de défense en caoutchouc, équipé d’un viseur électronique, des pistolets Flash-Ball, Sig Sauer, Taser à impulsion électrique, fait pour retirer de la masse musculaire. On va sortir le Taser X3 à deux lasers qui tirent avec plus de précision. La balle électronique XERP calibre 12 qui neutralise pendant un court laps de temps, est, pour le moment, sous veto du Ministère de l’Intérieur. Un "espoir", des drones armés qui repèrent et tirent. Thalès propose Hypervisor « qui a l’œil et l’oreille sur tous les dysfonctionnements urbains". Mexico a déjà acheté ce dispositif. Le mot "videosurveillance" a été remplacé par "videoprotection". Le concours de l’Etat français à la videoprotection passe de 12 à 20 millions. Une loi de mars 2010 permet aux bailleurs sociaux d’installer, dans les parties communes des immeubles, des caméras avec renvoi automatique des images vers les centres de police.
Au nom de la "Coproduction de la Sécurité", le pouvoir s’efforce d’écraser, souvent par asphyxie financière, les collectifs qui ne s’inscrivent pas dans ce cadre. De nouveaux intervenants apparaissent, que les locataires vont vite à associer à l’ordre policier. Un climat de loi du silence s’implante dans les cités.

Depuis sa création en 1975, la Politique de la Ville a collectionné plus d’une demi-douzaine de sigles pour ses opérations. Les trois premiers HVS, DSQ, DSU insistaient sur la Vie sociale. Le S. a disparu dans les suivants au profit de "Projets", "Contrats", "Relances". Et on en arrive à "Espoir Banlieue". Espoir pour qui ?

Les réhabilitations actuelles consistent souvent à disperser la population et détruire les bâtiments. Le rapport 2009 du Comité d’évaluation de l’ANRU (Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine) comptait dans les années précédentes 52.262 logements détruits et 18.756 reconstruits. En 2010, à la veille d’une démolition, le Maire de la Courneuve écrivait au Premier Ministre : « On ne peut penser la ville sur le concept de la terre brûlée, en faisant abstraction de l’histoire des femmes et des hommes et de l’urbanisme qui ont fait vivre ces lieux. »
Quel discours tient le nouvel urbanisme, conforme aux stratégies d’intervention de la police ? « Plus d’impasse, plus de points aveugles, plus de cursives mais des espaces videosurveillés, éclairés en permanence et disposant de multiples voies d’accès. »

L’auteur nous promène à Nice chez Ch. ESTROSI, à Meaux chez J.F. COPE, aux Mureaux chez F. GARAY (Vert puis Divers gauche). Mais il a inauguré cette promenade avec Orléans (p. 150 à 153 : « En 2002, à Orléans, a commencé à s’expérimenter au quotidien un modèle de contrôle urbain. »).

Questions ouvertes, à la fermeture du livre :

Le 19 novembre 2010.

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